PRAIRIES
Comme dans l’assolement dont je vous ai parlé les prairies viennent après les céréales, nous allons dire quelques mots sur la manière de cultiver le mil et le trèfle.
Les prairies artificielles sont généralement cultivées pour deux causes, la première pour la nourriture des animaux, et la seconde pour l’amélioration du sol qu’elles enrichissent par les débris de leurs feuilles et de leurs racines. &
Pour qu’une prairie puisse remplir ce double but, il faut qu’elle soit bien établie, il faut surtout qu’elle suive de près une forte fumure, et que le terrain profondément défoncé lui fournisse, en temps utile, une quantité suffisante d’humidité : c’est donc encore la jachère sarclée qui est chargée de préparer la terre pour les prairies ; si elle a reçu toutes les cultures et tous les amendements dont nous avons parlé, les prairies seront indubitablement bonnes. |
Nulle plante ne peut rendre de plus grands service
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au cultivateur canadien que le mil et le trèfle, tant à cause de la quantité que de la qualité du fourrage ; on ne saurait donc trop prendre de précautions pour s’as- | surer de bonnes récoltes de ce foin. En outre des 1. travaux de jachère dont je vous ai suffisamment parlé, | je vous recommande de soigner beaucoup les labours | sur lesquels vous devez répandre la semence de foin ; il à est important de bien arrondir les planches afin que les À eaux puissent s’écouler rapidement. Les prairies veulent de l’humidité, mais redoutent les eaux stagnantes. Le terrain doit être bien nivelé, et pierré, afin que le jeu de la faux soit facile.
Je ne vous dirai rien touchant la récolte du foin, seule opération que nécessite la culture du mil et du trèfle une fois qu’ils sont semés. Les travaux de récolte ne demandent que beaucoup d'activité et d’ordre dans les manœuvres pour obtenir de bons résultats.
Il est à remarquer que les cultivateurs actifs et prévoyants ne perdent jamais, ou du moins très rarement, leurs récoltes de foin, tandis que les cultivateurs insouciants et paresseux ont chaque année des pertes à déplorer ; ainsi, suivant que vous serez actif ou paresseux, soigneux on négligent, vos foins se feront bien ou mal ; tout ce que je pourrais vous dire ne changerait rien à la condition de vos récoltes. Rappelez-vous seulement que le meilleur foin est celui qui n’a pas été : À blanchi par la pluie ou la rosée, qui a été coupé au À moment où le mil et le trèfle commencent à se dépouiller de leurs fleurs, et surtout qui a été fermé sec, mais sans être trop désséché.
J’ai oublié de vous dire que la quantité de graine que l’on sème ordinairement est de 2 lbs de trèfle et deux gallons de mil par arpent.
Plantes qui doivent succéder aux prairies.