DES POIS
Les pois viennent très bien sur une prairie rompue, la quantité de semence que l’on emploie est d’environ un minot à un minot et quart par arpent. On enterre la semence par un ou deux traits de herse, et l’on assainit par de nombreuses rigoles d’écoulement, parce que les pois redoutent beaucoup l’humidité. Lorsqu’ils ont atteint environ six pouces de hauteur, il est bon quelquefois de les plâtrer, surtout lorsque l’on a affaire à un sol glaiseux ; le plâtre se sème sur les pois, à la volée ; la quantité que l’on emploie varie suivant l’état de la récolte, quelquefois l’on emploie soixante 1bs. par arpent, d’autres fois 100 1bs. et plus ; quelques agriculteurs pensent avec raison qu’il est bon d’opérer le plâtrage en deux fois, à un intervalle de quinze jours environ. Les pois doivent être récoltés avant leur parfaite maturité, mais ils ne doivent être rentrés que lorsqu’ils sont parfaitement secs. Bien traitée, cette récolte est une de celles qui donnent en Canada les plus beaux produits.
Cultures particuliere s, DU CHANVRE.
L’Ecossais.—Il est certaines cultures qui ne peuvent entrer dans un assolement, parce que elles exigent des soins tout particuliers. De ce nombre sont la culture du chanvre et celle des plantes jotagères et de pass plantes oléagineuses, Le chanvre a besoin de
eaucoup d’engrais et surtout d’engrais énergiques ; il veut une terre franche, profonde et parfaitement ameublie, les marécages nouvellement desséchés lui conviennent très bien, en un mot, toutes les terres fratches et riches peuvent donner de très beaux produits. Il est très rare de pouvoir trouver toutes ces conditions
réunies ; sur une terre de quatre-vingt-dix arpents, il peut se faire que quatre ou cinq arpents seulement, et souvent moins, soient propres à la culture du chanvre ; mais n’y eut-il qu’un seul arpent de terre convenable, le cultivateur devrait ne jamais manquer d’affecter chaque année cet arpent à la production de cette plante utile, car nulle récolte ne donne des produits aussi satisfaisants, En Europe, il n’est pas rare de voir des terres à chanvre se louer au prix énorme de £3 par arpent; de là, il est facile de conclure quel immense produit on doit attendre de cette récolte pour payer un si haut fermage, en outre des frais de cultureet des bénéfices qui doivent faire vivre l’ouvrier.
Le chanvre sera toujours pour le Bas-Canada d’une grande ressource, comme produit d’exportation ; il ne s’agit quede produire des chanvres qui puissent rivaliser avec ceux des marchés étrangers ; en cela, nous serons aidés fortement par le sol et par le climat qui sont ic: très propices au développement de cette plante.
La culture du chanvre se fait comme celle du lin. Il faut observer que le chanvre, au contraire de toutes les autres plantes, donne des produits beaucoup plus beaux sur une terre qui en a déjà porté, que sur celle qui n’en a jamais été couverte; on peut même obtenir de bonnes récoltes sur des terres qui ont produit constamment du chanvre depuis dix où vingt ans, seulement chaque année on doit donner une forte dose d’engrais bien décomposés. La quantité de semence varie pour un arpent de un à deux minots, suivant que l’on veut obtenir €’: chanvre pour graine, de la filasse pour cordages ou pour toiles de différents degrés de finesse. Le chanvre semé dru donne des brins très fins et une fibre propre aux toiles les plus fines, tandis que le chanvre semi clair donne des brins très vigoureux etune fibi: grossière propre aux toiles de qualités inférieures et aux cordages. Ce n’est que par l’habitude que l’on peut arriver à connaître exactement la quantité de semence qu’il convient d'employer pour obtenir du chanvre propre à l'age que :’on a en vue.
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par un léger trait de herse, à un denni pouce de profondeur, Pour ce travail on emploie une herse dont les dents ne doivent pas avoir plus de quatre pouces d’écartement et dont le poids soit tel, qu’un cheval léger puisse la truîner sans effort.
Le chanvre se cultive pour la graine et pour la fibre ; dans quelques pays cependant on sacrifie la graine pour obtenir 1e brie plus belle ; dans le premier cas, voici comment on opère : un divise son terrain en planches de six pieds, que l’on prépare ainsi que je viens de vous le dire, puis lorsque le chanvre mâle est mûr, les ouvriers qui le récoltent se servent des rigoles, qui séparent les planches, comme d'autant de petits chemins d’où ils peuvent atteindre, en étendant le bras, les brins qui se trouvent sur le milieu de la planche, sans fouler aux pieds les brins femelles qui portent la graine, et qui doivent rester en terre dix ou quinze jours de plus que le mâle, pour que la graine puisse arriver à parfaite maturité. Ces rigoles servent en outre à recevoir les bottes de chanvre mâles, que l’on ne porte hors du champ, pour éviter des pas inutiles, que lorsque les deux côtés de planches séparées par cette rigole sont récoltés.
p;Lorsque le mâle est cueilli et mis en bottes d’un
ed et demi de circonférence environ, pn le porte à l’eau pour le faire rouir.
Je vous ai dit que la femelle ne mûrissait que 15 jours ou 3 semaines après le mâle ; on reconnaît que la graine est mûre lorsque, pressée entre les doigts, elle résiste et que la liqueur laiteuse, quelle contenait dès les premiers jours de sa formation, s’est consolidée ; alors on récolte ot l’on met en bottes comme pour le mâle ; puis
»n forme sur le champ même à mesure que l’on arrache, des tas ou quintaux composés de 25 à 30 bottes chaque. Bien entendu, les racines sont mises en bas, et les têtes sont rassemblées de manière à produire une petite fermentation qui est imdispensable pour flétrir la feuille et l'enveloppe de la graine, et permettre l’égrenage. On a le soin de couvrir le sommet de ces quintaux pour empêcher la pluie et la rosée de les pénétrer.
Lorsque le chanvre femelle est resté ainsi, pendant
7 ou 8 jours, on le bat sur un drap que l’on étend au pied des quintaux, après quoi on porte les bottes à Peau.
La graine s’échauffe facilement, il faut par conséquent ne pas trop l’agglomérer dans le grenier, et la remuc souvent.
Cette méthode de récolter le chanvre réunit de grands inconvénients, en outre elle est très coûteuse, car il faut beaucoup de temps pour trier le chanvre mâle du chanvre femelle. Il vaut mieux semer un petit coin de terre destiné à porter le chanvre de semence, puis ensuite semer toute l’étendue que l’on veut donner à la culture de la filasse, de manière à n’avoir aucun égard plus tard aux porte-graines. Alors, dans ce cas, on coupe son terrain en planches de dix-huit pieds, et lorsque le temps de la récolte est arrivé, on arrache les brins femelles et les brins mâles tous ensemble et à taille ouverte.
On reconnaît que le chanvre est bon à cueillir, lorsque la tige prend une teinte jaunâtre, et que les feuilles du bas commencent à se dessécher. Le chanvre, cultivé pour filasse, doit se porter à l’eau immédiatement après l’arrachage, mais cependant on doit attendre que le nombre des bottes soit assez considérable pour former une berge de trois et quatre pieds de hauteur. Lorsqu’une berge est mise à l’eau, on continue d’arracher jusqu’à ce qu’on ait assez de bottes pour en faire une autre, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le champ soit récolté.
Lorsque le chanvre paraît devoir être assez roui, on visite les meules en commencant par les premières mises à l’eau, ensuite on opère comme pour le lin.
Nous n’avons plus rien à dire qui ait rapport à la production végétaie, si vous voulez le permettre, nous remettrons à demain la suite de nos conférences.
’on étend au les bottes à
Sixième Veillée,
it par conségrenier, et la