BRIAN.XE
Et les notes confidentielles du premier ingénieur ?
Et les reçus, les petits reçus que je vous ai remis l'autre jour ?
CARRIER
Faisons tout disparaître, bien vite.
KLOBB
Oui, oui, au feu! [Ils vont au coffre-fort^ mais Vernières s'est placé devant.)
CARRIER
Otez-vous de là, Vernières !
VERNIÈRES
Non ! {Stupeur.) Vous voulez brûler des papiers compromettants pour nous et sur lesquels on appuierait de terribles accusations, soit... détruisons ces pièces dangereuses. Nous ne sommes pas à une illégalité près, n'est-ce pas? Je
veux bien tricher avec la justice, mais non avec nos obligataires. A eux, nous devons Tentière réparation de nos fautes. Cette responsabilité-là, je ne souffrirai pas qu'on Tescamote. {On proteste.) Je n'accepterai de commettre une nouvelle indélicatesse que si elle doit bénéficier cette fois à nos porteurs de titres. Oh ! ne discutons pas... J'ai pris une résolution inébranlable. Et le temps presse : vous l'avez dit vous-même.
LE BARON
Enfin, qu'est-ce que vous voulez?
L'engagement que nous restituerons les sommes perdues au jeu.
CUAUVELOT
Vingt millions contre des torchons de papier?
VERNIÈRES
C'est la rançon.
CHAUVELOT
J'aimerais mieux passer en correctionnelle.
KLOBB
Nous ne devons rien !
CARRIER
Nous ne payerons rien !
BRIANNE
Des sommes que nous n'avons pas touchées.
LES VENTRES nOUKS 191
VERNIÈRES
Les tribunaux nous condamneraient à les rendre.
■ CIIAUVELOT
Peut-être. Il faudra qu'on nous fasse un procès. C"est six mois de gagnés.
KLOBB
Et nous aurons le temps de faire disparaître nos valeurs. Ni vu, ni connu.
VERNIÈRES
Je le sais bien. Voilà ce que je ne veux pas.
TOUS
Il est fou 1 Ne discutons plus avec lui.
CARRIER
Laissez-moi ouvrir ce cofTre-fort.
KLOBB
Avoir gâché trois ans de notre vie et donner de largent !
VERNIÈRES
Vous en avez assez gagné à la « Nouvelle Afrique »...
CHAL'VELOT
Et perdu, en jouant pour notre compte personnel.
VERNIÈRES
Nos prêteurs qui n'ont pas joué perdent trois cents millions.
CUAUVELOT
Je suis dans les affaires depuis plus de quarante ans. Jamais je n'ai entendu raisonner ainsi.
VERNIÈRES, tirant une lettre de sa poche. Vous ne toucherez à ces papiers qu'après avoir écrit chacun une lettre pareille à celle-ci. TOUS, se rapprochant.
Qu est-ce que c'est?
LE BARON, lisant.
Une lettre au syndic I CARRIER, regardant par-dessus V épaule du baron. Vous mettez cette somme à sa disposition ?
LE BARON
Mais le syndic n'est pas nommé.
/ VERNIÈRES
Il peut l'être dans quarante-huit heures.
CHAUVELOT
Ceux qui signeront cette lettre, reconnaîtront clairement qu'ils ont ordonné les achats.
CARRIER
Ce que vous demandez est idiot. Otez-vousde là.
VERNIÈRES
On n'ouvrira pas ce coffre-fort !
CHAUVŒLOT
Ah I les honnêtes gens dans les affaires !
LES VENTRES DOKÉS 193