‹ Les veillées flamandesChapitre 10 sur 21 · L'ANGE GARDIEN, LE DÉMON, LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

L'ANGE GARDIEN, LE DÉMON, LA JEUNE FILLE

l'ange.

Arrière, mauvais esprit, que viens-tu chercher ici?

LE DÉMON

Crois-tu, ange de lumière, que je t'abandonne une âme sans combattre. Si ton amour te porte à protéger les hommes, ma haine me pousse à les persécuter.

l'ange.

Ta haine? Qi le t'a fait cette jeune fille?

sa ŒUVRES DE HENRI CONSCIENCE.

LE DÉMON

N'est-elle pas fille d'Eve?

l'ange.

Tu ras dit.

LE DÉMON

Cette jeune fille appartient à la race humaine ; elle peut aller à Dieu et trouver place en sa présence. Moi, vaincu, foudroyé, précipité dans Tabîme, moi seul je demeure éternellement banni. La patrie qui m'est ravie est donnée à ce misérable favori, l'homme ! Et je ne le haïrais pas ! je ne le persécuterais pas ! Oh ! j'en ai trop dit déjà ! L'envie consume mon sein... A moi cette âme !

l'ange.

Elle est pure, tu ne peux y toucner.

LE DÉMON

Eh bien, c'est ce que nous essaierons. Tu as pour toi la froide vérité, moi les séductions du mensonge. Commençons la lutte! [Un profond sommeil s'empare du frère; un nuage l'enveloppe; l'air devient tiède et embaumé; de brillantes fleurs naissent autour de la jeune fille; une foule d'oiseaux chantent dans les arbres.)

l'ange, avec une calme tristesse^ 0 Dieu tout puissant, donne à la pauvre enfant, dont la garde m'est confiée, la force de soutenir victorieusement ce combat suprême. Puissé-je paraître devant ton ti'ône avec cette âme chérie, purifiée par le feu de l'épreuve... Puissé-je ne pas avoir à déplorer pendant l'éternité la perte de la douce jeune fille 1

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