SCÈNE I
JEAN LOZET.
LOZET, se frottant les mains de joie. — Enfin ! on les marie, ces bons enfants, on les marie! Je savais bien que Ru zard deviendrait mon gendre ! .... Je le savais bien ! quel bon garçon ! quel beau caractère ! Et dire que je ne le connaissais pas encore comme il faut ! Non ! je ne le connaissais
pas bien C'est hier soir, seulement, que
j'ai pu apprécier toute la grandeur de son âme, toute son abnégation, toute sa noblesse. Ah ! ils sont rares les gens de cette trempe-
là ! Je sens que je vais l'aimer comme j'aurais aimé mon propre enfant Refuser
d'accepter de l'argent! refuser d'accepter
mon bien! Oui, il a refusé d'accepter
la donation que je voulais lui faire par devant notaire ! Ah! quels beaux sentiments ! comme c'est délicat ! Y en a-t-il
un seul dans la paroisse qui aurait fait te même chose ? . . . . Ce n'est toujours pas cet
aventurier de capitaine Léon Ah ! pour
celui-là, le ciel m'en a débarrassé dans le bon temps.