Thorpe, Ancient laws, t. II. p
« Pour nous, dans l'Église d'An- « gleterre, nous observons toujours « le jeune du premier mois dans la « première semaine du carême, nous « fondant sur l'autorité de notre « précepteur saint Grégoire, qui l'a « ainsi réglé dans l'exemplaire qu'il « nous a transmis de son Antipho- « naire et de son Missel par l'entre- « mise de notre pédagogue le bien- « heureux Augustin ».
« Hoc autem ieiunium (quarti « mensis) idem beatus Gregorius « per praefatum legatum inAnti- « phonario suo et Missali, in « plena hebdomada post Pente- « costen., Anglorum Ecclesiac « celebrandum destinavit. Quod « non solum nostra testantur An- « tiphonaria; sed et ipsa quae « cum Missalibus suis conspe- « ximus apud apostolorum Pétri « et Pauli limina >k (Patr. lat.
ibid. — Haddan & Stubbs, p. 41 1- 412. — Thorpe, p. qb).
<t Ouant au jeûne du quatrième « mois, c'est encore saint Grégoire « qui par le même envoyé, dans son « Antiphonaire et son Missel a dési- « gné la semaine qui suit la Pente- « côte comme celle où l'Eglise d'An- « gleterre devait le célébrer. C'est << ce qu'attestent non seulement nos « Antiphonaires à nous, mais aussi « ceux que nous avons regardés « avec leurs Missels correspondants « dans les basiliques des saints « apôtres Pierre et Paul ».
Pour se débarrasser de ces deux passages, M. Gevaert émet une double supposition :
(( En premier lieu, dit-il, l'attribution du Dialogus à l'évêque « Egbert n'est nullement fondée. Déjà au dernier siècle le célèbre (( écrivain ecclésiastique Mansi a signalé entre le Dialogus et le « Poenitentialis (un ouvrage d' Egbert dont l'authenticité n'est pas (( contestée) de graves discordances sur un point dogmatique n .
M. Gevaert prend tout juste le change. S'il y a un ouvrage d'Egbert dont l'authenticité aujourd'hui ne soit pas contestée, c'est bien le Dialogus. Pour le Poenitentialis, sa cause est actuellement abandonnée par tous les savants.
La chose demande une brève explication. Mansi, en effet, a douté de l'authenticité du Dialogus, et cela parce que la validité du baptême conféré par un prêtre indigne y est défendue, tandis qu'elle est niée implicitement dans le Pénitentiel. Mais en même temps, il avoue qu'il n'a trouvé personne qui ait avant lui douté de l'autorité du Dialogue (^). Bien plus, il permet de douter de l'authenticité du Pénitentiel (-), qui se trouve en désaccord sur un point avec un autre ouvrage d'Egbert, authentique d'après lui, le De remediis peccatorum .
Ainsi, la manière dont s'exprime Mansi témoigne d'un égal embarras à l'endroit du Dialogus et du Poenitentialis ; ne pouvant recourir aux mss. anglais, il dut renoncer à trancher définitivement la question. Mais depuis, autant le Dialogus a gagné, autant le Poenitentialis a baissé dans l'estime des savants. Voici le jugement des autorités « les plus récentes » et les plus compétentes.
Wright, Biog. Brit. lit. (1842), I, p. 3o2, dit que nous avons encore le DialogiiQ De Ecclesiastica institutione composé par Egbert bientôt après son ordination épiscopale (■'). P. 304, parlant des autres ouvrages attribués à Egbert, il les regarde comme non authentiques, professant ainsi implicitement sa croyance à l'authenticité du Dialogus.
Le nouvel éditeur de dom Ceillier (1862), Hist. des auteurs ecclés. XII, 65 :
« Les deux recueils pénitentiaux appartiennent au temps d'Egbert, mais ils ne paraissent pas être de cet évêque » .
Haddan et Stubbs, Councils and ecclesiastical documents relatingto Great Britain . Lond. (1871-72), t. III, p. 403 :
« Cet ouvrage (le Dialogus) est généralement reçu comme « authentique, le seul doute soulevé à ce sujet à cause de ses discor- « dances avec les Excerptiones Egberti disparaissant, puisqu'un
(ij « Num certum hoc sit Ecgberti opus, quanquam neminem offendi qui de illo dubitaverit, attamen dubius aliquantisper haererem etc. » (Patr. lat. LXXXIX, 38o).
(2) (( Num sincerum sit opus Ecgberti ambigi qiiidein posset, ex eo coniectura « deducta, quod pro interfectoribus modus alius imponatur poenitentiae, quam « sit in cap. 3 libelli de Remediis peccatorum, Ecgberto a me superius vindicati )> « (Ibid. 379).
(■5) « Soon after his ordination to tlie prelacy, lie composed his Dialogue De Ecclesiastica Institutione, which is still preserved ».
DE LA TRADITION GRÉGORIENNE By
(( examen plus attentif montre que ce dernier ouvrage n'est pas du (( tout d'Egbert » (').
Schmitz, Die Biissbïicher und die Bussdisciplin derKirche (i883) p. 569-70, ne voit dans le Pénitentiel opposé au Dialogue, qu'une compilation fabriquée au IX*^ siècle à l'aide du Pénitentiel d'Halitgaire de Cambrai (817-831), et donnée par le faussaire comme une traduction faite par Egbert lui-même sur un texte latin plus ancien
En effet, les manuscrits du prétendu Pénitentiel d'Egbert portent en tète cette inscription :
« Haec capitula Egcbyrhtus archiepiscopus Eboracensis trans- (( tulit ex latino in anglicum, ut indocti ea facilius intelligere (( possent » (2).
Ainsi, dans l'hypothèse même la plus favorable, le Pénitentiel ne serait donc pas l'œuvre personnelle d'Egbert ; ce serait tout au plus une traduction. Dans la 2^ partie du I^r livre, ch. 6, un certain (( saint Isidore » en est donné ibrmellement comme le véritable auteur :
(( Sanctus Isidorus, qui librum hune composuit, etc. » Pair. lat. LXXXIX, ^i3 p).
Le Dialogus, au contraire, se révèle au premier abord comme l'œuvre essentiellement personnelle d'un évêque anglais s'adressant à ses frères dans l'épiscopat. De plus, il renferme des traits qui conviennent parfaitement au temps et à la situation d'Egbert. Par exemple, la onzième question suppose évidemment cette condition
(i) « This work... is generally received as genuine, the single doubt thrown « upun it h\ the fact of its variations from the Excerptiones Egberti disappea- « ring, as doser examination shows the latter work not to be Egberts at ail ».
(2) Pair. lat. LXXXIX, 402, not, a ; Schmitz. op. cit. 5jo, not. i. Ce dernier auteur ne fait que reproduire les conclusions de Wasserschleben (Die Bitssoi'dnungen der abenlàndischen Kirche. p. 48), qui a mieux que tout autre approfondi les questions relatives aux divers Pénitentiels.
{■••] Depuis la rédaction de ce passage, j'ai voulu approfondir davantage cette question si compliquée des ouvrages d'Egbert. Voici les conclusions de cette étude, pour ce qui nous regarde : 1" Le texte opposé par M. Gevaert au Dialogus ne fait pas proprement partie du Poenitentiale, mais bien d'un ouvrrage à part, désigné aujourd'hui sous le titre de Confessionale Egberti ; 2° Ce Contessinnale se compose d'extraits du Pénitentiel de Théodore, du vrai Pénitentiel d'Egbert publié par Wasserschleben, p. 281 , et par Schmitz, p. SyS, avec un ou deux chapitres additionnels d'après deux compilations franques d'époque postérieure ; 3'^ Le texte opposé au Dialogus est précisément extrait du Pénitentiel de Théodore :
abusive de certaines fondations monastiques, si énergiquement stigmatisée dans la lettre écrite par le vénérable Bède à Egbert (') vers 734, à l'époque môme de la composition du Dialogue.
La question des Quatre-Temps eut aussi besoin d'être réglée du vivant d' Egbert dans le second concile de Cloveshoe en 747, décret XVIIl(^).
Enfin, comme le fait remarquer Stubbs, à part le doute non fondé soulevé par Mansi, jamais personne n'a apporté la moindre raison contre l'authenticité du Dialogue.
Reste, comme dernière et unique ressource, l'hypothèse d'une interpolation. M. Gevaert émet ainsi son sentiment à ce sujet :
« Ensuite, dit-il, les passages en question se décèlent deuxci mêmes, par leur rédaction et leur manque de liaison avec le reste. « comme étrangers à l'écrit primitif. Je n'y puis voir que des « annotations marginales de quelque moine ou clerc anglais du « IXe ou du Xe siècle, jointes plus tard au texte du Dialogus »
En vérité, je serais curieux de savoir comment et pourquoi la (( rédaction » de ces passages les dénonce « comme étrangers à l'écrit primitif ». C'est un point sur lequel il serait difficile de raisonner ; passons.
Le « manque de liaison », c'est autre chose. Il semble bien, au contraire, que les passages incriminés se lient de la façon la plus étroite à tout ce qui précède.
La question est celle-ci : Quand faut-il célébrer les jeûnes des Quatre-Temps, est-ce au commencement des premiers mois de chaque saison, ou bien autrement? Ouelle est à ce sujet la pratique
Confessionale Pseudo-Egberti Poenitentiale Theodori
Cap. XVII. Lib. II, c. 2, § 12.
Si qiii's a foniicante pre&bytero Presbyter foniicans si postqi(am com-
bapti^atus fuerit, staiim itennn bapti- pertum fiierit bapti^averit , iterian bapti-
i^etur. ^entitr illi qiios baptiiavit.
(Wasserschleben, p. 3o8 ; Thorpe. (Wasserschleben, p. 2o3 ; Patr. lat.