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et l’on sème les betteravessur le sommet de cette couche ; dans les terres légères, qui ne redoutent pas l’humidité, il vaut mieux opérer de la manière suivante : On laboure profondément à l’automne ; au printemps,on enterre trente milliers de fumier par arpent, en formant des planches de dix huit pieds de large, et après avoir hersé, roulé au besoin, curé les fonds, et assaini comme pour une semence de céréales, soitau moyen d'un rayonneur en bois,que le cultivateur peut füire lui-même, suit avec une binette à main, on trace des rayons d’un pouce de profondeur, distancés de trente poutes environ les uns des autres ; ce travail une fois achevé, on sème les graines de manière à mettre trois à quatre pouces entre chacune d’elles, puis on recouvre avec un rateau,
Suivant le degré de la température, la graine reste plus ou moins longtemps à lever. Aussitôt que les jeunes betteraves commencent à se montrer, il faut donner un binage pour détruire les mauvaises herbes, qui, à cette époque de l’année, envahissent rapidement le sol ; quelques jours après, lorsque les betteraves commencent à atteindre la quatrième feuille, on doit espacer les plants, en arrachant de préférence ceux qui se touchent. On ne peut préciser le nombre des binages et sarclages que demande cette culture, parce qu'il est subordonné à l’état de propreté et d’ameublissement du s0l ; seulement, on peut dire qu’aussitôt que la terre se durcit, et que les mauvaises herbes commencent à envahir le champ, il est nécessaire de donner une nouvelle façon,
Lorsque les racines ont atteint ia longueur du doigt, on éclaircit encore de manière à laisser quinze à seize pouces entre chaque betterave, et l’on se sert du plant arraché pour remplacer celles qui ont manqué,
La seconde manière de cultiver la betterave consiste à les semer en pépinière, pour les replanter ensuite dans le champ où elles doivent grossir ; c’est le procédé que j’empluie, surtout pour les terres fortes, par les motifs que voici : au printemps, on a beaucoup plus de temps pour fumer et travailler convenablement le champ qui doit recevoir la plantation, et si la saison est
sèche, on peut, sans beancoup de frais ni de peine, arroser le pépinière ; tandis qu’il est très long, très coûteux et presque impossible d’arroser un vaste champ. Mais le principal avantage du repiquage consiste en ce que le cultivateur peut surveiller et soigner la germination de la graine et la croissance des jeunes
lants, bien plus facilement dans une pépinière, pour aquelle on choisit ordinairement un coin de terre riche, meuble et propre, que dans un champ qui n'est pas toujours bien préparé, et où il arrive souvent que e durcissement de la surface empêche la germination de la graine.
Dans la pépinière, le semis doit étre fait en ligne, et les plants mis à distance de deux pouces au moins, les uns des autres, afin qu’ils puissent atteindre la grosseur du petit doigt avant d’être plantés, Que l’on sème au champ ou en pépinière, le succès de cetie culture dépend des binages et des sarclages que l’on doit toujours faire en temps opportun.
Vous savez comment on récolte les betteraves ; je n’ai qu’à vous prévenir contre un usage adopté par quelques praticiens, et qui consiste à enlever les feuilles des betteraves un mais avant la récolte, pour, disent-ils, faire grossir la racine. Cette méthode est plus nuisible qu’utile ; et d’ailleurs les feuilles de betteraves contienent si peu de parties nutritives qu’elles ne valent. pas la peine d’être ramassées. Après la récolte, les racines doivent être soigneusement emmagasinées, pour qu’elles n’aient point à souffrir de la gelée, on doit veiller aussi à ce qu’elles soient fermées très sèches pour qu’elles ne pourrissent pas.