‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 6 sur 59 · ACTE 1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I

Agite sourdement le levain des vengeances.

Dans l’ombre à nous servir le peuple est disposé

Nos conjurés d’un mot auraient tout embrasé , Craignant que sa fureur par le temps refroidie N’offrît plus d’aliment à ce vaste incendie.

Vous arrivez enfin

PROCIDA

Mon fils est-il instruit ?

SALVI ATI.

Par quelques faits brilians ce Montfort l’a séduit. Tous deux ils sont liés d’une amitié sincère ,

Et pour lui nos desseins sont encore un mystère.

PROCIDA

Mon fils serait l’ami....! Quel est donc ce Français?

S ALVIATI.

Superbe , impétueux , toujours sûr du succès ,

Il éblouit la cour par sa magnificence ,

Pousse la loyauté jusques à l’imprudence ;

Il pourrait immoler , sans frein dans ses désirs ,

Sa vie à son devoir , son devoir aux plaisirs.

Son premier mouvement loin des bornes Ken traîne ; Aisément il s’irrite et pardonne sans peine ,

Ne saurait se garder d’un poignard assassin.

Et croirait l’arrêter en présentant son sein.

PROCIDA

Et voilà ces vertus que Lorédan estime !

Mon fils peut caresser la main qui nous opprime!

Mois il vient, laisse-nous; va dire à nos amis Que l’espoir du succès leur est enfin permis.

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