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plupart de leurs pièces révolutioDuaires; ceUes de Maine-ei-Loire, fort riebe^ an contraire en ûù^ emnente de cette époque, ne peovent, eu égaré
môme à leur pictliorc, elre facilement consultées, par suite de Tabsence d'un catalogue sommaire, ou d'un classement méthodique. En un mot, si je n'ai rien trouvé dans ces trois derniers dépôts, ce n'est ni le désir^ ni la l)onne volonté qui m'ont fait défaot*
Les archives des familles doivent renfermer aussi plus d'une lettre émanée de parents du Mans, oubliée peut-être aujourd'hui, et contenant le récit de ces sanglants épisodes.
Je souhaite à d'autres de centimier les recherches que j'ai commencées, heureux, pour ma pari, d'avoir rassemblé ce contingent assez nombreux déjà, ce faisceau lumineux de pièces inédiles.
Outre ces lettres, d'autres lumières tirées de documents également inédits viennent éclairer les scènes encore obscures des jours de la déroute et donner à ces tristes journées leur véritable couleur. Ce sont les interrogatoires toujours subsistants des femmes et df s enfants vendéens prisonniers au Mans, et d'autres pièces judiciaires relatives à ces événements^ vraies reliqties vendéennes qu'aucun regard et qu'aucune main n'ont touchées jusquMci (1). Devant bientôt mettre en relief tous les (aits intéressants de ces interrogatoires, je me bornerai ici à les effleurer, et à faire ressortir quelques-unes de leurs particularités, prises au hasard, et grâce auxquelles on peut, par Induction, se re[)résenter ce que furent ces sombres misères de la défaite.
i\) Elles ont été conservées dans les anciennes Afohîvee 4n trilittirat eriminei du Mans.
DAMS LA SAR^TRE
Le jettoe Beogamm Turpeaa^ ftgède tm^ze ans, dépose qoe le vendredi , jour de la déroute^
il a vu tuer sur la place des Hallee ses père et mère et ses trais sœurs, qu'il a été conduit à rhôpital, et de là à Sainte-Croix; qu'à Tinslant où $on père reçut le coup mortel» il lui remit livres en assignats, quil enferma dans son mou-* choîr.
Pierre Pelletier, Anne Sourine pleureul leur mère, fusillée au Mans.
Flavie-Josépiiine Coulonnier, âgée de dix ans, a été, dit-on, sauvée par miracle, parce qu'elle est entrée dans la maison de la demoiselle Marie Bou*cher, près Pauber^ de la Grorx-d'Or, dont elle a vu la porte ouverte, et où elle a trouvé un chari* table asile.
Une jeune pensionnaire de l'Union (chrétienne de Luçon, qui avait fui avec ses compagnes et ses maîtresses, croit que deux ou trois pensionnaires ont été massacrées au Mans.
Une jeune fille de dix-sept ans, Renée Brossard, a été dépouillée sur la route, par les hussards, de ses vêtements de droguet bleu et blanc, et serait resiée nue sans la charité d'une fermière, qui lui a fait la cliarité d'un corset, d*un jupon dUndienne^ d*un mouchoir et d'un bonnet (1).
Pierre Laîné, âgé de treize ans et demi, a été ramené au Mans, après s'être enfui avec sa mère, fusillée dans un bois voisin de la roule, etc.
Deux prisonnières de marque, dont il sera sou-^ vent question, mesdames de Saint-Georges et d'Escravayac, racontent qu*au moment du cem*' bat elles se sont réfugiées dans la campagne, pour
(1) Des prisonnières même furent dépouillées par les municiparités des campagnes ^ siasi qne ]e le ferai voir toot an long.
LES VSNUÉBIVS .
fuirt-araiée vendéenne, qu*elles ont trouvé à un quart de lieue de la ville un asile où elles restèrent cachée cinq à six jours « pour attendre que la
fureur que le choc du combat avait excitée fût passée, sacliant que dans les premiers jours on tuail tous ceux qui avaient suivi ladite armée des brigands. » Après ce délai, elles sont allées se rendre prisonnières le nivôse (1).
Françoise Dubillard veut se sauver ^ Laval ; ëlle erre pendant trois ou quatre jours, se réfugiant dans difféfenles fermes; enfin elle va se rendre à la municipalitô de Saint-Denis-d'Orques, parce que deux volontaires lui font observer qu*elte courait risque de perdre la vie.
a Le dimanche 25, des fermiers des Etrtchés, de Saint-Aubin-lès-le-Mans, allant à Saint-Saturnin, aperçurent dans nn chnintre un brigand et cinq brigandes el les conduisirent au Mans. Les femmes donnèi*ent k leurs conducteurs les bijoux, effets el assignats qu'elles avaient, parce qu*on leur dit qu'elles seraient fouillées en chemin, et que ceux qui les renconlraient leur annonçaient qiielles mourraient peut-être même avant que d'entrer en ville. Elles furent en effet fouillées cinq à six fois sur la route* Arrivés près Bellevue et les Evais, sur la grande rouie d'AleuQon, les prison* niers furent rencontrés par un soldat, un volontaire, qui fusilla le brigand de deux coups de feu, apr^s ravoir préalablement fait dépouiller d un ^ilct couleur marron dont il était vêtu eiquil vendit aussitôt à l'un de ceux qui conduisaient les femmes. Gelles-ei furent amenées au Mans; en s^en retournant, les fermiers des Etrichés virent des hommes qui enterraient le corps du brigand
(l) Cette date est constatée par te ragiatre d*écfoa de la prison de ia mnnlcipalité.
dans m fossé près le Léard (i). &es Mènes de ce genre, ont une éloquence plus eonTaincsDie que Bien des livres. Les communes voisines du Mans^
placées entre les routes d'Alençon el de Laval, en virent s'accomplir de semblables en Irop grand nombre. En lisant les histoires des prisonnières, on en rencontrera bien d'autres, pleines aussi d'émotion et qui achèveront de montrer le peu de cas que Ton faisait de la vie bumaine dans ces jours de fureurs.
Voici encore une sanglante anecdote qui esta elle seule tout un drame.
Le ^ Irimaire, 19 décembre, la garde nationale de Brains amena à la commune de Coulans cinq brigands, dont deux femmes; Un officier municipal de Coulans voulut les faire conduire au Mans, pour être jugés. Un jeune soldat de vingt et un ans, du 31 ^ régiment, ci-devant Aunis (de ce bataillon d'Aunis, vanté par Benaben},dit qu'il fallait les tuer, et accabla de blasphèmes et de menaces de mort les officiers municipaux. 11 leur arracha les trois prisonniers à Taide de cinq de ses camarades, les conduisit dans un champ, les fit mettre à genoux, et les fit tuer par sa bande. Il foula ensuite aux pieds leurs cadavres et les frappa de crosses de fusil, après avoir menacé un officier municipal de le ftasiller à la place des Vendéens, s*il s obstinait à réclamer pour eux. 11 revint bientôt avec d'effroynbles menaces à la maison commune chercher les deux femmes. Les officiers municipaux furent inébranlables à demander grâce pour elles, et les meurtriers ayant tiré quinze
(1) Extrait de finstructloQ commencée contre ces fermiers, le l^r nivAse, d'après la dénoDciatioa da maire du Mans, qai les accusa d*avoir reçu 1,900 livres pour laisser évader les « brigaudes, » |trocédure ^ laquelle il ne fut pas donné suite.
128 LES VfiriDlîfi«Di& DAHS Lk SARTHE*
francs de la dépouille des Vendéeoa^ &'aiDiisèreQt à boire à Taoterge et oubHèrent ïe^ pauma bfi^ gandes (1).
Voilà, certes, assez do lémoignaifes inédits. Il s'agit mainieoaiit d'en faire la critique.
'1/ Exilait du jugemeat du tribunal criminel du Mans, du 51 rminal an II, qui condamne ce soldat, Joseph Beuneret.à ficux mois do prison, piir forme de correction, pour menace envers les onîciers nnHiici|iaiix, et qui constate que l'ordre était de ne point faire dequartierau\brigands.*-On voit clairement par ces deux faits que les soldats tuaient pour profiter des dépouilles des victimes. On tuait un homme pour son gilet, ou pour cioq francs. Sur les richesses que pouvaient porter avec eux quelques Vendéens, voir ce que dit de la Êimille du comte de Maillet, Nougaret, Histoire de la guerre civile «a Franee, m-8S 1803, U II, p. 335; Grille, t. U, p. 374.