‹ Les veillées flamandesChapitre 3 sur 21 · Nom donné par le peuple ï la classe d'anafsmj · texte numérisé non relu

Nom donné par le peuple ï la classe d'anafsmj

sera devenu trop lâche pour travailler. Non, j'aime mon enfant tout autant que vous ; mais je suis heureux dans mon état 5 le pain ne manque jamais à la maison, et je crois que je ne puis mieux faire qu'apprendre à Franz à gagner son pain comme moi. Je suis sur qu'alors il ne souffrira jamais de la misère... Il sera maçon, je le veuix, et c'est mon dernier mot : maçon !

Les deux femmes se turent; elles n'avaient rien à répliquer aux bonnes raisons de l'ouvrier. Elles aussi, en l'écoutant parler, avaient renoncé à leur premier projet, et s'étaient décidées à ne plus parler de l'affaire ; mais au moment où le père s'écriait, comme s'il eût rendu un arrêt sans appel : Il sera maçon ! on entendit tout à coup l'enfant gémir et sangloter dans son lit, comme si ses • larmes longtemps contenues faisaient enfin explosion.

Franz avait tout écouté avec la plus vive anxiété. Un rayon d'espoir et de joie avait lui à ses yeux lorsqu'il avait entendu parler de l'Académie ; mais les paroles de son père, qui le condanmaient, comme une sentence irrévocable, au métier de maçon, avaient gonflé son cœur de tristesse, et ne pouvant se contenir plus longtemps, il s'était mis à pleurer.

La grand'mère courut précipitamment vers le lit, en tira Franz, le plaça sur ses genoux, et se mit à le couvrir de baisers, tandis que de grosses larmes coulaient sur ses joues à elle. La mère commença de pleurer aussi, et ce fut dans toute la famille un chagrin si profond et si amer qu'on eût dit qu'un grand malheur venait d'arriver. Enfin, la grand'mère dit d'un ton de reproche à l'ouvrier ;

— Comment pouvez-vous tourmenter ainsi votre enfant ? Vous le tuerez ! . . .

LA MÈRE

Oui, oui, cela arrivera, bien sûr; vous le mettrez dan» la fosse. Pourquoi ne pouvez-vous laisser aller Franz à TAcadémie , puisqu'il en a le goût ?

LE PÈRE, avec une vive irritation et en serrant les poings.

Ne me mettez pas en colère !

FRANZ, // saute des genoux de sa grand'mère et court à son père.

Oh! cher petit papa, ne vous fâchez pas... je serai maçon.

LE PÈRE, il embrasse ï! enfant avec tendresse, une larme brille dans ses yeux.

Franz, mon enfant, je ne me fâcherai pas. Va te recoucher tranquillement.

FRANZ, saisissant la main de son père et la caressant.

Papa, vous savez bien que Jacques , de la maison du coin, va à T Académie, et pourtant il est maçon. LE PÈRE, tout calmé.

Oui, mon enfant; mais c'est autre chose. Il ne fait pas des bonshommes, il est dans la classe de Koepe-depeer^. «

FRANZ

Et que fait-on là, papa?

LE PERE

Je n'en sais rien; des maisons, sûrement. ( // réfléchit

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