TRAITEMENT DES TRÉMATODES
C'est encore au thymol employé d'une façon répétée et prolongée qu’on a recours.
MÉDICATION THYMOLÉE.
Doses. — Mode d'administration. — Guiart recommande la technique suivante : pas de diète lactée ni de purgatif la veille. Pendanttrois jours consécutifs, prendre le matin àjeun, à uneheure d'intervalle, deux ou trois cachets renfermant chacun 1 gramme de thymol pulvérisé. Pour les enfants, les auteurs conseillent des doses de 08,10 à Oe°,75 suivant l’âge. Nous avons néanmoins administré bien souvent, sans le moindre inconvénient, 3grammes de thymol par jour à de grands enfants. Après chaque prise, le malade pourra boire un peu d'eau, mais rien que de l'eau. Cinq
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heures après le dernier cachet, un purgatif satin sera administré, s'il ne s'est produit aucune évacuation intestinale.
Stcherbak n'a pu se décider à donner les fortes doses généralement recommandées; il prescrit pour les enfants de 08,20 à 08',50, en commençant par 08,10 à 02,20 pour tâter la susceptbilité individuelle ; il est convaincu qu'avec de pareilles doses répétées pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois, on obtient le résultat voulu. Des interruptions sont de. rigueur; par exemple : sept jours de traitement, cinq ou six jours de repos, puis reprise; après un mois et demi, quinze jours de repos. Ce mode de traitement lent est d’une sécurité absolue, ne fatigue pas les malades et n'exige aucun changement de régime ; cependant, dans les cas sérieux, il faut agir plus fort et plus vite, à moins que l’état trop grave du malade ne le permette pas.
Il importe, ajoute Stcherbak, d'éviter la résorption du médicament, d’atténuer l'irritation qu'il produit sur l'estomac, de faire en sorte qu'il atteigne le gros intestin sous la forme la plus concentrée et qu'il y séjourne le plus longtemps possible.
Il faut l'administrer à jeun, après une purgation, faire prendre immédiatement après une grande quantité de liquide chaud, de thé par exemple, et ne pas manger pendant une ou deux heures. Pas de purgatif ensuite.
Naturellement éviter les boissons alcooliques, l'éther, la glycérine, le chloroforme, l'huile.
Le conseil de prendre un peu d'alcool faible après chaque dose doit être tenu pour dangereux, et la potion de Hager, à l'huile d'olive, doit être rejetée. Nous l'avons cependant employée une fois sans inconvénient chez un adolescent.
Contre-indications. — Il y a contre-indication absolue dans les maladies du cœur et des reins, contre-indication relative en cas de catarrhe vésical et de lésions organiques gastro-intestinales.
Intolérance. — Avec les précautions d'usage — abstention d'huile et d'alcool, — nous avons administré du thymol à 60 enfants à des doses variant de 3à8 et 10 grammes réparties en trois jours. Si le plus grand nombre ont parfaitement supporté ce médicament, nousavons noté 13foisune intolérance plus ou moins accusée; cette intolérance se manifesta par des nausées (3 fois), des vomissements (9 fois), des douleurs gastriques (1 fois); un de nos
malades éprouva, outre les nausées, une sensation de saveur âcre, de picotement à la gorge et de brûlure d'estomac; un autre, quelques heures après l'absorption de 2 grammes, fut pris de vomissements alimentaires, puis bilieux et enfin de diarrhée répétée pendant le reste de la journée. Quelquefois, malgré les nausées ou les vomissements, la dose fut renouvelée le lendemain et, chose remarquable, mieux tolérée. Un enfant qui reçut 3 fois 2 grammes vomit le premier jour, neut que des nausées le second et supporta très bien la troisième dose. Somme toute, nous n'avons jamais vu les accidents sérieux signalés dans la littérature : céphalée, vertiges, bourdonnements d'oreilles, délire et collapsus. Mais si le thymol, en tant que substance chimique, ne nous a point paru entraîner d'accidents toxiques, nous eroyons que son administration peut parfois avoir un retentissement facheux. L'observation que nous a obligeamment communiquée notre excellent collègue Aguinet (de Saint-Cloud), pour unique qu'elle soit à notre connaissance, dément la réputation d'absolue innocuité du thymol et prouve qu'il ne faut le donner qu'à bon escient : il s’agit d'un enfant atteint d'appendicite chronique auquel fut prescrit, sans indication d’ailleurs, du thymol et qui, le lendemain de la première dose, eut une crise aiguë. On pourrait sans doute arguer d'une coïncidence toute fortuite ; mais à ce compte tout est discutable en médecine.
Efficacité du traitement. — L'action du thymol contre le Trichocéphale du moins esten général peu évidente; cependant, dans quelques cas, nous avons observé une diminution notable des œufs; dans notre observation 73, ils faisaient totalement défaut au dernier examen pratiqué; mais nous n'oserions pas affirmer la disparition définitive des Trichocéphales; à cet égard, l'observation 61 doit nous rendre circonspecls, car, après un troisième examen négalif, les œufs reparurent au quatrième examen, alors que le malade avait de nouveau reçu du thymol. D'ailleurs, on connaît bien la ténacité du Trichocéphale.
Quant à l’action du médicament sur les Oxyures, nous l'avons essayée quelquefois sans aucun succès apparent. Nous avons dit ailleurs combien était illusoire l’action du thymol sur les parasiles — presque exclusivement des Oxyures — contenus dans l'appendice, puisque ces vers n'étaient jamais tués.
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Enfin le thymol a été prôné depuis de longues années contre les Ténias (Campi, 1886; Lutz, 1888; Hedmann, 1903). On peut prescrire aux enfants trois cachets de thymol à prendre le matin à jeun, à une heure d'intervalle. Une demi-heure après le dernier cachet et à un quart d'heure d'intervalle, deux verres d'eau de Sedlitz ou tout autre purgatif salin. Pour le reste, mêmes règles que précédemment.
Cetle méthode nous a donné quelques succès chez l'adulte: le plus souvent le Ténia était expulsé, complètement détruit, par anneaux isolés, racornis, de sorte qu'il était impossible de retrouver la tête. Nous l'avons prescrit à quelques enfants que nous n'avons malheureusement pas revus.