SCÈNE IX
LOZET. — C'est mieux d'aller à pied....
c'est mieux !•.
RUZARD. — Les chemins sont si beaux !
LANGLOLS. — Et puis il n'y a pas loin...
La mère LOZI?r, (embrassant sa fille.) Que le bon Dieu te bénisse, ma fille !
LOZET. — En route ! en route ! fais-nous
un bon fricot, la bonne femme ! C'est
moi qui vas le premier avec la mariée
Viens, Louise. (Louise prend le bras de son père. Le marié va le dernier avec son père.)
Le père BÉLANGER. — C'est cela, précisément.... (Ils se mettent deux par deux Lezet sort avec Louise ; les autres suivent.
Léon s'avance de quelques pas, tout à coup un cri sort de sa poitrine.)
LÉON. — Louise ! Louise !
LOUISE, (aperçevant Léon.) — Ah !
(Elle tombe dans les bras de son père.)
LOZET. — Qu'est-ce que cela veut dire ?
(reconnaissant Léon.) Quoi ! vous ici ? Vous n'êtes pas mort ?
AUGER, se jetant au cou du capitaine. — Mon capitaine ! mon cher capitaine ! Pas
mort ! bateau ! pas mort ! ah ! ça va
changer ! bateau !
LÉON. — Mon cher Auger ! .. ah! je suis bien malheureux ! (Il s'avance vers Louise et met un baiser sur son front.) Ah ! elle m'aimait donc encore !
LOZET (repoussant Léon.) — Allez-vousen ! allez-vous-en ! Vous n'avez pas d'affaire ici !
RUZARD, (à part, manifestant une grande surprise.) — Est-ce le ciel ou l'enfer qui l'amène ici ?
LOZET, (portant Lôuise à la maison et la déposant sur un Ut.) — Maudit capitaine ! Je te ferai décamper, moi ! ah ! tu n'es pas mort ! Tu aurais aussi bien fait de mourir !
Mad. LOZET. — Mon Dieu ! Louise !
le capitaine ! ah ! (Elle entoure de ses
bras la tête de Louise évanouie.)
LÉON, resté seul en dehors de ta maison — Adieu ! Louise ! adieu !
AUGER, dans la porte.— Tas d'adieu !
mon capitaine, vous la reverrez !
LOZET.— Qu'il y vienne la revoir !
RUZARD.— Malédiction !
AUGER. —C'est ma fille plus qu'à vous, je suppose !
LOZET.— Je vous fiche à la porte !
LÉON (s* éloignant.) — Adieu ! je porte
malheur à tout ce qui m'eiivironrie !
( 77 âïsparait. Auger le suit.)
RUZARD (à part.)— Oh ! s'il rencontre Tonkourou, je suis perdu !
LOZET à Ruzard. — Ne te décourage pas. Ce ne sera rien. . . Un petit orage. . . . On ne joue pas ainsi avec le père Jean Lozet... Je t'ai donné ma fille, tu l'auras.
RUZARD (à part.)— Oh ! que l'enfer
m'inspire ! (Lozet marche, Une semble
plus voir personne et a l'air furieux.)
LOUISE, dans le délire. — Ah ! qui donc
me brûle ainsi ? Va-t-en ! va-t-en, Ru
zard !.... je ne suis pas ta femme ! Non, je suis la femme du jeune capitaine ! . . . .
Le père BÉLANGER. — Elle a le délire.
LES AUTRES.— Oui !
LOUISE.— Où est-il, mon époux ? Ma mère, défendez-moi ! . . . le même tombeau pour nous deux !
La MERE LOZET, embrassant sa file. — lie suis ici, ma Louise, je suis ici, ne crains rien !
LOUISE, portant lamain à son fron* et paraissant s'éveiller. — Ah ! j'ai fait un rêve
affreux ! Mais, (elle regarde autour
d'elle avec effroi) qu'y a-t-il donc ?... que m'est-il arrivé ? . . (elle jette un cri) Ah !....
je me souviens ! Il est ici je suis folle !
mon Dieu ! suis-je folle ?. . . . Léon ! est-il venu?
Mad. LOZET.— Oui, il est venu.
LOUISE.— O mon Dieu ! (elle pleure à chaudes larmes.)
Le père BÉLANGER.— Elle est sauvée, maintenant, elle pleure.
RUZARD, à part. — Et je suis perdu !.. . ( Tonkourou entre.)