‹ Les Vernet, Joseph-Carle-HoraceChapitre 20 sur 53 · HORACE YEUX ET · texte numérisé non relu

HORACE YEUX ET

versant sous un figuier, vendue 8.000 francs à lord Pembroke, la Prise de la Kasbah de Bône, une Chasse au sanglier en Algérie. C'est aussi à cette époque que le gouvernement de Juillet, grisé déjà parla trompeuse espérance de voir sa popularité grandir à l'ombre du tombeau de Napoléon dressé aux Invalides, lui enjoignait de peindre en toute hâte les immenses toiles qu'il appela léna, Wagram, Friedland, et qui n'étaient en réalité que des peintures épisodiques à vaste échelle, uniquement composées pour servir de cadres triomphants à la figure épique du grand Empereur.

11 est juste de dire qu'entre la peinture de Friedland et celle à' léna il trouvait le temps de glorifier son royal protecteur en le représentant au milieu des barricades abandonnées et des bourgeois en délire, chevauchant calme et souriant vers l'Hôtel de Ville entre le comte Berthois et le maréchal Gérard.

Avant de quitter définitivement Rome, Horace Vernet put y voir célébrer le mariage de sa fille Louise avec un jeune artiste de grand avenir, Paul Delaroche.

Depuis 1815, époque où Vernet peignit le duc d'Orléans en uniforme de colonel de dragons, la cocarde tricolore au chapeau, des relations amicales s'étaient établies entre l'artiste et le prince. Il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'œil sur le tableau des travaux exécutés par le peintre pour voir que bien avant la date des commandes royales, le duc d'Orléans figura parmi les acheteurs les plus empressés des œuvres de Vernet1.

En 1817, il se rendait acquéreur de deux toiles, au prix modeste de 1/400 francs. En 1818, il lui achetait cinq autres toiles (prix G.!)00 francs). En 1819, il verse au peintre la somme de 1.000 francs pour une Têle de folle. Puis viennent les acquisitions plus importantes des Batailles de Jemmapes en 1821 (prix 8.000 francs) ; de Montmirail en 1822 (prix 10.000 francs) ; de Hanau en 1824 (prix 10.000 francs) ; de Valmy en 1826, (prix 10.000 francs), etc.

Nous verrons bientôt Vernet bénéficier aussi largement de la générosité royale que de celle du prince prétendant.

A peine de retour à Paris, il recevait du souverain la commande d'une

1 Voir à V Appendice.

Misle composition commémorative représentant le Siège de Valenciennes , qui d'ailleurs ne lut jamais ébauchée, l'artiste ayant refusé de se soumettre au programme d'exécution qui lui avait été officiellement imposé.

Dans un entretien qu'il eut avec Louis-Philippe, au sujet de ce tableau, le roi lui expliqua ses vues : il voulait que Louis XIV fût représenté en tête de la colonne d'assaut, au plus fort de 1 action. Horace Vernet lit remarquer que les choses ne s'étaient pas précisément passées de celte façon héroïque.

« C'est une tradition de famille, objecta Louis-Philippe.

— Soit, répondit Vernet, mais c'est une légende, et l'histoire dit positivement que Louis XIV se tenait à plusieurs lieues de la brèche. »

Un de ces personnages zélés qui se trouvent toujours là à point pour flagorner les puissants du jour, intervint dans la conversation, et dit au peintre : « C'est le roi qui vous paye, faites ce que veut le roi.

— On ne me paye pas pour mentir, » répliqua Vernet, et il se relira1.

C'est à la suite de cet incident, tout à son honneur, que Vernet, obéissant à la fois à un sentiment de révolte et de dégoût et aussi à son humeur vagabonde, partit pour la Russie, où il fut admirablement accueilli par le tsar.

Ce premier séjour en Russie fui de courte durée. Vernet en profita pour visiter Saint-Pétersbourg et Moscou. 11 recueillit toutefois de ce rapide déplacement autre chose que de vives impressions d'art, car l'examen de son livre de ventes et de commandes, si précieux à consulter pour l'historien de sa laborieuse carrière, nous apprend que pendant ce premier voyage en Russie il reçut de M. Smiroff la somme de 1 .000 francs pour un tableautin représentant un Arabe mort, et celle de 20.000 francs pour un Portrait de la princesse Wittginstein , représentée à cheval dans une chasse au faucon. De plus, le tsar, très désireux de laisser au cœur de l'artiste le regret de n'avoir pu prolonger son séjour à Saint-Pétersbourg, et afin de le déterminer à y revenir bientôt, le pria, et cela sans lui imposer de programme d'exécution, de peindre à son intention une Revue de la garde impériale par Napoléon Ier dans la cour des Tuileries.

En lui faisant cette commande le tsar s'exprima en ces termes : « Ce

1 Amédt'e Durande.

Ill» RAGE Y ER NET 141

tableau restera dans mon cabinet, .le veux avoir toujours sous les yeux la garde impériale, parce qu'elle a pu nous battre. »

Nicolas Ier paya 25.000 francs celle toile qui lui fui livrée en juillet 1838.

Assurément aucun sujet de peinture ne pouvait plaire davantage à

Les adieux de Fontainebleau (d'après la gravure de Jazet).

l'artiste, qui fut très vivement louché par la forme gracieuse de la commande.

A partir de ce jour germa au fond de son cœur ce sentiment de nostalgie intermittente qu'il eut de la sainte Russie, devenue pour lui une sorte de seconde patrie dominée par le plus puissant des bienfaiteurs.

11 esl curieux de constater que ce pur parisien (pie fut Horace Vernet eut pendant toute la vie devant les yeux le double et éclatant mirage des steppes immenses couverts de neige et du vaste déserl au sable brûlant. Les contrastes l'attiraient. L'Afrique et la llussie se partagèrent son cœur, et c'est dans sa correspondance à bâtons rompus et d'un accent de sin-

cérité si attachant, mieux encore que dans sa peinture, qu'on découvre toute l'ardeur de ses affections tropicales et hyperboréennes.

«... Quant à moi, écrit-il à sa femme, je travaille, je vais à la parade et je cours avec l'empereur passer les revues. Nous sommes allés ces jours derniers à Cronstadt. Ce voyage, qui a duré deux jours, m'a ravi; s'en aller à dix lieues en mer en traîneau, c'est la chose du monde la plus originale... Pendant les différents dégels qui se sont succédé, des coups de vent ont sans doute refoulé la mer, qui, en superposant les hlocs de glace les uns sur les autres, a produit des chaînes de collines de plusieurs lieues de longueur et ayant les formes les plus singulières. Les chevaux vont ventre à terre ; le vent vous coupe le visage, qui se couvre de glace par les larmes qui s'échappent de vos yeux, tandis que votre corps est bouillant sous les tapis et les peaux d'ours dont vous êtes affublé.

« L'aspect de ce qu'on voit, le contraste et le mouvement font qu'au boni de dix minutes on croit rêver et qu'en arrivant on croit avoir perdu la tête.

« Figure-toi des gens qui courent la poste entre des vaisseaux de ligne, comme sur des routes plantées d'arbres verts ; si je n'avais pas recommencé le soir la même promenade, je croirais avoir été fou pendant quelques heures... »

Parlant de l'Afrique, Horace Vernet, qui n'était décidément pas l'homme des impressions tempérées, s'exprime ainsi dans une autre lettre à sa femme : «... Rien ne pourrait dire ce que j'ai éprouvé en voyant de dix lieues les Pyramides. J'ai pu supporter cette émotion ; je suis invulnérable !...

« Je ne te ferai pas une description de la ville ', ce serait bien inutile ; je me bornerai à te dire ce qui m'a le plus frappé

c« Hier, à la faveur de nos habits turcs, nous avons visité les mosquées, les palais du pacha, etc. C'est, en plus grand, Alger, seulement encore plus misérable. Par l'intervention dos janissaires que le consul a mis à ma disposition pendant le temps que je resterai ici, j'ai pu voir la chose du monde qui m'a le plus frappé dans ma vie.

« Nous sortons du marché aux esclaves, où de petits négrillons, mâles

1 Le Caire.

MOKACK VER NET

et femelles, sont assemblés par paquets sur un mauvais carré de toile, comme des pommes à cinq pour un sou, sans compter les hommes et les femmes de toutes couleurs qu'on tient dans des trous tout autour de cet infâme lieu, où, comme des rois, d'infâmes voleurs trafiquent de la chair humaine. Je sortais donc le cœur tout gros de fâcheuses réflexions, lorsque le janissaire me proposa d'entrer dans la mosquée des fous. C'est là qu'un autre spectacle horrible m'attendait. Figure-toi une cour de quarante pieds carrés, environnée de murailles d'une hauteur prodigieuse qui laissent à peine entrer le jour ; dans l'angle, une petite porte de trois pieds de haut, barricadée de chaînes à travers lesquelles on passe avec peine. De chaque côté, les murs sont percés de petites niches garnies d'énormes grilles de fer ; et là dedans, sans vêtements, assis sur la pierre, sans autre paillasse que leur ordure et une épaisse couche de poussière, sont les malheureux privés de leur raison, une double et lourde chaîne au cou, dont les extrémités viennent s'attacher à de gros anneaux extérieurs, et dont le frottement perpétuel sur la pierre l'a creusée à plus de deux pieds. Joins au tableau les rugissements des furieux, les accents pitoyables d'un amoureux, et les deux yeux fixes d'un nègre silencieux, qui nous regarde comme un oiseau de nuit, et tu ne te feras qu'une faible idée de ce que nous avons vu »

Dans une autre lettre, voulant peindre la morne tristesse sablonneuse

du désert d'El-Arisch, il écrit de sa plume familière : « Au milieu

s'élèvent quelques palmiers semblables à des plumeaux qui ont l'air de dire : « Venez vous épousseter ici. » En effet, on en a grand besoin ; mais je t'avouerai que c'est la dernière chose à laquelle on pense.

« De l'eau ! De l'eau ! De l'eau fraîche ! Voilà ce qu'on cherche »

Assurément ce serait faire œuvre de subtil critique que d'établir un rapprochement entre la formule littéraire de Vernet décrivant les misères et les splendeurs de l'Orient, et la somptueuse majesté des récits de Chateaubriand et de Lamartine, traitant du mémo sujet. Et cependant, après avoir parcouru la correspondance du peintre, écrite la plupart du temps dans une langue de bivouac et d'atelier, nous reconnaissons volontiers que parfois sa puissance d'évocation égale celle des deux grands poètes et qu'il possède lui aussi, par des moyens bien moins prestigieux sans doute, l'art de nous faire vivre où il a vécu.

L44 LES VER N ET

Ce n'est que très incidemment que nous parlons d'Horace Vernet écrivain. Il y aurait là cependant matière à une intéressante étude, car ses lettres inédites sont encore nombreuses, et fourmillent, non seulement de vivantes descriptions, mais aussi de curieux exposés de doctrines d'art et

Mazeppa poursuivi pau les i.oups (d'après la gravure de Reynolds).

même de graves considérations politiques sur des événements historiques auxquels il prit une part très active 1

Ces quelques extraits de correspondance, pris un peu au hasard, n'ont pour objet que d'ajouter quelques traits nouveaux à l'intéressante ligure que nous tentons d'esquisser.

Horace Vernet rentrait à Paris à la fin de l'été de 183G. Son voyage en

1 II est hors de doute aujourd'hui que l'intervention personnelle d'Horace Vernet en 1832, auprès du tsar Nicolas, pour obtenir dû souverain russe la reconnaissance du gouvernement de Juillet fut triomphante. Il y a sur la mission confidentielle d'Horace Vernet, en 1832, à la cour de liussie où il était persuna grala, un très intéressant chapitre d'histoire contemporaine à écrire.

IIOKAGE YEItXET

Russie avait à peine duré quelques semailles. Il arriva à temps pourassister aux derniers moments de son père (17 novembre 1837). Cette mort l'affecta profondément, et ec fut pour chercher un adoucissement à sa cruelle affliction qu'il partit pour l'Algérie.

Mazeppa (d'après la gravure de Jazet).

CV'lait au lendemain de la prise de Constantine ; et le littoral africain retentissait toujours du bruit des héroïques combats. Quand notre! peintre débarqua à Bùne, le 12 novembre 1836, du Diadème, « bon et beau vaisseau monté par 800 hommes, » l'odeur acre de la fumée de la poudre le mordit aux narines, et c'est dans cette atmosphère vibrante qu'il va cueillir les premières notes qui, développées plus lard dans le calme de l'atelier parisien, deviendront les grandes toiles commémoratives qui ornent aujourd'hui la salle de Constantine au musée de Versailles.

En lui confiant l'exécution de celle suite de peintures, Louis-Philippe manifesta royalement son désir d'effacer le fâcheux souvenir qui s'attachait

à la commande du Siège de Valenciennes, et en même temps sa volonté de ne pas laisser dire que le tsar lui avait donné une leçon de clairvoyante générosité.

Horace Vernet ne consacra pas moins de six années (de 1836 à 1842) à l'exécution des trois immenses toiles qui figurent à Versailles, dans la galerie de Constantine, et où il a raconté, d'un large et vivant pinceau, les trois principaux épisodes du terrible siège : les Kabyles repoussés des hauteurs de Conduit-Ali; les Colonnes d'assaut se mettant en mouvement, la Prise de Constantine.

Pendant ce travail, qui fut d'ailleurs interrompu par un voyage en Palestine, en Egypte et en Turquie d'Europe, Horace Vernet revint plusieurs fois en Algérie, vivant au camp parmi les officiers, suivant les expéditions, couvrant ses albums de croquis sans nombre, préparant les matériaux de ses vastes compositions et notant toujours ses impressions dans des lettres d'un français « à la fois bizarre, cru, animé et bouffon 1 ».

Parmi toutes ces lettres d'Afrique il en est une qui mérite d'être presque intégralement reproduite. Certes il n'y faut pas chercher la phrase lumineuse, savante et chaude de Fromentin ou de Guillaumet. Mais dans ce français « bizarre, cru et animé » où se reflètent toutes les qualités et les défauts du peintre, Vernet fait un saisissant tableau de Constantine, après l'assaut final, et nous y surprenons le secret de ses impressions avant la représentation du drame sanglant dont il va faire une sorte de vaste triptyque militaire.

Cette lettre, adressée à Mme Horace Vernet, est datée du £ décembre 1837. La voici :

« Nous nous sommes mis en route hier à onze heures du matin, et nous avons fait cinquante-cinq lieues. Me voilà plus près de vous, et si le temps continue à être aussi bon, demain soir nous serons sur la même terre. Ce sera pour moi une grande joie, car tu sais que si je pars sans peine, je reviens avec bien du plaisir.

« Maintenant, il faut que je te parle de Constantine et de mon voyage en général. Je vais commencer mon bavardage.

« De Bône à Medjez-Hamar rien d'intéressant. Mais, après avoir passé

1 Théophile Silvestre.

le Raz-et-Akba, le pays dépouillé d'arbres devient un vaste désert coupé de ravins profonds, et entouré de vastes montagnes pelées dans le genre de Radicofani ; la pluie nous a rendu visite dans ces lieux épouvantables. Il nous a fallu coucher dans la boue ; mais heureusement le mauvais temps n'a duré que deux jours. Rien n'était plus intéressant pour moi que ces bivouacs, en arrivant le soir et en partant le matin. Les lions, les hyènes et les chacals se chargeaient de la musique et se disputaient dans l'ombre les mules et les chevaux que nous laissions derrière nous sur la route ; car, ma chère amie, tu ne peux te faire une idée de la quantité de ces pauvres animaux qu'on abandonne, faute de pouvoir les nourrir : on les assomme tant qu'ils peuvent se soutenir ; une fois tombés, c'est fini d'eux. Sur ce point comme sur tant d'autres, c'est un gaspillage dans l'armée dont on ne saurait se faire une idée sans en avoir été témoin. Mais brisons là-dessus, je ne veux te parler que du pittoresque. Je te disais que le pays est d'une sévérité admirable. 11 ne s'y trouve, en fait de trace humaine, que quelques pierres, restes de monuments antiques qu'on suppose des fortifications.

« Je ne suis pas de cet avis pour la généralité. 11 y en a certains qui me paraissent des tombeaux de la môme forme et de la même construction que ceux de Carneta, moins soignés cependant, mais semés çà et là le long d'une voie romaine, sur un assez long espace, deux lieues environ avant d'arriver à Somma, où se trouve un tombeau monumental dont j'ai fait le croquis. De ce point, on aperçoit Constantine à trois lieues de distance. Je t'avoue que le cœur m'a battu en voyant le terme et le but de mon voyage. Les plus hautes montagnes du grand Atlas se développent devant le spectateur. Il était deux heures de l'après-midi, le soleil brillait, rien ne manquait pour la splendeur du tableau. Je t'assure que dès ce moment je n'ai plus pensé qu'au bonheur de joindre à tous les souvenirs que j'ai déjà dans la tète une nouvelle collection de matériaux d'un caractère tout particulier.

Je ne te ferai pas ici la description de Constantine, de ses ravins, etc ,

toutes choses dont tu as déjà entendu parler. Il me suffit de dire que je n'ai rien vu dans aucun de mes voyages qui m'ait aillant frappe. Cette ville toute couleur de terre ressemble plutôt à celle des Abbru/./es qu'à tout ce que nous connaissons du littoral d'Afrique. On va crier après moi quand je la peindrai telle qu'elle est, comme on l'a fait après ma verdure ; cepen-

danl je serai vrai. L'intérieur des rues est 1res sombre et d'une puanteur abominable. Les cadavres qui sont encore sous les décombres ne contribuent pas peu à augmenter ce que les ordures , les diarrhées générales de l'armée émanent de miasmes pestilentiels ; Monlfaucon est la boutique de Lubin en comparaison. Aussi nos pauvres soldats mouraientils comme des mouches.

Dès les premiers pas qu'on fait dans la ville, on ne peut croire qu'il soit possible d'y rester; puis, tout à coup, nous entrons dans le palais du bey ; tout change.

Figure-toi une délicieuse décoration d'opéra tout de marbre blanc et des peintures des couleurs les plus vives d'un goût charmant, des eaux coulant de fontaines ombragées d'orangers, de myrtes, etc., enfin un rêve des Mille et une nuits. Certes, j'étais loin de m'attendre à des sensations si différentes dans un si court espace de temps, et cependant je n'étais pas au bout. Figure-toi que la suite du prince a tout dévasté et qu'il ne reste rien, mais rien, de l'intérieur. Tout a été emporté, jusqu'aux oiseaux ei aux poissons rouges. On a fait des trous dans tous les murs pour chercher des cachettes ; enfin tout est sens dessus dessous. Ah ! les barbares ! Du reste, j'ai reçu dans ce palais le meilleur accueil du généra] Bemelle; ilm'a donné une ci-devant belle chambre dans laquellej'ai couché par terre avec délices, car du moins j'étais à sec. Mes trois jours se sonl passés à courir la ville et ses environs, dessinant autant que possible

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