SCÈNE VIII
RUZARD.
RUZARD. — Oui ! j'ai triomphé. Je me
marie ! Le père Lozet me donne son
bien !... Le notaix'e vient ce soir faire les arrangements... Ah ! j'oubliais... (Il porte les mains à sa tête.) J'oubliais la promesse
que je viens de faire à Tonkourou !
Renoncer au bien . . . renoncer à l'argent ! . . .
Non ! ce n'est pas possible ! Maudit
Tonkourou, pourquoi es-tu revenu troubler mon bonheur ?... Prends garde à toi, vieux coquin ! prends garde à toi ! — Je te ferai partir pour un plus long voyage !... Je l'aurai la terre du père Lozet ! oui, je
l'aurai ! Il ne peut pas la donner à
d'autres qu'au mari de sa fille... Et demain
je serai le mari de Louise ! Je l'aime
Louise... Oui ! je sens que je l'aime maintenant... et je tuerais celui qui voudrais me la ravir Elle a oublié le capitaine
Léon Et quand même elle penserait
à lui de temps en temps, il ne reviendra
jamais ça fait que je m'en fiche pas
mal mais cette pauvre petite Bibaud !
Bah ! je serais bien fou de m'en occuper... pourquoi m'a-t-elle aimé ? c'est bien sa faute ! . . . j'ai eu diablement du bonheur depuis deux ans. . . Louise s'est fait prier un peu.... N'importe ! La prière obtient tout . . . Non-seulement du ciel, mais de. . . (On entend une voix).