SCÈNE VIII
LES MÊMES, LOZET.
LOZET, se montrant tout-à-coup. — Ah !
ah ! les amoureux, on vous surprend, hein ? {Louise et le capitaine se lèvent.)
LÉON. — Nous n'avons pas raison de craindre les regards de personne
LOZET. — Et pourquoi vous cachez-vous, séducteur de filles ? Vous devriez rougir ! Entraîner comme ça une jeunesse imprudente dans les bois, sur les grèves
quelle horreur ! Ah ! je me défiais de
vous, et j'avais raison.
LE CAPITAINE.— Vous êtes aussi bien
que moi la victime de deux scélérats
Ils me calomnient, et ils trompent votre bonne foi
LOZET. — Je ne me laisse tromper par personne. Je sais ce que je sais et je vois ce~que je vois !
LE CAPITAINE— J'ai toujours respecté Louise, parce que je l'aime et que je suis honnête homme.
LOZET. — Vous, un honnête homme ?
Vous ?
LOUISE, à son père. — 0 mon père !
mon père ! assez !
LOZET, repoussarit Louise. — Toi, laissemoi tranquille ! fille ingrate ! Va-t-en à la maison. {Louise baisse la tête) {au capitaine). Ah ! je t'ai reçu chez moi et tu
veux déshonorer ma maison ! Tu
trouble mon bonheur, la paix de ma famille 1 Malheur à toi ! jeune homme !
malheur à toi ! je ne sais ce qui m'empêche de te {il ferme les poings et
menace Léon, Louise se jette dans ses bras, il la repousse de nouveau). Va-t-en, te disje ! va-t-en à la maison, fille perfide et dé naturée . . . {Louise s1 éloigne en pleurant.)
LE CAPITAINE, à Louise. — Adieu, Louise, adieu ! {Louise se détourne et lui jette un long regard d'adieu.)
LOZET. — Oui,tu peux lui dire adieu ; car je vous le jure, vous ne vous re verrez jamais ou je ne m'appelle pas Jean
Lozet. Ah ! tu vas apprendre qu'on ne brûle pas les granges impunément, canaille que tu es ! c'est toi qui as brûlé ma
grange, l'hiver dernier, je le sais !
j'en ai la preuve !
LÉON. — Père Lozet, la colère vous ôte la raison.
LOZET. — Je sais ce que je dis aussi bien que toi ! Et si le gouvernement ne t'arrête pas comme rebelle, je t'arrêterai, moi,
comme incendiaire Et ça ne sera pas
long. Tu peux faire ton paquet, gueux
que tu es ! (7/ s'éloigne.) Ah ! tu vas
voir ce que c'est que le père Lozet quand il se fâche ! Cil disparait.)