SH LES VENDÉENS
reraient fixés provisoireinent, sauf approbation des représentants, à trente sols par jour, et à dix sols par lieue à titre de secours de route alloué aux réfugiés pour se rendre ai>x destinations qui leur seraient assignées (1).
Bientôt afQuérent au Mans, comme dans les autres villes du département, les réfugiés des différentes paroisses de la Vendée, et surtout ceux de Gholet et des environs. La Municipalité leur délivra des billets de logement chez les particuliers, où ils reçurent leurs indemnités en subsistances. Les habitants virent arriver à regret rhez eux ces nouveaux hôtes qui étaient mis à leur charge, et que l'exaltation qu'ils déployaient ne contribuait pas à rendre sympathiques au plus grand nombre. Ils avaient eu à soufTirir eux-mêmes de rinvasion vendéenne et aspiraient à recevoir des indemnités qui ne vinrent jamais (2). Ace moment
(1) Elirait da registre des délibérations de Tadministration du département de la Sarthe^ imprimé chez Merruau, S p. in-4«».
(?) Peo de temps après la déroate des Vendéens, les habitants du Mans avaient été invités à r<iire ii leurs sections respectives la déclaration du montant des pertes, dégâts et dommages qu'ils avaient en à supporter dû fait de l'invasion. Les lois des 90 février, 7 août, !•' brumaire, etc., leur donnaient l'espoir de recevoir des indemnités. Le 31 pluviôse, les administrateurs du département écrivaient au ministre de l'Intérieur, Paré, pour l'inviter k appuyer auprès de I9 Con. vention la demande de secours provisoires formée par Gar. nier de Saintes en fivenr de ceux « qui avaient été pillés par les Brigands. > Le 39, le ministre de l'Intérieur répondait qu'il avait soumis le 9 ii la Convention une demande de cette nature, plus générale, s'élevantà un crédit de 10 millions. Le 14 ventôse, un décret de l'Assemblée votait en effet un secours de SO millions en faveur des citoyens qui avaient eu à souffrir des ennemis de l'intérieur ou de l'extérieur. Des commissaires du conseil etécntif provisoire furent envoyés d9Q9 les départements a IVfet de faire constater les per^s,
la disette se faisait sentir au Matis plus cruellement qqe jamais, et il fallut prendre bientôt de nouvelles mesures pour rendre moins lourd aux habitants i!ela ville le nouveau fardeau qui venait d*élre ajouté encore à ceux dont les avait gratifiés rère de la Terreur. Le 26 germinal, vu la disette, le département statua que ceux des réfugiés, qui ne seraient pas jugés propres à travailler aux manufactures, devant être établies dans la commune du Mans, seraient disséminés dans les municipalités où la disette se faisait moins sentir et y recevraient les secours fixés. Aussitôt rendus dans les lieux désignés, ils devaient faire viser leur passeport. Les municipalités étaient invitées à leur donner protection, logement, et Jes secours dus à leur infortune. Le district était chargé de prendre
Dans la Sarlhe« comme ailleurs, ce fareot autant de boutefeux du jacobinisme ; ils prirent hautement le partili la Société populaire des ultra-révolutionnaires que Garnier de Saintes avait envoy<^s au tribunal de Fouquier-TInville, et tentèrent de réveiller lés partisans de bas étage qu'ils avaient conservés dans la commune du Mans. Leurs principales opérations traînèrent en lenteur, et les indemnités ne vinrent jamais. Le 13 vendémiaire an III, la Muîiicipalité da Mans envoyait une nouvelle adresse à la Convention, afin d'obtenir des secoars en faveur des victimes de l'invasion. Dix mois plus tard, le 8 thermidor an III, la Commission des secours publics mit bien k la disposition du district du Mans une somme de 180,479 fr. 5 sous, pour acquitter le premier tiers des indemnités dues aux habitants des dix-neuf communes de son ressort qui avaient éprouvé des dévastations de la guerre de la Vendée ; mais le district du Mans, pas pins que celai de La Flèche, ne disposa des sommes ^ eux allouées. Les fonds n'ayant pas été distribués avant la suppression du papier-monnaie, l'autorisatipn de payer demeura nulle, ainsi que le faisait savoir au ministre le trésorier du département, Loisilière, en réponse à une lettre du 15 thermidor an V, de Fettange, marchand de vin an Mans, ancien membre du Comité révolutionnaire, qui se plaignait delà qoq distribtttioq aw çeçour^.
4K8 . LES VENOÉENS .
des mesures pour leur faire payer le montant des secours accordés, qui ne devait pas leur être donné plus de dix jours à l'avance.
Les réfugiés restés en ville n'en étaient pas moins supportés impatiemment par la population qui murmurait contre leur oisiveté. Aussi le représentant Garnier de Saintes, pour remédier à cet état de choses, prit-il, le 4 floréal, l'arrêté suivant :