RUZARD, LE PERE BIBAUD, PETIT PAUL
Le Père BIBAUD, (sans être vu.) — Ah !
gueux ! je te tiens ! je te tiens ! [Ruzard se détourne, il aperçoit le père Bibaud, il veut s'en aller.']
Le père BIBAUD, en en'rant. — Arrête un peu, mon garçon, que je te parle .... Ah ! c'est comme ça que tu te comportes à l'égard des jeunes filles ! . . . On va voir si tu t'en claireras de même !
RUZARD, (revenant).— Quoi, père Bibaud, qu'est-ce que vous me chantez-là ?
Le Père BIBAUD. — Ce que je te chante ? tu vas le voir... . Ah ! tu n'es pas marié encore ... tu n'es pas marié ! . . .
RUZARD.— Je le sais bien !
Le Père BIBAUD. — Et je m'en vais voir M. le Curé ; je vais tout lui conter. . . et
je mets l'arrêt snr les bancs ! Ah ! on
ne se moque pas comme ça du père Bibaud. (Petit Paul Laperche arrive en courant.)
PETIT PAUL (riant et se frappant dans les mains. — Souque ! souque !
RUZARD. — Je me moque de vous !
PETIT PAUL.— Souque ! souque !
Le Père BIBAUD. — Si Lozet te connaissait comme je te connais !
RUZARD. — Vous êtes jaloux parce que je ne marie pas votre fille
PETIT PAUL.— Souque ! souque ! sou-
que ! (Langlois arrive d'un côté, Vidal de Vautre.)
BIBAUD. — Ma fille? Quand même tu la voudrais, à cette heure que je te connais, tu ne l'aurais pas ! .. . LANGLOIS, à Petit Paul. — Qu'est-ce qu'il y a donc ?
PETIT PAUL.— Une bataille de coqs !...
BIBAUD, à Petit Paul— Tais-toi, toi, petit polisson !
KUZAKD. — Ce n'est pas malaisé de faire taire les enfants
BIBAUD, donnant un coup de poing à Ruzard. — Tiens ! canaille ! crois-tu que j'ai peur de toi ?.. . je suis vieux, mais je
n'ai pas peur d'un homme encore !
{Ruzard va 'pour frapper Bibaud, Langlois et Vidal s'interposent.)
LANGLOIS.— Pas de bataille.
VIDAL. — Euzard, la veille de ton mariage ! Tu n'y penses pas.
BIBAUD, se retirant. — Je te rejoindrai, va !