‹ Les veillées canadiennes [microforme]Chapitre 58 sur 62 · DU PORC · texte numérisé non relu

DU PORC

Tout ce que javais à vous dire relativement aux cochons, je vous l’ai dit dans nos premiers conférences.

Ce que l’habitant canadien a de mieux à faire, c’est de

se débarrasser le plus tôt possible de la race du pays, pour la remplacer par une des belles races anglaises qui, outre l’avantage de donner une chair plus délicate, s’engraissent bien plus facilement, et sont beaucoup plus fécondes.

Touchant la race porcine, je n’ai plus qu’à vous prevenir contre un préjugé généralement répandu dans ce pays-ci, et qui est de croire que le porc est un animal sale par nature. Moi je prétends qu’il est sale par force,et parce qu’on le retient claquemuré dans un réduit infect, dégoûtant, d’où il sortait bien vite s’il était libre. Si parfois l’on voit les porcs en liberté se vautrer dans la boue, c’est parce qu’ils recherchent la fraîcheur pour atténuer le malaise qu’ils éprouvent par suite de l’échauffement continuel que leur occasionnent l’état de graisse vers lequel on les pousse et la malpropreté où on les maintient.

Pour avoir de bons èt beaux animaux, il faut, pendant les chaleurs de l’été, mettre les porcs dans un endroit propre où il y ait de l’ombre et de l’eau, et de temps en temps les bouchônner fortement avec un torchor de paille.

Page 1