‹ Les veillées canadiennes [microforme]Chapitre 6 sur 62 · ORGANISATION DE LA FERME · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA FERME

L’Ecossais.— C’étaitau mois de juillet 1842, lorsque j'entrai en jouissance de ma terre ; je me mis à l’œuvre immédiatement, mais d’abord à l’œuvre si utile de la réflexion. Avant de commencer à travailler, il était indispensable que je me fixasse: sur la nature des travaux qui devaient me conduire au but que je me proposais, il fallait organiser mon domaine. Ce n’était pas la chose la plus facile, ni celle qui m’inquiétait le moins; Car, je me trouvais dans un pays dont je ne connaissais qu’imparfaitement les besoins et les usages, je n’avais point. d’argent pour couvrir les premiers frais que nécessite toujours un nouveau mode d’exploitation, il n’y avait sur ma terre aucune trace d’un système quelconque de culture, il n’y avait que ruines et désordre. Mes appréhensions étaient bien fondées, vous devez le comprendre. C’était de ce premier travail, de l’organisation de ma ferme, qu’allait dependre le résultat de tous mes travaux. Une seule faute commise à cette époque eût été irréparable, et ma perte s’en fût suivie inévitablement ; parce qu’il n°y a que de l’argent, et beaucoup d’argent qui puisse réparer les fautes que l’on fait en agriculture.

Je passai plus d’un mois à discuter, en moi-même, les avantages et inconvénients de tel on tel système d’exploitation, de tel ou tel mode de culture, de tel ou tel projet d’améliorations, et toujours deux obstacles se

présentaient à moi: le défaut d’engrais et le défaut d'argent.

Sije jetais les yeux sur les améliorations foncières, que réclamait impérieusement ma terre, je voyais partout de l’argent à dépenser ; soit pour assainissement, soit pour défoncemenf, soit pour clôtures, soit pour constructions nouvelles ou pour réparations à faire à mes vieux bâtiments; si, d’an autre côté, je sondais ma bourse, je m’apercevais bien vîte qu’elle ne répondait pas aux besoins de mon sol. Je fus donc forcé de n’entreprendre d’améliorations foncières que celles d’assainissement, parce que sans assainissement, pas de bonne culture possible ; et encore pour commencer, je me promis bien de n’entreprendre que ce qui serait indispensable pour arriver à la culture du fonds, et de ne l’exécuter qu’au fur et à mesure des améliorations culturales,

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