‹ Les Vendéens dans la SartheChapitre 16 sur 49 · S LES VENDÉENS · texte numérisé non relu

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talHé (les délenus en germinal et floréal avec celle de prairial. Il demandait du viu pour les convalescents et la faculté pour eux d'échanger leur viande contre celte boisson fortifiante. La mortalité diminua enfin dans les prisons; aussi, le 13 thermidor, le conseil de la Commune, en recevant du citoyen Boulay, chargé de Tinhumation des morts des maisons d'arrêt et de détention, son mémoire s'élevant à 30 livres pour les deux dernières décades, décida-t-il qu'il ne serait plus payé par la suite qu'à raison des corps morls.

Le 22 floréal, on constatait que l'hôpital établi au presbytère de Sainte-Croix était malsain ; le !2o, le rapport qui fut présenté à ce sujet à la Municipalité demanda que les enfants malades fussent transférés à Tessé, où on les voit désormais rassemblés. Plus tard même, le 23 thermidor, la Municipalité autorisa le transfert, dans cette maison, des Vendéennes qui se trouvaient alors k rhôpital.

Le 17 prairial, elle demandait au district du linge pour les maisons d'arrêt, et le 29, le district Fautorisait à donner aux délenus sans ressources, les secours réclamés par Thumanité.

Le maire se préoccupait aussi de faire mettre un terme aux nombreux abus qui avaient régné dans les pnsons, de connaître le nombre des détenus, et de surveiller la tenue des registres d'écrou.

Le 7 prairial, le concierge de la maison d'arrêt de la Mission était venu signaler que le registre destiné à constater l'écrou avait sept feuilles déchirées ; il avait accusé la garde du poste. Cette lacération avait eu sans doute pour but de faciliter et de dissimuler quelque évasion, concertée avec des officiers de la garde nationale.

Ces évasions, qui avaient commencé dès les

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premiers temps, comme le montrent celles de Mlles Boguais, de Sapinaud, de Lézardière, de M»« de Vaugîrault, continuaient encore li cette (époque. Dans la nuit du 14 au 15 messidor, trois prisonnières parvinrent *a sVchapper. Deux d'entre elles étaient les fameuses captives dont j'ai longuement parlé, M™«» de Saint-Georges et tf Escra- >ayac: elles eurent pour compagne de leur fbite Jeanne Lefebvre, ancienne cuisinière de M"« de Ghevigné de TÉcorce, jeune fille de dix-huit ans, de La Boissière de Montaigu (1). Le concierge de la Mission, René Tripier, ancien maçon du faubourg Saint-Gilles, qui remplissait cette fonction depuis trois mois environ, sa femme, A.nne Papin, et leur fils, ainsi que Julien Lorry, infirmier, qui faisait depuis longtemps les commissions, furent mis en arrestation comme prévenus d'avoir favorisé l'évasion des trois prisonnières, et remplacés provisoirement par le citoyen Montanger (2).

Déposés à la maison d'arrêt, puis traduits à la maison de justice dn Tribunal, le 9 thermidor, ils furent acquittés, le 15 du môme mois, par le Tribunal criminel. L'effraction et le peu de solidité de quelques clôtures firent considérer cette évasion comme un cas de force majeure non imputable au concierge (3).

(I) Voyez t. III, p. ns et saiv.

IS) Tripier n'était concierge que depuis le 96 germinal an 11. Le 35 germinal, un rapport du district concluait que le concierge de la Mission ne convenait évidemment pas à celte place et proposait pour le remplacer Tripier, c dont les mœurs et la conduite sont généralement connues. » Tripier avait prêté serment le 96 floréal.

(3) Des concierges d'autres maisons avaient déjk été traduits pour des motifs semblables devant le Tribunal qui, le 15 germinal, avait acquitté le concierge de la maison d'arrêt de La Ferté, et le ld,le concierge et le guichetier de la maison de justice du Mans, Ambroise Tnrpin et François Guillemin»

La sixième compagnie du bataillon de la Montagne était de garde lors de la fuite des captives. Le 33 messidor, la Municipalité arrêtait que les gardes nationaux seraient responsables des évasions; aussi voit-on, quelque temps après, un mandat d'amener décerné contre les citoyens Gourmy, Ghantron et Jouanneau, qui étaient en faction lors d'une autre évasion de prisonniers^ dans la nuit du 15 au 16 thermidor. Pour empêcher les évasions de la Mission, dont les issues favorisaient les intentions des prisonnières qui désiraient s'évader, et pour éviter aussi aux citoyens de la garde nationale le service pénible de cette maison d'arrêt, qui suscitait leurs plaintes exprimées devant le conseil de la Commune par le commandant Rocheteau, la Municipalité décida, le 17 messidor, que les Vendéennes seraient traduites aux Ursules.

Cette maison, située dans Tintérieur de la ville et d'une surveillance plus facile, servait de prison pour les femmes suspectes et les religieuses insermeutées, mais elle avait ouvert ses portes à beaucoup de ses captives. Le 8 floréal, le Comité révolutionnaire remarquait que toutes les citoyennes détenues, en état de payer, étaient sorties de la maison de détention des Ursules, et représentait à la Municipalité l'inutilité d'un poste et la vexation des citoyens chargés de monter la garde en cet endroit (1).

arrêtés ^ raison d'une évasion du 5 ventôse. — On voit, le â5 thermidor. Tripier demander des secours à la Municipalité. Ambroisc Turpin, après son acquittement, reprit les fonc> tions de concierge de la maison de justice de l'ancien palais. Il fut remplacé, le 6 vendémiaire an III, par Cbauvin.

(1) Les incarcérations des femmes suspectes avaient été nombreuses aux Ursules, en octobre 93, et celles des religieuses insermeutées en ventôse an II; le -23, avaient été

Lé district autorisa la Commune du Mans à procéder au transfert des détenues, à charge de les faire visiter par un officier de santé, attestant qu'elles n'étaient pas atteintes de maladies contagieuses. Dans le cas contraire les prisonnières ne devaient pas être transférées.

Le 19 messidor, la Municipalité chargea les membres de son quatrième bureau.de l'exécution de cet arrêté.

Toutes les détenues furent extraites de la Mission ; quatre vingt -une furent transférées aux Ursules, et trois malades à Thôpital de la Visitation.

On Voit que les mises en liberté avaient été nombreuses. Elles ne s'étaient cependant étendues que par de rares exceptions aux prisonnières audessus de dix-huit ans. On trouve mentionné plus d'une fois, sur les registres, que la permission de Garnier est bornée définitivement aux captives de cet âge. Aussi, parmi les sœurs d'une même famille, qui avaient été déposées à la Mission, celles qui ne dépassent pas dix-huit ans obtiennent-elles seules de sortir de la prison. Cependant les juges ne furent pas tout d'abord a cet égard d'une extrême rigueur, sans parler de leur indulgence envers les subterfuges des prisonnières qui se rajeunissaient à l'envi. On voit indiquées comme sorties Louise Germain, âgée de vingt ans, domestique à Bréchaussée ; Marie Soulart , vingt et un

iiiflsircérées les religieuses de Sablé; le 39, celles da Mans. Cette prison renferma du reste des détenues de toute espèce ; on y voit> pèle-mèle, des femmes de Saint-Mars-sous-BaUon, arrêtées comme fanatiques, d'autres du Mans, arrêtées comme ultra-révolutionnaires après l'affaire des Bazinistes; des flUes prévenues de prostitution, des voleuses, etc. — On sait que les détenues riches payaient pour les pauvres, et que Garnier de Saintes consentit k la mise en liberté des prisonnières qui sesoomirentcaux offrandes volontaires, » devenues pour elles une sorte de rançon.

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