‹ Les veillées canadiennes [microforme]Chapitre 57 sur 62 · DU MOUTON · texte numérisé non relu

DU MOUTON

L’Ecossais.1Il serait difficile, je crois, de trouver un pays où l’on prenne moins de soins des moutons qu’en Canada L’été, ces pauvres bêtes trouvent une nourriture assez abondante, mais pendant l’hiver combien n’ont-elles pt à souffrir et de la neige, et du vent,

et du givre, et de la faim ! Aussi, dans quel état arri-

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vent-elles au printemps ! Celles qui survivent à ce mauvais traitement peuvent à peine se tenir debout, perdent leur laine, et sont pour la plupart couvertes de gale ; toutes choses que l’on pourrait prévenir facilement en tenant les moutons à l’abri sous des hangars pendant les gros temps d’hiver et surtout pendant la nuit, en les faisant coucher sur une litière toujours fraîche, en ne laissant point accumuler le fumier sous eux, et enfin en leur donnant une nourriture convenable,.

Les pailles de foin, d’avoine et de froment, conviennent très bien pour hiverner les moutons. À l’approche de l’agnelage, il est bon d’ajouter à la ration de paille une ration de son ou de racines coupées et mêlées avec du foin. Il est utile de placer dans la bergerie, à une hauteur de deux pieds du sol, environ et contre les murs, quelques pierres de sel gris que les moutons viennent lécher avéec plaisir, ce qui lés préserve de bien des maladies.

Les habitants, pour obtenir de bons troupeaux, doivent se résoudre à ne plus laisser errer les béliers à l'aventure, ainsi que cela se voit communément ; on ne doit mettre les béliers avec les brebis qu’aux temps de la monte, et lorsqu'elle est finie on doit les séparer.

L’époque de la monte doit être calculée de manière à ce que les agneaux naissent au printemps, lorsque ia neige est à peu près partie. Il faut tn bélier pour vingt brebis. On devrait n’employer les males à la reproduction que lorsqu’ils ont atteint vingt mois, et ne les garder pas plus de cinq ou six ans ; etmême, quand on n’a qu’un petit troupeau, il est préférable de changer de mâle plus souvent pour éviter les funestes effets de la consanguinité.

Pour les moutons, les habitants de chaque paroisse devraient se cotiser, et envoyer le plus habile d’entr’eux dans les contrées où se trouvent de bonnes races, dans le Vermont par exemple, pour choisir et acheter quelques bons béliers, qui bientôt auraient régénéré la race dans toute l’éteudue de la paroisse,

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