‹ Les veillées du châteauChapitre 8 sur 11 · SOT T. S · texte numérisé non relu

SOT T. S

cordes. Ce bel ouvrage subsiste encore, et est célèbre sous le nom de Taureau Farnèse (a).

» Phidias, natif d'Athènes, florissoit vers Tan du monde 3556, dans la quatre-vingt-troisième olympiade. Ce fut lui qui, après la bataille de Marathon, travailla sur un bloc de marbre que les Perses, dans l'espérance de la victoire, avoient apporté pour en ériger un trophée. Il en fit une Ncrnésis , déesse qui avoit pour fonction d'humilier les hommes superbes. Le chef-d'œuvre de Phidias fut son Jupiter Olympien, qu'on crut devoir mettre au nombre des sept merveilles du monde. Phidias fut inspiré, dans la construction de son Jupiter, ^par un esprit de vengeance contre les Athéniens, desquels il avoit lieu de se plaindre, et par le désir d'ôter à son ingrate patrie la gloire d'avoir son plus bel ouvrage, dont les Éléens furent possesseurs. Pour honorer la mémoire de l'artiste , ils créèrent , en faveur de ses descendans, une nouvelle charge, dont toute la fonction consistoit à avoir soin de cette statue. Cette statue, d'or et d'ivoire, haute de soixante pieds, fit le désespoir de tous les grands statuaires qui vinrent après. La Minerve d'Athènes de Phidias, dit Pline, a vingt-six coudées de hauteur (trente-neuf pieds) ; elle est d'or et d'ivoire. Sur le bord du bouclier de la déesse Phidias a représenté en bas-re-

(a) Cet antique est beaucoup plus remarquable par ic volume prodigieux du bloc de marbre que par la beauté de l'ouvrage.

liefle combat des Amazones, et dans le dedans, celui des dieux et desgéans; il a représenté le combat des Centaures et des Lapithes sur la chaussure de la déesse; il a décoré la base de la statue par un bas-relief qui représente la naissance de Pandore. On voit dans cette composition la naissance de vingt autres dieux. Les connoisseurs admirent surtout W serpent et le sphinx de bronze sur lequel la déesse appuie sa lance. Les beautés de détail qu'on vient de lire n'ont été décrites que par Pline. Leur travail étoit en pure perte pour les spectateurs, parce qu'en donnant même au bouclier de Minerve dix pieds de diamètre, on ne pouvoit distinguer ce? ornemens d'assez près pour en juger, sur une figure d'environ quarante pieds [a] de proportion , et qui d'ailleurs étoit placée sur un piédestal qui l'élevoit encore. Aussi n'est-ce pas dans ces petits objets que consistent le principal mérite de la statue de Minerve.

• Polyclète naquit à Sycione, ville du Péloponèse, et florissoiten la quatre-vingt-septième olympiade; ses ouvrages étoient sans prix. Celui qui lui acquit le plus de réputation fut la statue d'un dolrphore , c'est-à-dire d'un garde des rois de Perse. Dans cette

(a) Les boucliers des anciens n" étoient pas ronds ; ils

avoieni une forme elliptique, et ils étoient excessivement

grands. Sur toutes les pierres gravées antiques, on vr.it

rriers porter des houcliers presque au-si grandi

q l'eux.

statue, toutes les proportions du corps humain étoient si heureusement observées, qu'on venoit la consulter de tous côtés comme un parfait modèle, ce qui la fit appeler par les connoisseurs la règle.

» Zénodore florissoit du temps de l'empereur Néron. Il se distingua par une prodigieuse statue de Mercure, et ensuite par le colosse de Néron (a)y d'environ cent dix ou cent vingt pieds de hauteur. Vespasien fit ôter la tête de Néron, et mettre à sa place celle d'Apollon, ornée de sept rayons, dont chacun avoit vingt-deux pieds et demi.

» Calllcrate. On ne sait pas dans quel temps il a vécu. On dit qu'il gravoit un vers d'Homère sur un grain de millet, qu'il fit un chariot d'ivoire qu'on pouvoit cacher sous l'aile d'une mouche, et des fourmis d'ivoire dont on pouvoit distinguer les membres.

» Une réflexion singulière de M. de Caylus tombe sur ce qu'on ne trouve, sur les statues grecques qui nous sont demeurées, aucun des noms que Pline nous a rapportés ; et, pour le prouver , voici la liste des noms qui sont véritablement du temps des ouvrages, et qui est tirée de la préface sur les pierres

{a) Une des plus belles ruines de Rome, le Cotisée, tire, dit-on, son nom d'une statue colossale de Pséron , qui y éloit jadis. C'étoit dans le Colisée que se donnoieut les combats de gladiateurs. Le pape Benoit XI V a j^tté l'intérieur de cet admirable monument, en le remplissant de petites chapelles.

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gravée, de 31. le baron Stock, savant égaleÀieht exact et bon connoisseur.

» La Vénus de Médicis (a) porte le nom de Cléomênès , fils à'Apollodore, Athénien.

» L'Hercule Farnèse, celui de Glycon , Athénien.

>.- La Pallas du jardin Ludovisi (à Rome), à'uintiochus , fils aillas.

» Sur le Gladiateur, au palais Borghèse (à Rome) , Agasiasûh d'Osithée, Éphésien.

» Le Torse du Belvédère (h) est d'Apollonius , fils de Nestor, Athénien.

« Chez le cardinal Albani, on lit, sur un bas-relief représentant des Bacchantes et un Faune, Callimaque (c). L'Apothéose cV Homère porte sur un vase

(a) Cette belle statue est à Florence, dans la galerie du grand-duc.

(A) On appelle à Rome le torse antique, ou torse d'Hercule, le tronc d'une figure d'homme 5 ce torse a la plus grande réputation : il se voit au Muséum. Le Gladiateur combattant est au palais Borghèse; le Gladiateur mourant, au Capitule. Le Capitole a été rebâti par Michel-An^e.

(c) La Vi^ne Albani , hors des murs de Rome, est un des plus beaux palais d'Italie; il est immense, d'une superbe architecture 5 on y trouve des obélisques, des fontaines des colonnes de marbre précieux, des bas-reliefs, et les plus belles statues antiques. Il y a quelques tableaux et un plafond de Men^s. On voit aussi, clans ce magnifique calais, une chose qu'on dit être unique ; c'est une statue

ntique de Satiresse : on prétend qu'on n'avoit jamais vu

le semblables ligures qu'en bas-reliefs.

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