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DU BLÉ

Il y a deux principales variétés de blé, le blé d’automne et le blé du printemps. Le premier se sème à la fin du mois d’août on au commencement de septem-

. bre ;il veut une terre forte bien assainie, et des abris qui puissent retenir la neige pour le préserver de la gelée. Je ne vous engage pas à faire cette culture en grand, parce que dansle Bas-Canada elle a trop àcraindre des gelées. Le blé de printemps, quoiqu'il soit exposé aux attaques de la mouche, a plus de chance de succès. Quelque variété que l’on sème, pour obtenir une bonne récolte de blé, il faut bien choisir sa semence et la passer plusieurs fois au crible, pour avoir des grains à peu près d’égale grosseur et séparés de toute mauvaise graine ; après le choix de la semence, vient une opération très importante, celle du chaulage destinée à détruire les germes de carie qui infectent les céréales. Cette opération se pratique de la manière suivante: vous répandez le grain sur le plancher de la grange, vous le couvrez de chaux vive, dans la proportion de 100 Ibs. pour 60 minots, puis vous versez sur le tas environ 60 gallons d’eau, vous ajoutez au mélange une dizaine de 1bs. de sel gris, après quoi, deux ou trois hommes munis de pelles retournent vivement le tout de manière à bien unir la chaux au blé, et à ce que toutes les parties du tas soient bien impreignées.

La quantité de semence à employer varie suivant la nature et l’état du terrain que l’on veut ensemencer. Dans unterrain riche il faut moins de semence que dans un terrain pauvre ; dans une terre légère il faut moins de semence que dans une terre forte, cependant on peut dire qu’en moyenne il suffit d’un minot et demi par arpent. Le blé une fois semé s’enterre, comme vous le faites vous même, par un ou deux traits de herse ; dans les terres trop légères, il est bon de passer le rouleau après la herse ; on doit ensuite ouvrir de nombreuses rigoles d’assainissement.

Lorsque le grain est semé, on ne doit pas épargner les sarclages ; c’est surtout aux chardons qu’il faut faire la guerre, parce que nulle plante n’épuise plus le sol ; en

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outre, les chardons rendent la moisson désagréable aux ouvriers, qui mettent beaucoup plus de temps à couper un champ infecté qu’un autre qui ne l’est pas.

On ne doit pas attendre que le blé ait atteint son entière maturité pour le moissonner ; il ne faut pas non plus le laisser en javelle exposé à la pluie, car il germerait facilement. Ilest bon de faire les gerbes aussitôt que possible et de les mettre en tas, au nombre de huit ou dix, de manière à ce que les deux dernières gerbes posées couvrent les épis de toutes les autres. Par ce procédé vous n’avez rien à craindre des pluies ni de la rosée, et dans cinq ou six jours le grain est parvenu à son entière maturité, après avoir absorbé le reste de la substance nutritive qui se trouvait dans la tige.

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