ACTE 1, SCÈNE I
Agite sourdement le levain des vengeances.
Dans l’ombre à nous servir le peuple est disposé
Nos conjurés d’un mot auraient tout embrasé , Craignant que sa fureur par le temps refroidie N’offrît plus d’aliment à ce vaste incendie.
Vous arrivez enfin
PROCIDA
Mon fils est-il instruit ?
SALVI ATI.
Par quelques faits brilians ce Montfort l’a séduit. Tous deux ils sont liés d’une amitié sincère ,
Et pour lui nos desseins sont encore un mystère.
PROCIDA
Mon fils serait l’ami....! Quel est donc ce Français?
S ALVIATI.
Superbe , impétueux , toujours sûr du succès ,
Il éblouit la cour par sa magnificence ,
Pousse la loyauté jusques à l’imprudence ;
Il pourrait immoler , sans frein dans ses désirs ,
Sa vie à son devoir , son devoir aux plaisirs.
Son premier mouvement loin des bornes Ken traîne ; Aisément il s’irrite et pardonne sans peine ,
Ne saurait se garder d’un poignard assassin.
Et croirait l’arrêter en présentant son sein.
PROCIDA
Et voilà ces vertus que Lorédan estime !
Mon fils peut caresser la main qui nous opprime!
Mois il vient, laisse-nous; va dire à nos amis Que l’espoir du succès leur est enfin permis.