PATATES
Votre manière de cultiver la patate en billons est très bonne, mais ne convient qu'aux sols légers et perméables à la pluie ; dans les sols argileux et humides, les patates cultivées ainsi sont exposées à pourrir, tandis qu’avec la méthode suivante on a moins à redouter de l’humidité.
On laboure profondément à l’automne ; au nrintemps lorsque le temps de planter les patates est venu, on donne un ou deux hersages énergiques, on étend ensuite trente à quarante mille livres de fumier par arpent, puis on laboure de nouveau pour enterrer le fumier et les patates que l’on sème derrière la charrue.
Les semeurs ont le soin de fixer les patates, non pas dans le fond de la raie ouverte, mais contre la tranche de terre qui vient d’être déplacée, et à un pouce audessus du fond de la raie ; de cette manière le cheval, en repassant, ne dérange pas les plants, et si après la semence il survient de longues pluies, l’eau s’infiltre au-dessous de l'endroit où se trouve fixé le tubercule et le laisse à sec.
Cette méthode a en outre le double avantage de permettre le yassage de la herse aussitôt que les patates commencent à lever, ce qui facilite considérablement leur croissance, et de répandre également le fumier sur toute la surface du champ, ce qui est fort M pour les cultures subséquentes des céréales,
La distance à mettre entre chaque rang de patates est de trente-quatre à trente-six pouces ; pour obtenir cet écartement, on laisse la charrue faire trois tours sans semer après elle. Les patates doivent être espacées dans le rang, de dix pouces au moins.
Pour suivre cette méthode, les planches doivent avoir dix-huit pieds de large, et être traversées par de nomnbreuses raies d’écoulement. Mais c’est surtout à la profondeur du labour qu’est dû tout le succès de cette culture, et à l’ameublissement de toute la couche quia été remuée.
Les sarclages se font de la même manière pour les patates que pour les betteraves.