L£S VENDÉENS
tieuliers. qui ont quitté Le Mans & huit heures du
malin, quMls ont vu par eux-mêmes que nos bii-' gands onl 6lè repoussés par Parmi^c de Mayence sur în route de Laval, et qu'ils sont repoussés daos les bois de Panneliëres. Ils ont été tellement pour-* suivis, qu'ils n'ont pas eu le temps de sauver leurs Tusils, leur artiRerie, leurs chariots. Nous ne pouvons, jusqu'à ce moment, vous contirmer ces nouvelles...
« Legueré. »
Bientôt les renseignements arrivaient nombreux à Lucé, et Rochelle, qui avait d'abord songé à monter à cheval pour se rendre au Mans, et voir de
ses yeux la vérité de tout ce qui s'était passé, ajournait son départ an lendemain, et reprenait la plume pour transmettre à Samt-Calais les nouvelles apportées dans la soirée parles vedettes:
^ « Bonnes nouvelles, citoyens, réjouissez-vous, Tennemi est parti du Mans, je ne crois pas qu*it soit tenté de jamais y revenir.
c( Je vous envoie le rapport des citoyens Piau et Dupuis, partis de Lucéà neuf heures du matin, aujourd'hui 23 frimaire, et arrivés à huit heures du soir le même jour«
a Les citoyens Piau et Dupuis sont entrés an Mans à midi; ils nous ont rapporté que les bri gands avaient été complètement battus, qu'ils ont été obligés de se replier, presque en déroule, sur la route de Laval; que depuis Pontiieue jusqu'à la place des Halles, ils n'ont aperçu que cadavres», tant d'hommes que femmes de brigands ; que pour les nôtres ils avaient déjà été ramassés, que le nombre des morts de l'ennemi était d'environ 6,000 ; qu'ils ne savaient pas celui dos nôtres ; que reonemi a évacué à sept heures du matin. Notre armée, qui avait commencé la bataille hier était presque en déroute, n'étant pas assez forte pour
Dig'itized by G(
DANS LA SARI HE
pouvoir résister à ces coquins, qui se battaient en déterminés et qui jouaient de leur reste; noire • armée, dis-je, d<^jâ battait très- fort en retraite, lorsqu'une armée commandée par le général Tilly esi venue à son secours. Nos braves républicains se sont prompteroent ralliés el ont recommencé la ftasillade hier au soir k six heures,.qui n^a fini qu'à sept ce matin.
V Qu'après la bataille nos troupes ont f usillé une quantité immense d'hommes el de femmes sur la place de l Eperon et proche les Boucheries; que devant rhdpital il y avait deê monceaux de cadavres tout nuds; que notre armée forte de 90à25,OM est à leur poursuite ; que l'ennemi est exténué de fatigue ; qu'ils ont abandonné en fuyant trois pièces de canon, un caisson et plusieurs chariots; qu'il arrive à chaque instant des voitures de malades el de blessés ennemis qui vont être fusillés et guiUotinés sur-le-ekamp ; qn*nm femme d'émigré bien jolie avait demandé gi^ce à un de nos géné* ranx, mais qu'elle n'avait obtenu de lui aucune réponse ; qu'il avait seulement fait signe à ses soldats de la fusilier, ce qu'ils ont sur-le-champ, en présence de nos vedettes, exécuté; ainsi, belle ou lude, elle a toujours dansé la carmagnole. Voil& tout 66 que nous savons pour le présent. »
Le rapport des citoyens Barré et Boulifard, parlis à onze heures du matin pour éclairer la route depuis Lucé jusqu'à Connorré, transmis par le môme correspondant Hochelle, se bornait à apprendre que l'ennemi avait évacué Le Mans à sept heures du matin, et perdu environ 6,(M0 hommes. II annonçait aussi comme certaine la prochaine arrivée à Coancrré d'une arniée de 30,000 Républicains qui devaient donner le coup de grâce aux brigands. Il s'agissait de Tarmée du Nord toujours attendue, et que Thirion avait arrêtée en chemin.
Le 23, à minnitf Rocbeli^, toujours la plume an { main, ëerivait une dernière fois cle Lucé :
« Encore de bonnes nouvelles^ citoyens, Tennemi
est poursuivi, Quantité de morts et de blessés sont étendus sur la route. Huit cents de cette bonne armée catholique, enveloppés dans le bois de PannetièreSf à deux lieues du ManSf ne peuvetU noM échapper. ..hix mille bommes sont aux trousses des rebelles, (]uinze mille couchent au Mans, et dix mille de Carpenlier y arrivent. On soupçonne que mille brigands soni encore restés au Mans. On les cherche parloul. On en a trouvé dans les confessionnaux, qui ont été fusillés sur-le-champ
« Us ont encore cent vmgt hommes de cavalerie, n
Dans le nord du département, la nouvelle de la délivrance de la ville fut lente également à parvenir. Le 23, à cinq heures du soir, un commissaire du district venant de Savigné et arrivant à Mamers rignorait encore. Elle ne Ait connue à Mamers qu*& six heures du soir par la voie de Coui^ains : à | sept heures et demie elle fut confirmée par les courriers de Bonnétable, qui l'avaient apprise de Savigné.
Cette commune avait écrit à Bonnétable que les brigands avaient été chassés après un carnage terrible, que racharuemenl avait été si grand que les rues étaient remplies de morts. Bonnétable,
' selon la prière qu'on lui en faisait, avait aussitôt transmis cette dépêche à Mamers, Les citoyens Durand, officier municipal, et Lamer, notable, envoyérent à cette ville quelques nouveaux détails, le 24, et ajoutaient : «i Nous avons arrêté cette nuit quatre royalistes qui sont venus se jeter volontairement dans nos ])ras, sur une lettre envoyée dans leur armée par un général de hussards, qui promet une amnistie à tous ceux qui voudront se rendre. Ils nous ont déclaré que, si cela avait lieu, leur armée
i. ijuucd by Geegle^
DANS LA SARTIiE.
n^exiflterait plus. Ils paraissent bien comme il faut: l'un est un avocat de Rochelle, l'autre un droguisle d'Orléans (l\
Un de ces deux correspondants finissait eû priant un ami réfugié à Mamers de faire revenir ses enfants. Une partie des habitants de Bonnétable, craignant en effet de voir les Vendéens se diriger sur cetle ville, avait fui loin de leurs alteinles. Le danger était passé, et Ton rappelait au bercail les brebis dispersées.
Les diverses autorités réunies de Mamers, également rassurées le 24, écrivaient ce jour-là à Mortagne, qu'elles avaient de leur côté considéré comme le port du salut :
a Vive la République, ça va. Les brigands ont été battus, étrillés au Mans. La copie ci-jointe (c'était la lettre des deux officiers municipaux de Bonnétable) vous instruira des événements qui ont fait triompher la bonne cause et anéanti l'espérance des brigands de fourrager nos cantons. »
Les nouvelles les plus détaillées sur la défaite des Vendéens vinrent à Mamers le 24, de Saint- Remy-du-Plain.
Voici Fanalysed'un rapport de deux citoyens de cetle commune, qui donne des renseignements d'aulanl plus précieux, que les détails sur la situation du nord du département sont beaucoup plus rares que ceux qui se rapportent au Grand^Lucé, Saint-Calais, La Ghartrei Chàteau-du-Loir.
(1) On sait que tous ceux qui se fièrent h eette amnistie de Westermann forent néanmoios fnsillés à Angers^li Nantes, etc. Ces quatre Vendéens arrêtés dans la naît du S8 an ^ éuieat Lonis Lhonorey-Garière» de La Rochelle, Jean Hnttîn, d'Or* léanSyJean-JacqnesPrumeryCUlottierdeRyi^rèsRoaenfetSylvain NIcanlty snmnméraire an bnrean de fearegistrement, à Samt-Maixent. Tnnstérés an Mans le SS, ils furent condamnés Si mort le S3 aifôse*
Partis le 23 à onze heures du malia, de Saint- Remy-^du-Plaîa et envoyés par leur muDieipalité pour avoir des nouvelles, ces deux ciloyens se rendent à Beaumont, où ils apprenncntque le général Huché a fait couper le ponl de Sainl-Warceau (1). De là ils entendent la canonnade. Ils se rendent à Saint-Marceau. Le général Huche n^y est plus; on leur dit qu'il est parti pour Ballon. Ils passent la rivière à gué, et, & La Bazoge, apprennent la déroute des Vendéens. Ils arrivent à la Croix-d^Or» à six heures du soir. « Le long des rues, leurs chevaux ne marchaieut que sur des cadavres. » Rendus à destination, ils se sont enquis des détails auprès d'un commandant d'un bataillon mayençals. Ils rapportent que Le Mans a été repris par lesqua* Ire armées de Mayence, de Brest, de Cherbourg et deDalican. L'ennemi a évacué la ville à neuf heures du matin, après avoir perdu 4,0 )0 hommes depuis. Pontlieue jusqu'à la Croix-d'Or, quinze pièces de canon, dix-sept cai.ssons, cent chevaux. « On a pris Qusèi environ cent femmes qui ont été fusillées sur-le-champ. i> Westermann est déjà à six lieues loin. On ne voit que corps morts. Ces deux dtoyens ont quitté Le Uans à dix heures du soin
(l) Voir dans Pcnin une anerdote (]in oui îepont de Sainl- Marceau pour théâtre: les Martyrs du Maine, t. ÎI, p. 2îî9- 244; dom Piolin, l'Église du Mans duranl la Hevolulion, t. III, p. 99. Voir aussi Registres du district de Fresnay (Archives du département de la Sarthe), la Requête, du 7 ni\ôsc,des officiers municipaux de Saint-Marceau, tend:)nt à faire réparer le pont, dotii (Ilux arches ont été rompues pour couper le passage à l'armée des brigands de la Vendée. — C'est îa seule fois que je trouve prononcé alors le nom du gênerai lluctié, qui s'était rej>lié de M;iyenno sur Alençon lors du prenûier passage des Vendéens. Que de victimes dut faire parmi les égarés de la route d'Alençon ce trop fameux général des colonnes infernales 1 Àmey et Legroi^yde triste mémoira, élaieul de leur cùté au Mans.
Digitizeci bi^^Gi. ^^^^
Le sa, des vedettes de fetoav à Mamers, rapportaient dans cette ville que depuis Pontlieue jusqu à un quart de lieue hors du Mans ils avaient vu des corps morls, que l'Eperon en était couvert, que nos trou])es avaient fait une destruction si grande des rel>eiies, qu'eu la rue Dorée les maisons étaient toutes fracassées, que sur la route de Laval ou ne trouvait que des cadavres étendus.
Le procureur de la commune de Montaillé trans^
mettait à Saint-Calais, dans la soirée du 2i, la dépêche suivante:
(( Les citoyens Pierre Cousin, René Ohuitier, Joseph Pillon sont arrivés ce soir du Mans ; ils nous ont dit avoir été par toutes les rues du Mans, dont quelques-unes sont jonchées de cadavres. Principalement la rue à descendre sur la place de TEporon paraissait la plus jonchée de morts; que U*un bout de rue ils ont été sommés d'enlever les corps morts au nom de la loi, il y en avait environ cent cinquante*
<f On ne peut pas savoir pour le moment combien il peut y en avoir de part et d'autre. Cependant on porte le nombre à plus de quatre mille.
« Sur la |)lace il y a plusieurs canons de calibre jusqu'à dou7.e, au nombre de 22, et des caissons que Tennemi a abandonnés* On a tué un général de brigands et sa femme. L'armée de Mayence, au nombre (le 2:),000, poursuit les brigands du côté de Laval depuis hier matin, huit heures. L'armée du Nord a parti duMansaujourd hui,au nombre de 24 à 2S,000, pour se joindre à Parmée de Mayence pour acheverd'exterminer le reste des brigands. »
Le citoyen Legrand, correspondant de Saint- Calais, qui avait quitté Bouloire le 2a au soir pofir avoir plus vite des nouvelles, écrivait du Mws^
LES VENDÉBNS
lé cellé Iongu6 lettre, sans contredit des plus
curieuses : •
Encore un peu de temps, citoyens, et les brigands auront existe^!
(( Par la lettre que je vous ai expédiée hier de Bottloire, je vous annonçois les dispositions que favois prises* relativement à l'organisation de votre correspondance et j'étois parti de cet endroit dans l'intention d'en perfectionner le projet, lorsque je rencontrai sur nia route mon collègue Bl^vette qui se bàtoil de vous apprendre de bonnes nouvelles, cr L'ennemi a évacué Le Mans, me dit-il, et en est parti ce matin à huit heures* » Cette nouvelle agréable me fit changer de mesures, et présumant que le temps que je devois employer à demander ei à placer mes vedettes pourroil fé- Ire avec plus de fruit, puisque l'ennemi retiré du Mans me permeltoit d'y entrer, je jugeai à propos de m'y transporter.
<c J*y suis arrivé à onze heures de nuit : forcé de rétrograder de rues que je trouvai fortement retranchées, je tournai la ville par le chemin de la Mission dans lequel je rencontrai plusieurs cadavres ; ce spectacle hideux ne lit que s'accroître à mes yeux à mesure que j'avançai vers la place des Halles, et je ne Tus pas sans émotion, en marchant au milieu de ces corps morts, de les voir nus et dépouillés.
« Le lendemain, dès le matin, je me transportai à la municipalité pour prendre des renseignements; un comité provisoire en remplissoit les fonctions, et aucun de ses membres ne put me donner de connaissances positives ni sur le nomire de Tennemi, ni sur la force de son artillerie lorsqu'il a effeciué sa retraite.
a Après avoir consulté plusieurs personnes et même des combattants, j'ai appris que Tarmée de Aayenee avoit livré ttn combat sanglant, dans la-
DAWS LA SARTHE
(|ttel rame blanche avoit élét^iuployée avec autant d'ardeur et de succès que la mousqueterie cODtre celle des brigands; que nos i3ravo8 défenseurs étoieol entrés viclorieux dans Le Mans par le pont neuf de Pontlieue ; que les brigands, ne pouvant résister à Fimpétuosilé de nos troupes ni au feu continuel de notre artillerie, s'étoient repliés dans la ville en abandonnant doux pièces de canon qu'eux-mêmes avaient prises le mardi sur nos frères du Mans. J ai vu ces deux pièces dont une a été cassée et jetée dans un fossé. Tous ces lieux que j'ai examinés et visités, quoique garnis de retranchements, ne m'ont point paru suffis sants pour résister longtemps am efforts du canon. Des chevaux de frise, des herses, des planches garnies de clous, des fossés de qus^ pieds de profondeur et autant de largeur tout au plus^ un double ranp de busses rempiles de sable ne m'ont semblé être que des moyens employés plutôt pour favoriser une retraite que pour résister à Tennemi.
« Les cadavres de tout sexe étendus sur le pavé, les chevaux morts à côté d'euxi les rues couveries de chapeaux, de savates, de guenilles, de haillons, m'ont suftisamment prouvé la fuite et la déroute de cette horde de scélérats. Un retranchement qu'eux-mêmes avoient prali(jué au-dessous du Puils-de*Quatre-Roues n'a servi qu'à leur propre destruction : trente hommes au moins que j'ai vas étendus dans cet endroit y avoient reçu le prix de leur audace.
« La place de l'Eperon, les rues environnant celles des Halles, la place des Jacobins, m'ont paru être les lieux du champ de bataille. Partout ces fa* natiques ont éprouvé le châtiment de leur crime, partout le Républicain a triomphé. Je n*ai pas parcouru de rue que je n*y aie remarqué les cadavres maigres et décharnés de ces suppôts de tyrannie.
« Ensuite je me tuis iransportô une lieue environ sur la route de Laval, pour avoir plus de cerlilude el de détails sur la rctraiie de l'ennemi. J'ai trouvé cette rdute couverte de nos troupes qui marchoient à sa poursuite, ainsi que de cadavres lie tonte espèce que notre canon avoit exterminés. Les bernes aussi battues (]ue si des troupes de bestiaux les eussent tréquentées, m'ont fait croire que cette arméè, fuyant avec précipitation, cherchoit à éviter la mort que le canon mayençais lui portoil.
« inquiet des fréquents coups de fîisiis qoi se fsisoient entendre dans les campagnes, nos troupes, avec lesquelles je marchois, niapprirent que c etoient des tirailleurs qui fusilioient de <5es scélérats fuyards et rapineurs.
c( N*ayant trouvé personne qui eût vu sortir leur artillerie, parce qu^elle avoit parti dans la nuit, je rétrogradai vers la ville.
«Toujours même afïluence de troupes occupoil la route. Tous ces intrépides soldats paroissoient peu occupés de leurs fatigues, marchaient en chantant riiymne patriotique des Marseillais.
« Arrivé à la GroixHf Or, je rencontrai Tarrièregarde de notre armée que je vis filer aussi vers la roule de Laval. Elle me parut être r,omposée de trois bataillons très-bien armés, mais sans artillerie, ce qui uie fît présumer qu'elle alloit se diviser en tirailleurs. Rentré sur la place des Halles, je remarquai encore un grand nombre de canons dont plusieurs étoient de liuit ; celui des caissons ëtoit plus considérable.
« Pendant toute la journée, il n'a pas cessé d*arriver 4e la troupe (1). 11 paroît qu une partie res-
(1) On écrivait aussi de La Porté au comité de Montiniraîl, le 26 : c Notre exprès arrive à l'instant du Mans : les troupes y arrivent de toutes parts... il y a des fuyards de notre armée k considérer comme rebelles. »
DANS LA SAUTHE.
fera au. Mbm. Plusieurs maisMs ont été eodom-
uriagéf s par TefTet de rarlillerie et quelques bra*-
ves citoyens ont él6 victimes de ces scélérats.
« Quoique soldats soi-disant catholiques, ils ont pillé et dévasté sans distiacUoa aristocrates et patriotes. Us n'ont pas dissimolé qu'ils ont été surpris dans Tattaqué, quMIs ne croyoîent devoir avoir lieuquele vendredi matin. Aussi ont-ils abandonné le peu de vivres qu'ils avoient, bien des bagages et de Targenterie. Des sommes assez considérables, tant en espèces d'or et d'argent, qu*assignats, ont été trouvées sur les morts restés sur le champ de bataille. Beaucoup ont parti sans d^euner, quoique la soupe fût trempée.
« On porte la perle de leur artillerie àsept pièces de canon. J'évalue le nombre de leurs morts à 12 à 15,000 hommes.
« Il est amené à chaque instant de leurs prisonniers. J'ai vu un appartement de la municipaUté qui en est rempli. J'ai remarcfué parmi eux des femmes que je crois être des ci-devant nobles et des ci-devant religieuses. Ils ont tous un visage calme et serein et marchent à la mort avec grand calme.
« La brave troupe de Mayence entrée au Mans, n> a voulu prendre aucun repos. Attachée à poursuivre ces scélérats, elle oITre une ardeur sans exemple eL dont on ne peut se faire idée. Son but est d'exterminer le dernier, elle y réussira. Avssi rapporte-t-on que quatre cenls de ces brigands ont succombé dans un second (Combat livré A Panneiiéres.
« Cette horde, quoique composée encore de plus de trente mille individus, dont partie i^oui des émigrés et des prôtres et Tauire partie des femmes et des gens de campagne, est dans le })lus déplorable état, ne vivant que de rapines, de brigaudageSf découragée par ses revers, consumée par les maladies et tes Êiiigues..
LES VEJibÉmS
« fiUe peut eneore exercer quel<)Me temps ses fureurs; le terme de sa deslrucUon ne peut être bien tioignô*
c( Legrand,
« Membre et commissaire du comiic d$ Saint' Calais. »
Après cette lettre aussi détaillée qu'intéressante, voici les principales pariicularités d'autres correspondances :
Rapport du aUoyen Révard^ de ta commune de Gréez^ du 34 frimaire^ adressé au comité de
MonlmiraiL
« Je suis arrivé hier, au Mans, à trois heures après midi; je renriarquai, sur la place des Halles, quantité de corps morts et de chevaux. De là j^ailai sur TEperon où J'ea ai encore vu en plus grande quantité, ensuite au coin de la HaHe des Boucheries, rue de la Cigogne, ou fui vu des hommes el des femmes étendus sur le carreau; descendu le long de cette rue à aller gagner le bas de la place de TEperon, je remonlai le long de la place des Halles à continuer la rue de PontKeue environ trois cents pas ; tantque ma vue pouvoit s'étendre je ne voyois que monceaux de corps morts, hommes, femmes, chevaux, morceaux de violons, chapeaux coupés par morceaux, sabots cassés et liés avec des genêts* De là je continuai ma marche du côté de Pontiieue, vers le premier retranchement où le premier coup de feu a été donné. Dans cet endroit je comptai dix-huit cadavres; un peu plus loin, j'en ai encore vu un étendu et un cheval. Il est resté au Mans huit pièces de canon dans la nuit du 22 au 23 et quantité de munitions... Les rebelles ont pris la Alite sur les six heures, le Si
DÀMS LU MARTHE.
au soir ; ils ont suivi d'abord la route d'Al^nçon, puis à quelque distance de cet endroit laVoutê de Laval... Nous leur avons pris trenle-deux canons,
et nous n'avons perdu qu'une peLi le pièce à i'Epau.
« Les sacrés gueux sont entrées à Pontlieue chez le nommé Béguignon, ils lui ont pris onze assignats de 400 francs et d'autres plus petits. U a fait une perte de 30,000 livres. Ils se sont emparés partout des habillements et des linges. »
Voici le résumé et les principaux passages d'une lettre écrite de Chàteau-du-Loir, le 24, par le correspondant de Montoire, arrivé du Mans^ qu'il a quitté en hâle, à cause de Tair empestifèrë qu'ont laissé les brigands :
« L'armée de Vayence a attaqué le 22 de très* grand matin leurs avant-postes; d'abord nos tirailleurs ont été repoussés, et le soir même plusieurs sont venus jusqu'icy. Après plusieurs heures incertaines, Muller est arrivé avec son armée. L'impétuosité de son attaque a déconcerté Tennemi, poursuivi la baïonnette dans les reins; elle a escaladé les redoutes et est entrée au Mans appuyée des armées de Chabot et de Mayence. On s^est battu toute la nuit ; r ennemi a été chassé à huit heures du matin. Westermann a combattu vingirdeux heures sans recevoir de blessures ; il est à la poursuite des brigands. Les Mayençais ont juré de ne les abandonner qu'après avoir fusillé le dernier. Une armée venant d'Alcnçon va aclie^ ver leur destruction. A mon arrivée au Mans, j'ai appris par un officier de Mayence qui revenait du combat, que l* ennemi venait d'être débusqué d'un bois distant d^une lieue et qu'on lui avait pris deux pièces de canon (t).
(1) Le correspondant de Montoire, stationné à Gbâtean-diio Loir, écrivait encore le SS ; € Un citoyen commissaire dn ManSt
116 LES VENDÉEMS
' K Je n'ai pu entrer au Mans qn^ûvee tmUùrisaUm
de Muller qui était aux portes. Un ûfftcier d'étatmajor m'a conduit au premier posle; il m'a dit qu'on estimait le nombre des morts à 2,000, et que nous avions perdu peu de monde hors la Yine« et encore moias au dedans. Ce qu'il y a de certain, c^est que j'ai trouvé les rues pleines de corps morls, hommes, femmes et enfants^ et malgré toutes les précautions, je n*ai pu empêcher mon cheval d en fouler plusieurs avec le pied... Les versions sur la mort de ces scélérats et la prise de leurs canons se contrarient tellement, que je crois ûevoir ne rien vous en dire,.. Ils avaient avec eux cent bœufs et avaient formé un magasin à blé au département, croyant passer l'hiver au Wans. Les prisonniers qui étaient en grand nombre sont MAINTENANT fusUiês... Un grand nombre de tirailleurs ennemis qui se sont trop avancés» ont été coupés par nos troupes. Ils se répandent dans les campagnes, à chaque instant on en prend; beaucoup sont en veste de chasse, couleur verte, et les autres en paysans. Ils sont consumés par la dyssenterie. On dit La RochejaqueleiD mort de blessure hier. La garnison du Mans ne se composait que de 1 ,200 gardes nationaux et de deux bataillons de réquisition. Aussi ont-ils bravement fui après une demi-heure au plus de combat, et en reconnaissance les rebelles n*ont pillé que les maisons des braves sans^-culoites {i). Huiler ^vi^ai- ^emblablemmt pour se venger de cette ville scéU^
nommé H et arrivé de cette ville cette nuit à deux lieures,
est venu nous aiuioncer que l'ennemi est dans lii dt-route U plus complète sur la route de L^val ; qu'a l'arriire d'un bois ûù il avait été faif des abatis^ il avait perdu <,500 lioranies. »
(1) Ceia contredit l'assertion du Rapport de^ administrateurSf adoptée par M. Louis Blanc, disant que sans-cuiotles et aristocrates ont été indistinctemeiU pillés.
DANS LÀ SARTflE
r4Mtêj n'^ point fiUt de patrouUles, et fai vu piller
plusieurs maisons épargnées par les apôtres du fanatisme (1). Etant chez le substitut provisoire du procureur de la Commune qui ne m*a pas paru vrai sans-culotte, on est venu y annoncer que la nommée T...., femme très-jolie et très-riche, venait d'être fusillée par les patriotes, pour avoir recelé deux martyrs de la religion contre les ordres du générai (2). Muller est parti ce matin avec le reste de sa coloime pour rejoindre ses frères d armes (3), L'ennemi est à sept lieues du Mans. »
Un administrateur de Château-du-Loir s'empressait de transmettre les renseignements suivants ie 23, à sept heures du soir:
(1) Ca récîl d'iia témoin oculaire corrobore les dires de VEnqnâie sur Je pillage des maisonsi CureaD» PéroUi Duliail, Clairsigny.
(2) On devra désormais rapprocher ces lignes Jcs accusations de madame de La Bocliejaqoclein, p. 335, de MM. de Boorniseaiix, t. Iff, p. 270, et Crétinean-Joly, t. 1, p. 390. Voir aussi Sàvary, t. Il, p. 489» et M. Lepelletîer. Grille« I. 111, p. 3SB» dit i^m btscafeD vint briser la glace du salon de celle dame (dont le mm commandait l'escorte du convoi i»9rti pour Gbarires le 10]» et qoe cette glace ainsi mutilée a longtemps élé conservée b sa même place. D*aatres dames du Mans passèrent également pour avoir été fusiUées, notamment une de celles dont la maison venait d*ètre pillée par les soldats de Muller» la veuve et la belle-mère des victimes du 59 juillet 1789. à Ballon. Le district du Mans répondait Je IS pluviôse b un district voisin :
« Le bruit de la mort de la veuve Cureau est «pocrvpbe; elle n*d point été fusillée pour avoir favorisé chez elle la retraite des brigands Dans rc cas elle eût payé de sa tôle ce crime de lèse nalion... Aussi philanthropes que républicains, nous aimons mieux avoir sujet de droiontir relte nouvelle que de vous la conlirmcr. » (Archives de la Sardie.}
*3) Ceci doit s'appliquer h Oarpentier faisant partie de la division Muller, qui lui, au contraire, prit la route d Angers.
<c Vive la RépQbHqQel Victoire! victoire! vte^
toire! Les brigands sont entièrement ^terminés* Westcrinann s'esl hailii comme un dieu, il a saule le premier par-dessus les retranchements et les pièces de canon... Ils ont perdu presque toute leur anill^ie. La ville eniière est presque couverte de eadavres, de chevaux, de fusils, de satires, de pistolets, de voitures, de caissons. Presque tons les chefs sont pris ou tués; le prince de Talmotj les princesses, les h(^g-nines qui les suivaient, leurs belles voitures, leurs bœufs et leurs provisiops, tout est en notre pouvoir... Ils sont épârs par pelotons, poursuivis par dix mille tiommes arrivés à la tin du combat, qui a duré vingt^hult heures. »
Le commissaire Georges écrivait le 23, au soir, du Mans :
« La canonnade redouble à sept heures du soir, sur lïi route de Laval à Saint-Denis-d'Orques ; c'est le résultat de ce que les brigands n'auront pas pu di'îboucher assez promptement. Ils laissent en notre pouvoir trente-cinq canons et soixante-dix caissons. L'armée de Muller est partie à sept heures du soir pour rejoindre nos troupes; trentecinq & quarante mille hommes soai à leurs trous- . ses. Le nombre de ces monstres n'est pas tacUe'^ ment connu. Ils occupent une lieue et demie de terrain sur deux colonnes au plus.»
il écrivait ultérieurement le 25:
d lU ont laissé au Mans un grand nombre de leurs femmes dont les patriotes font justice. Leur colonne de tirailleurs qui, le ii, avait été coupée, n a pu rejoindre V armée, et les paysans les arrêtent partout. Westermann extermine ces brigands; il écrit : « Il faut que sons qnin/e jours ces bri- « gands-là soient exterminés, j'en suis las, j'ai • besoin de repos et mon armée aussi. » J'ai vu la redoute où il a sauté après trois ou quatre heures de combat. i>
DANS U SARTttE.
Les admîBi$tratettrs:du départwient d*liidre^t^ Loire communiquaient le 25 les nouvelles, qu'ils
venaient de recevoir, à ceux de Loir-et-Cher.
« Weslermann a reçu, le 23, un renfort de 10,000 hommes (ie Cépti&i'; les armées réunies, après une victorieuse canonnade, soal entrées au Mans. 11 s'est engagé le plus sanglant combat sur la place des Halles. Jamais action n'a été aussi vive. Au milieu du feu et du carnage, les cris de : Vive la Bépublique! se sont fait entendre. L'ennemi, complètement chassé de la ville, iuit vers la Normandie.
« Ces coquins, qu'ils appellent leurs bons prêtres, ont été presque tous exterminés. On a pris ua de
leurs chefs, nommé La Trémouillc; sa lemme a éprouvé le môme sort, ils ont été fusillés sur-lechamp. Beaucoup de femmes faisant partie de l'armée esmemu 4ml été promenées sur la plao» par nos brcms volontaires^ gui les tuaient Icrs* qu'ils en étaient las. x>
' Dans toute la région voisine de la Loire, la joie avait été aussi grande de voir les Vendéens ne pas se diriger de ce côté, qu'avait été vive la frayeur causée par la prévision de leur marche sur Tours ou BIoîs. Les habitants pensaient qu'ils se dirigeraient sur la première de ces deux villes pour s'emparer de la manufacture de poudre du Ripault, et se préparaient à une vigoureuse résistance : les conventionnels Pochoile, Guimberteau, Xchon et Levasseur étaient à Tours. Tous les citoyens prirent les armes à 1 appel de la générale. La commission militaire fit établir la guillotine, , menaçant d'appliquer la mort « contre ceux qui parleraient de se rendre ou de capituler. » Un des hébertistes, envoyé dans nos contrées de l'Ouest, en qualité de commissaire du comité de salut public, le trop fameuse Mogue, n'en accusa pas moins à la tribune de la Convention, le 4 veqtôse, la
us
Comumiie <te Tom d*ém le m Ibfcr d'une coiij uration qui uù î endoii "a rien moins qp'â Hvrer aux brigands le passage de ia Loire. La société popu\k\r^ de fru-s, dans sa défense, invoqua le témoignage de Levasseor, que des liens inUmes attachaient cependant ao fiuneox propagaieur des érmU ée Fhamme : m Levassenr n'a pas oublié sans doute quand, préianl a^ec nonsie serment de nous ensevelir sous les ruines de la Commune plutôt que de la voir devenir la proie des brigands, quand» pleurant sur TinvasioD de la Commune du Mans, son pajrs, il nous promettait d^adopterle nôtre, si nons soutenions Fénergie que nous faisions paraître (!). »
Le correspondant de Mondoubleau, Lebreton, écrivait de Châleau-du-Loir, où il élail stationné :
a On a arrêté au Mans une (luantité considérable de ces scélérats, qui sur4e^hamp ont été fusillés. Beaucoup de fanmes se sont trouvées do nombre, msis le représentant du peuple a défendu qu elles subissent le même son. Les rebelles sontniaintenant divisés, cachés dans les bois ; quatre mille à
(1) Voir Mogue dénoncé par la Sodété pspUsite ée Tûm à la Convention nationale e$ à toutes les sodétéi poi^itimres^ 19 paj^es in-8. Tours, V^oqner^ p. 6. Levas^eu^ pour empêcher les Vendéens de repasser la Loire, était resté, dil-il, 8or les bords du fleuve (Mémoires, t. Il, p. S86), dont il faisait couper tous tes ponts. Aossi Francaslel écrivait-îl la ConYentioft, le 5?5 frimaire, que, grâte ï Levasseor, tes rebelles ne pourraient passer la Loire q«e dans la barqee k Garon. Une lettre de Tours da Si (n* 55 da Comrier répub^ cain) dit de méae : < Il ftat qu'ils périssent on qn*lls Jioivent la Loire. » Levassenr était de retour k la Convention le Jour où y fut lue la lettre de Francastel ; c'est ce jour-là qu*il eut une pensée d'humanité et s'honora en demandant une amnistie partielle en faveur des cultivateurs vendéens qui déposeraient les armes [JourmU de Ptanee, n* 459, 99 frlmaiie; Mémoireêy t. fl» p« S86>.
rl
peine sont réunis, dont fieulemeni cent cayaKeTS. i» Le 37 il disait : «r Les rebelles tués depuis Ponl^
iieue jus lu'au bois de Pannelières, sur la roule, sont au nombre de six mille environ de l'un et Tauire sexe, ils ont laissé sur le champ de bataille, suivani ie rapport fail à la muaicipaliié du Mans. Irenle-cinq pièces de canon et soixante-dix voi*^ tures. Plusieurs sont dispersés^ notammeni vers Ruaudin et Yvré; queiques-uiis arrêtés entêté conduits au Mans où ils ont iubi la peine dw à leurs crimes. »
Le correspondant de Saint-Afaixent déclarait le 35, à onze beures du soir, ce que sur la route de Laval, à trois lieues au delà du Mans, il y avait une plus grande quantité de cadavres que dans Le I^Jaiis même; qu'il ne les avait pas dénombrés dans la ville, mais (ju elle en était jonchée. «Nous sommes au 25. Voiià trois jours que les chariots sont occupés à les ramasser, et il en reste encore plus de mille dans les rues... cinq cents prisonniers ont encore été emmenés pour être fusillés..^ Si les brigands étaient restes au Mans, ils auraient massacré les femmes des sans-culolies. »
Le 24, il avait déjà dit : a Les rebelles ont été massacrés* On compte neuf à dix mille des leurs sur la place. Voulant se sauver sur la route de Bonnétable, une de nos armées les a forcés à rétrograder sur Laval. Depuis LeMans jusqu à Coulans, la route était jonchée de leurs morts, ils sont réduits à deux pièces de canon et un obusier. »
Le correspondant de Vibraye, Dessommes, écrivait le 33: «L^ennemi a évacué Le Mans à huit beures, et a été repoussé à quatre lieues. L'armée est entrée hier au soir à cinq heures. J ai vu fusiller quanlilè de rebelles, » Le 26, on transmettait de Vibraye aux administrateurs de Mondoubleau, les nouvelles suivantes : « Les brigands ont perdu dans leur retraite et au Mans neuf à dix mille
LES YE^liL£^S
hommes. On les amène par escouades de quinze à vingt pour les fusiller. Ils ne sonl pas trompés. »
Voici entin une dernière lettre du -26 trimaire, de UocheUe qui &élaâ traosporté au Mans :
« Encore un peu de temps et les brigands auroDl existé. a^iVÙ hommes sont à leur poursuite ; aujourd'hui, il nous arrive en outre au Mans 10,000 hommes qui vont encore après eux 1. Leurs cadavres vont engraisser nos terres, depuis Lavai jusqu au Mans. Peut-être dix milie de ces gueux se sont répandus dans les campagnes aux environs du Mans ; mais les citoyens se sont tous levés en masse pour les arrêter, ils ne se donnent même pas la ))( ine de les conduire jusqu'au Mans, ils les [usUlenù dans le lieu où ils sont pris.
« Nous attendons tous les jours des nouvelles officielles; mais le dèpartemeut n'est pas encore arrivé. Je m*y suis transporté hier au soir, ils nYioient que six: je leur demandai ce qu'il y avoît de nouveau : « Rien, m'ont-ils dit, nous attendons a chaque instant. «
« Tous les jourst au Mans^ il en est fusiUé. On les trouve dans les maisons, ils ont beau prendre la cocarde tricolore, ils sont toujours reconnus, leur figure blême est comme remplie d aristocratie. Point de grâce, point de quartier pour les coquins.
<c Le citoyen Sorin, qui est avec moi, a trouvé un autre citoyen qui étoit présent à toutes les affaires et qui vous écrit tout ce qui s'est rmssé... Vous pou«
vcz en donner lecture à votre Société, elle y verra avec plaisir comment ces coquins-là se sont sauvés avec précipitation du Mans...
« Toute leur infanterie est détruite. Quatre bas-
(1) Il s*agit ici de Tarmée du Nord, toujours annoncée, mail» qui ne viut jamais au Mans.
. y 1^ jd byGoOgtc
hA^S LA SARTHE.
sfflpds nous ont rBfgfotlé çpi'Us avoîeul éié preodre une voiture où étoienl quatre rAmtna(7ro6i.s ; ils les
ont arriiLés, ils ont voulu leur donner leur argent pour sauver leur vie, mais les hussards f ar provision leur ont pris l argent et les ont tout d'un coup fusUléSiOn criant :Vtve la Bépublique ! Vivent les sane-^oulotles! Onae mille de Tarmée du Nord les prennent en téte et les autres en queue«
« Encore une nouvelle, citoyens. H n'y a plus d'aristocrates au Mans, peut-être on apparence, lis se faisoieut une belle idée de ces brigands, ils ont été bim trcmpÉs. Excepté trois cenîs^ tout U raê$ ne sont que des pauUiards. »
Roehelle lenninait sa lettre en parlant au coinilc dèfensif de la fjuanlilc immense de rebelles répandus dans les campagnes, et l'invitait à avertir les habitants d'arrêter toutes perboiine.s s écartant des routes, même celles avec passeports, (c car les brigands en fabriquent de faux. »
Voilà l'ensemble dei> autographes (|uc j ai rencontrés relativement à la reprise du Mans par Tarniée répiiblicaine (1). Ou en trouvera plus loin quelques-uns encore plus spéciaux aux événements qui eurent lieu dans les campagnes. Sont* ce les seuls qui existent? Je suis loin de le croire. Les quelques municipalités qui ont conserve intacts leurs dépôts d'archives doivent également en posséder. J'ai reproduit pour ma part ce que m'ont donné les archives départementales du Mans^ d'Àlençon et de Blois. Celles de Mayenne n^ont et ne pouvaient rien avoir de relatif k la prise du Mans ; celles dlnclrc-ct-Loire oui malheureusement perdu, il y a pkus d'un demi-siècle déjà, la
'1) Tdns ees autographes provienseiil dès Aichives de la Saiihe» de Loiret Clier et de rorne, aurtout de la Sarihe.