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DES CONSTRUCTIONS DE BATIMENTS

Il est une autre amélioration foncière non moins importante que celle dont nous venons de parler, je veux dire les constructions des bâtiments d’une ferme.

Vous avez dû remarquer quelle prudence et surtout quelle économie j'ai apportées dans l’entreprise de mes constructions rürales. Ce n’est que la sixième année de ma culture, que je me décidai à bâtir une écurie pour mes chevaux et une étable nour mes vaches, quoique j’eusse pu certainement faire cette dépense beaucoup plus tôt; mais pour cela, ii aurait fallu me gêner, et ma culture en aurait souffert. Si jamais vous vous décidez à remplacer vos vieux bâtiments par des constructions neuves et plus confortables, que ce ne soit que lorsque vous pourriez en supporter les dépenses, sans distraire de votre exploitation les fonds indispensables à son mouvement. Surtout, bâtissez avec économie, et faites que vos plans soient en harmonie avec l’ensemble de la ferme. Que l’on ne voie pas, chez vous, ces tours de force d’imagination, par lesquels quelques agriculteurs cherchent à se distinguer ; et rappelez-vous toujours en bâtissant,que vous construisez pour la conservation de vos récoltes, pour l’abri et le bien-être de vos animaux, que vous construisez pour votre commodité et votre intérêt, et non pour quelques curieux, plus souvent disposés à se moquer de vos travaux, qu’à les approuver.

Quoique j'aie conservé les plans sur lesquels j’ai construit mes bâtiments, je ne vous les montrerai point, parce que d’abord vous n’êtes pas encore en mesure de bâtir, et ensuite, parce que j’ai vu rarement des agriculteurs copier exactement les plans fournis par les livres, ou par toutes personnes qui en aient fait usage. Chacun tient à mettre du sien dans ses plans ; on veut aussi souvent tirer parti des vieilles constructions, ou subor-

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donner la disposition des bâtiments à la forme du local.

Quand vous construirez, je vous engage à visiter plusieurs fermes lien établies, et dont les bâtiments peuvent servir de modèle. C’est à mon avis le seul moyen de faire chez soi quelque chose de bon, parce qu’ainsi on profite des expériences des autres ; expériences qui sont souvent très coûteuses et très préjudiciables.

Le CANADIEN.—Vous avez raison, et si jamais j’entreprends de faire des constructions, je ne le ferai pas avant d’avoir fuit une tournée, comme vous me le recommandez, car on ne peut que gagner à visiter les bons agriculteurs, et à parler avec eux de tout ce qui concerne notre profession.

L’Ecossais.—Pour me résumer touchant les améliorations foncières, je vous dirai que le cultivateur, qui fait de l’agriculture, non pour son plaisir, mais pour gagner de l'argent, ne doit entreprendre ces améliorations qu’autant qu’elles sont indispensables pour arriver à une bonne culture de son fonds, et ne les exécuter qu’au fur et à mesure que ses ressources augmentent. On voit trop souvent des agriculteurs enthousiastes épuiser d’abord toutes leurs ressources en constructions magnifiques, en achat d'instruments perfectionnés et autres objets de luxe, avant même d’avoir songé à adopter un bon système de culture ; aussi, quand ils veülent se mettre à l’œuvre, leurs ressources sont épuisées, ct leur culture se ressent pour jamais de ce premier pas imprudent.

Maintenant que vous savez ce qu’il est convenable de faire sur votre terre, relativement aux améliorations foncières, passons aux améliorations culturales.

AMÉLIORATIONS CULTURALES.

On entend, par améliorations culturales, celles qui proviennent du fait d’une bonne culture, comme la fer. tilisation du sol par une rotation bien combinée ; son ameublissement par de bons et de profonds labours, et par des binages répétés ; enfin, l’enrichissement de

la couche végétale par lapplication des engrais, etc. etc.

Dans ia première partie de nos conférences, nous avons parlé de l’assolement et de la rotation des plantes qui doivent se .uccéer, et dont la combinaison doit amener la fertilisation du sol ; nous allons, maintenani, nous entretenir de la manière d’exécuter les labours, et toutes les façons que l’on doit donner à la terre, pour la préparer à recevoir les récoltes, ou pour faciliter la végétation des plantes, une fois qu’elles sont semées,

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