‹ Les Vernet, Joseph-Carle-HoraceChapitre 7 sur 53 · M EH CALME · texte numérisé non relu

M EH CALME

alors un si grand succès à Rome et à Paris, bien vite ses intentions se modifièrent au spectacle de la mer rayonnante, soudainement apparue du haut des collines qui dominent Marseille, puis vue dans sa plus tragique beauté, soulevée par la tempête, flagellée par les vents et hurlant de tous ses flots autour du vaisseau qui le portait, lui cl sa fortune.

Du même coup, il comprit la grandeur du sujet que son rêve allait désormais, pendant de si longues années, caresser avec un persistant amour.

Il vit dans la peinture de la nier autre chose qu'un motif gracieux de décoration, cl le souvenir poignant du vaisseau en détresse, des lianes

l,KS V EH NET

duquel s'échappaient des cris de terreur et de désespoir lui apprit qu'un genre d'art où la représentation du drame humain aurait pour cadre l'immensité du ciel et l'infini des flots, pouvait facilement s'élever à la dignité de la peinture d'histoire.

Aussi, à peine débarqué à Rome, il se mita la recherche d'un peintre de marine qui put lui enseigner la grammaire du genre spécial qu'il allait bientôt illustrer avec tant d'éclat.

Il trouva le vieux Bernardino Fergioni, dont les amvres sont aujourd'hui bien oubliées, mais dont les conseils étaient excellents et qui initia son jeune élève à tous les mystères de son art si compliqué. En quelques mois il le familiarisa avec la technique du métier, lui enseignant Yanatomie du navire, lui expliquant le rôle de chacun des agrès, le jeu des voiles, les mouvements de marche, la manière d'exprimer les divers aspects de la mer...

De l'atelier de Fergioni, Vernet passa dans celui d'Adrien Manglard, autre peintre de marine né à Lyon, et qui après y avoir reçu les leçons de Van (1er Cabel, était venu s'établir à Rome où son succès était grand. De Fergioni, Vernet avait appris l'A, B, C, du métier. Manglard, plus peintre, plus artiste, corrigea très heureusement les lourdeurs du pinceau, la sécheresse de dessin, contractées dans râtelier du vieux praticien. Son influence sur le talent de Vernet semble avoir été des plus heureuses.

Malgré nos minutieuses recherches, nous n'avons pu savoir exactement pendant combien de temps Joseph Vernet suivit les leçons d'Adrien Manglard, mais il est certain que lorsqu'il quitta l'atelier de ce dernier artiste où il ne dut demeurer que quelques mois, il était en pleine possession de ses moyens d'expression et à la veille de signer ses plus purs chefs-d'œuvre. Car, il faut bien le reconnaître, ce fut pendant ses premières années d'Italie, avant les commandes sans nombre, avant les retentissants succès parisiens, avant les éloges dithyrambiques de l'abbé Leblanc et du Mercure de France, même avant la visite providentielle du marquis de Marigny à son atelier de Rome que, sans nul souci de la mode, avec toute la fraîcheur de sa jeunesse, avec toute l'émotion de son cœur, il peignit ces tableautins charmants, dont quelques trop rares spécimens, comme le Châleau Sainl-Ange, le Ponte Rolto, le Clair de lune... figurent au musée du Louvre et dont l'ensemble suffirait à lui faire une place d'honneur parmi les plus grands maîtres du paysage.

J'imagine qu'une exposition d'art où l'on ne verrait que des œuvres de Vernet exécutées entre les années 1735 et 175 1 , œuvres de la première manière, écloses sous le pinceau du jeune maître pendant son séjour en Italie, obtiendrait aujourd'hui même un retentissant succès.

Mais quelle main providentielle pourra jamais rassembler pour la joie de nos yeux ces petits chefs-d'œuvre vaguement catalogués sous ces titres divers : Vued" Albano, Paysage de Lariccia, la Chasse aux Canards, le Lac de Nêmi, la Villa Ludovisi, le Matin et le Soir, le Port de Civita-Vecchia, Sorrente, le Lac Lucrin, Pouzzoles, la Roule d' Amalfi et ces Vues de Tivoli, dont l'une vendue par Vernet, nous apprend Diderot « pour un habit, veste et culotte h, passaensuite dans la collection de M. de Julienne, qui l'acheta 2.650 livres.

Toutes ces toiles charmantes n'ont pas heureusement subi le triste sort du fameux Port de mer au soleil, une des œuvres capitales de Vernet, qui périt avec le château de Saint-Cloud, mais leur dispersion dans tous les musées du monde en rend très problématique une exposition d'ensemble où l'œil du visiteur eût été vivement frappé par l'accent instinctivement révolutionnaire de l'art du jeune peintre par le souffle de réaction qui l'anime contre les doctrines et les formes du passé.

Joseph Vernet, surtout dans ses œuvres premières, futsinon un initiateur, du moins un précurseur. Son influence sur le mouvement qui s'opère dans le paysage depuis 1830 est indéniable. Sans doute dans les vues d'Italie l'amoureuse recherche du naturel s'unit encore parfois à de traditionnelles formules, mais malgré cela, une pénétrante impression de vérité s'en dégage, et telles de ses œuvres, comme le Ponte Botto, le Château Saint- Ange,^ Port de Civita-Vecchia, semblent animées d'un esprit tout moderne, et l'on se prend à songer à Corot en contemplant ces jolies toiles, d'une exécution à la fois si fine et si savoureuse, si délicate et si forte, et où toutes choses vivent si réellement au milieu des reflets et des ombres dans le miroir limpide des eaux et sous la clarté vibrante et argentée du ciel1.

Nous voici bien loin des Courtois et desParroçel, voire même des Bidault

1 Corot qui devait d'ailleurs, près d'un siècle plus lard, suivre pas à pas pour ainsi dire la ruute lumineuse de Joseph Vernet à travers l'Italie et s'arrêter comme en pèlerinage à chacune des haltes artistiques du grand peintre, avait pour le talent de ce dernier une profonde admiration. Nous connaissons de lui plusieurs curieuses copies d'après les toiles de J. Vernet.

cl des Aligny, suprêmes el héroïques défenseurs d'un art que seuls pouvaient animer l'éblouissante fantaisie du Lorrain et le grand rêve mélancolique de .Nicolas Poussin.

Avant de gagner Paris où l'attendaient la fortune et les honneurs, Verne! séjourna une année à Marseille.

Quelques fervents admirateurs, les Poulhariez, les Guis, les Taurel...,

tous riches négociants et amateurs d'art, y guettaient son passage et lui tirent d'importantes commandes dont ils demandèrent l'exécution sur place.

Ce que voulaient en effet ces excellents Marseillais, c'étaient de pathétiques représentations de leur port, de lumineuses apothéoses de leurs flottes chargées de richesses, des images terrifiantes de cyclones où leurs navires bondissaient au milieu des vagues monstrueuses sous un ciel noir déchiré par le zigzag des éclairs.

Alin d'ajouter encore à l'émotion du sujet l'un de ces honorables commerçants, un certain M. Bourlat, exigea même de l'artiste qu'il plaçât au centre de la composition, comme un point lumineux « une figure qui fût le portrait de Mme Bourlat, son épouse ».

On ne saurait vraiment féliciter Vernet d'avoir asservi son talent aux exigences parfois ridicules de c?s Mécènes de la pacotille, mais il fallait, paraît-il, songer aux frais du voyage à Paris et aux lourdes charges qui résulteraient de l'installation définitive de toute la famille dans la capitale. Or, ainsi que l'attestent les Livres de raison, Joseph Vernet possédait au

Les pêcheurs i t a lie n s

même degré, phénomène assez rare chez les artistes, le don de l imagination et du rêve et un sens très pratique de la vie.

Parmi les nombreuses toiles que Vernet exécuta lors de son séjour à Marseille (1751 et 1752), il en esl deux cependant qui compteront parmi ses meilleures, et où l'on rencontre l'exécution libre et savoureuse des peintures d'Italie. Ce sont la Tempête et les Baigneuses, qui lui furent commandées par M. Poulhariez et dont Bachelou a fait deux superbes gravures.

Nous voici à l ime des dates culminantes de la vie de l'artiste. Le salon de 17ol) va s'ouvrir. Vernet, déjà agréé de l'académie de peinture et de sculpture depuis le 0 août 1745, rève de se faire recevoir sans retard de ce corps illustre, et il veut y entrer avec éclat. Aussi, après s'être assuré par avance avec beaucoup d'habileté (voir

dans son Journal) le concours de puissantes amitiés parisiennes, il compose au salon un merveilleux panneau de douze toiles, choisies parmi ses meilleures, et toutes groupées autour du Fameux soleil couchant sur un port, tableau de i pieds de large sur 3 et demi de haut, œuvre de premier ordre qui a malheureusement péri en 1S70 dans l'incendie du château de Saint-Cloud 1. « Autour du morceau de réception, nous dit M. Lagrange,

1 La p.ulic de ce palais où se trouvaient les appartements de l'impératrice c prenait une

vaste pièce appelée salon des Vernet, et qui était presque entièrement composée de toiles signées de Josepb Vernet. On n'en comptait pas moins de huit : La Nuit mr terre, le Coup de vent, leSo//-, la Tempête, le Matin, le Soir à I" mer, le Matin sur

La pêche au cLAin de la luxe

LES VEltNET

se groupaient cinq tableaux du cabinet Peichon et six du cabinet de Yillette. Tempête, brouillard, soleil levant et couchant, port de mer, cascades, paysage à la Salvator Rosa, parties de plaisir sur le bord de la mer, rien n'y manquait. Le salon de 1753 est le premier où ce talent flexible se montra dans toute sa richesse et dans toute sa variété. Aussi la critique

La tempête

fut à peu près unanime. Tout ce qui prit la plume pour célébrer cette exposition, une des plus belles que Ton eut encore vues, exprima en termes chaleureux son enthousiasme.

mer, la.Nu.it, ces huit tableaux furentpeints en 176C pour décorer le château de la Ferté-Vidame qui appartenait à M. Joseph de la Borde. Dans une lettre à Falconnet, Diderot se plaint de ce que M. de la Borde accapare Vernet : « Il ne faut rien attendre de Vernet; il est très occupé et il doit en reconnaissance tout son temps à M. de la Borde qui lui paye la vente du prix de ses tableaux d'avance. »

Du château de la Ferté-Vidame ces toiles passèrent, en 1784, à Méréville, autre terre de M. de la Borde. Ils y demeurèrent jusqu'en 1819, époque à laquelle la terre de Méréville fut vendue à M. Vers. En 1824, ce dernier vendit au roi les huit toiles de Vernet, pour 32.000 francs. Ils furent placés au palais de Saint-Cloud.

On compara Joseph Vernet à Poussin, on le compara à Claude le Lorrain; quelques-uns même décidèrent qu'il surpassait ce dernier.

Un plumitif du nom d'Estève, ayant hasardé une observation timide, se vit relever de la belle manière par le fougueux Joubcrt, auteur de la Lettre à un amateur. De toutes ces critiques, celle de l'abbé Leblanc dut être la plus douce au cœur de Joseph Vernet.

Non seulement l'abbé le louait en français et en latin, ce qui ne gâte rien ; mais, après avoir fait ressortir les qualités du grand tableau présenté . à l'académie, la finesse et la correction des figures, l'intelligente distribution de la lumière, la chaleur, la vérité de ce morceau véritablement cligne d'un grand maître, il ajoutait : « En enlevant cet illustre artiste à l'académie de Rome, M. de Yandières

Groupe de pécheurs (détail).

(marquis de Marigny) a

travaillé à la gloire de celle de Paris ; il s'était rendu, par la haute célébrité qu'il a dans toute l'Europe, digne des bienfaits du roi, qui l'attachent désormais à la France. »

('-'était une invite non déguisée à la commande officielle.

Le marquis de Marigny y répondit en confiant à Vernet, avec l'agrément du roi, fort heureusement conseillé en cette occasion par la Pompadour, la mission de représenter les principaux ports de mer du royaume.

Tout un programme d'exécution, rédigé sans doute par une main très au courant de la situation de chaque port, fut imposé à l'artiste qui d'ailleurs eut souvent le courage et le bon goût de ne pas le suivre à la lettre. Ce programme était accompagné d'une sorte de feuille de route, curieux document administratif catalogué dans le tome IV des Archives de l'art français, sous ce titre : « Projet d'itinéraire pour M. Vernet, peintre du ro\ pour les marines. »

Les sujets choisis furent: Marseille, Toulon, An tibes, Celle, Bordeaux, Bayonne, La Rochelle, Roehefort, Lorient, Brest, Saint-Malo, Le Havre, Dieppe, Calais.

Certains de ers ports, Marseille Toulon, Bordeaux, Lorient, Brest, devaient rire représentés sous divers aspects, ce qui fixait au chiffre de vingl les toiles à exécuter.

Mais d'impérieux motifs, parmi lesquels il faut compter le blocus étroit des poi ls de Lorient, de Brest, de Saint-Malo, par les flottes anglaises et l'absence absolue des vaisseaux du roi dans ces ports désertés, modifièrent le programme et réduisirent la lourde tâche de l'artiste.

Voici la liste des sujets formant la suite complète des ports de mer de Vernel :

Marseille (deux vues), Toulon (deux vues), Antibes, Cette, Bordeaux (deux vues), Bayonne, La Rochelle, Rochefort, Dieppe.

L'ensemble de cette œuvre considérable qui fut accomplie en dix ans, de 1753 à 1763, est du plus grand intérêt, malgré que l'artiste, obsédé, peut-être, par les conseillers officiels, et obéissant alors visiblement à un sentimenl de lassitude, presque voisin de l'irritation, laissait parfois courir trop négligemment son pinceau à travers les détails d'un sujet à peine entrevu.

Si le profond respect du Ion local apparaît dans les vues de Toulon, de Marseille et d'Antibes, enveloppées de la chaude et brillante lumière provençale, don! l'âme du peintre était elle-même comme imprégnée, il n'en est plus ainsi dans la plupart des autres toiles, souvent exécutées hors de la présence directe du sujet et d'après des esquisses très sommaires, quelquefois même de légers croquis à peine soutenus d'encre de Chine.

Le port de Dieppe, le moins bien réussi d'ailleurs de la série, fut peint tout entier à Paris, dans l'atelier du Louvre, d'après quelques détails saisis au vol.

C'est à celle date qu'eut lieu entre le peintre et le Directeur général des beaux-arts, auquel il est impossible en la circonstance de ne pas donner raison, ce très significatif échange de lettres :

« Il nie semble, écrit Vernct au marquis de Marigny, qu'après avoir fait toutes les éludes nécessaires pour le port de Cette, surtout si je le prends du côté de la mer, qu'il serait assez inutile de m'établir dans cette méchante ville, où je serais mal à mon aise pour y peindre ce tableau, et si je vois que la cliose n'exige pas nia résidence sur le lieu, je pourrais l'aller exécuter à

.IOSKIMI VERNET

Bordeaux, où je trouverais plus de secours pour les parties accessoires qui doivent orner le tableau de Cette... »

Et le marquis de Marigny de répondre, non sans humeur : « Quelque envie que j'aye de vous procurer dans vos travaux tous les agréments possibles, je ne puis consentir au désir que vous avés, après vos études faites de ce port, de finir votre tableau à Bordeaux, et je crois devoir vous faire observer que le roy paye vos tableaux, de façon à exiger que vous leur donniés toute la perfection possible, et que vous ne sauriez mieux les finir que sur les lieux. Ainsi je compte que vous achèverez votre tableau de port de Cette à Celle même, d'au Lan t que de tous les poils du royaume, c'est le seul dont le séjour ne soil pas agréable, et vous n'aurés que quelques mois à vous priver des commodités que vous n'y Irouverés pas. »

Vernet, bien à contre-cœur s;ins doute, dut séjourner à

Cette, dont il fit, d'un large pinceau, qu'une colère intérieure semblait diriger, une représentation terriblement orageuse. Ne dirait-on pus que la nier, sortie furieuse de ses abîmes, va se ruer sur la « méchante ville », et

l'anéantir à jamais

A la Rochelle Vernet eut cependant une inspiration géniale et la représentation de ce poi l compte, non seulement parmi les meilleures œuvres du peintre, mais encore parmi les toiles les plus remarquables de noire école paysagiste.

Parlant de cette œuvre, dont toute la critique salua avec enthousiasme l'apparition, l'hyperbolique Diderol s'écrie : « Voilà ce qu'on peut appeler un ciel ; voilà des eaux transparentes ; et tous ces groupes ce sont autant de tableaux vrais cl caractéristiques du local... Regardez le porl de la Rochelle

1. ' A (. Il K A 1) I. E S OC I ÉT É (tk'lail du port de Marseille d'après la gravure île Le lia*.

un

avec une lunette qui embrasse le champ du tableau et qui exclue la bordure, et, oubliant tout à coup que vous examinez un morceau de peinture, vous vous écrirez., comme si vous étiez placé au haut d'une montagne, spectateur de la nature même : Ah ! le beau point de vue. »

Aujourd'hui encore, malgré certains fâcheux détails comme les arbres du quai, d'une exécution trop conventionnelle, le Port de la Rochelle de Vernet, dans son harmonie à la ibis vibrante et douce, vit d'une vie éternelle à côté du Port de la Rochelle de Corot. Quelle enivrante poésie de l'atmosphère, du ciel et des eaux dans ces deux merveilleuses toiles où le peintre du xviir siècle a décrit avec un art infini la mort lente et comme triomphale du soleil, et où le grand maître de l'école paysagiste moderne a exprimé avec une émotion si tendre le timide rayonnement de l'astre naissant à travers les brumes argentées du matin !

La vue de ces toiles où se trouve répandu le génie des deux grands artistes suggère forcément un rapprochement entre elles. Et cependant quelle dissemblance entre la facture nette et précise de l'une et le dessin vaguement estompé de l'autre. Chaque détail semble vouloir les différencier. Dans l'une les eaux dorment sous le calme du ciel, dans l'autre l'onde frissonne sous le vol des nuages. Ici, sur les quais silencieux et déserts quelques figures isolées s'ébauchent à peine ; là des groupes aux individualités très décrites et d'une spirituelle et joyeuse allure, s'agitent bruyamment. Vernet nous montre la Vie et Corot le Rêve.

Néanmoins la double vision de ces deux toiles persiste dans une sorte de confusion harmonieuse de tons d'or et d'argent, au fond de l'àme de ceux qui ont eu la joie de les admirer. Pour qui désirerait se créer la fâche assez facile de définir les profondes affinités qui relient entre eux l'art de Vernet et celui de Corot, l'examen de ces deux toiles célèbres s'impose, car, malgré le contraste frappant de leur aspect général et aussi de chacun de leurs détails, elles apparaissent dans la succession des peintures historiques comme deux miroirs aussi mystérieux que profonds où les talents fraternels de deux grands artistes resplendissent de leur éclat le plus pur. C'est chez l'ancêtre, chez le précurseur, chez le contemporain des Oudry et des Lantara, la même délicatesse de touche, la même souplesse d'exécution, le même souci de rendre la fluidité des eaux, la légèreté flottante des ombres, les demi-teintes grises des terrains, la transparence du ciel, que chez le

Page 1