‹ Les vepres siciliennes, tragedie en cinq actes, précédée du Discours d'ouverture du second théatre françaisChapitre 9 sur 59 · PROCIDA, LORÉDAN, AMÉLIE · texte numérisé non relu

PROCIDA, LORÉDAN, AMÉLIE

Mes bras vous sont ouverts; venez, chère Amélie....

AMÉLIE

Ah' seigneur! ah! mon père!

PROCIDA

OÙ suis-je? ces srceens D’un transport douloureux font tressaillir mes sens.... • Est-ce toi, Conradm, ou ta vivante image?

Oui , voilà son regard ! c’est son touchant langage ; Cette grâce éclatait sur ses traits imposans,

Quand je l’ai vu mourir à la fleur de ses ans.

AMELIE.

Hélas !

LORÉDAN

Vous irritéz les tourmens qu’elle endure.

PROCIDA

C’est toi qui m’as forcé de rouvrir sa blessure.

Je le dois pour guérir ton esprit aveuglé

Des soupçons offensans dont l’amour l’a troublé.

AMÉLIE

Il me soupçonne, 6 Dieu!

Par uft récit fidèle

Puissé-je raffermir ta haine qui chancèle!

. Puisse une juste horreur te saisir comme moi,

Au nom du meurtrier que tu nommes ton roi!

Écoutez-moi tous deux; à son heure dernière, Conradin m’adressa cette courte prière :

« Parmi des inhumains j’abandonne ma sœur;

» Vivez, qu’à sa jeunesse il reste un défenseur;

» Qu’elle soit votre fille, et qu’un jour l’hyménéc » Au sort de Lorédan joigne sa destinée. »

Je promis d’obéir; mais j’enviai la mort Du jeune Frédéric qui partagea son sort.

Il s’exilait, mon fils, d’un illustre héritage,

Pour combattre à seize ans sous un roi de son âge ; L’échafaud l’attendait, il y monte, et soudain Je vois rouler sa tête aux pieds de 'Conradin.

Votre frère.... Ah! combien sa douleur fut touchante!

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