ÉTAT DE LA FERME AVANT SON AMELIORATION
L’Ecossais.—-Il y a huit ans passés que je me suis mis à cultiver la ferme qui fait aujourd’hui le sujet de votre admiration, et qui vous paraît digne de servir de modèle ; alors, elle était loin de mériter un éloge aussi flattenur. Ruinée par une succession constante de céréales semées sans engrais, envahie par les plantes parasites, submergée par les eaux pluviales, faute de voies d’écoulement, elle présentait à l’œil attristé l’aspect du plus profond désordre, de la plus grande misère.
Les bâtiments d’exploitation se composaient seulement d’une grange, d’une étable pour les vaches et d’un hangar pour les chevaux, le tout en bois, et dans l’état le plus déplorable.
La maison d’habitation était à peine logeable.
Les animaux qui setrouvaient alors sur la terre consistaient en:
1°.—Six vaches à lait, dont trois étaient déjà vieilles ;
29, Deux génisses d’un an ;
3°.— Deux veaux de l’année; le tout de race canadienne ;
4°,— Deux juments etun poulain ;
5°, Une dixaine de brebis et un bélier ;
6°,— Enfin, une truie, deux porcs affranchis, et quelques volailles.
Le Cananien.—Quelques misérables que soient les habitants, il en est peu, parmi ceux qui possèdent une terre, qui ne soient aussi bien fournis que vous l’étiez alors ; ilme reste à savoir si, avec de pareilles ressources on peut arriver, par son seul travail, à réaliser dans huit ans ce que vous possédez aujourd’hui, c’est-à-dire, une terre parfaitement améliorée, de beaux bâtiments tout neufs, une vingtaine de bêtes magnifiques, des récoltes en magasin, et peut-être beaucoup d’argent dans la
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bourse. Je crois fort que le travail seul ne peut opérer tant de prodiges, et que votre bourse si ronde aujourd'hui ne l'était pas mal alors, et n’a pas peu contribué au succès de votre entreprise.
L’Ecossais.—Il n’en est rien. Après avoir payé le prix.de ma terre et ses accessoires, il me restait à peine 40 piastres qui me servirent à acheter une bonne charrue, une bonne herse, et quelques instruments de jardinage; mais cette pénurie ne m’aflligeait pas parce que je savais bien comment ou fait de l'argent avec la charrue,