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sujets d'expérience et de vivisection. « On finit par les aimer », disait-il un jour.
Vous voyez maintenant se dessiner exactement devant vous, se détacher sur ce fond de bonté, cette prenante physionomie morale de Pasteur que tant de mères ont bénie et béniront encore dans toute la suite des siècles ! « de son regard « profond et clair, où brillaient le génie et la « bonté, écrit son biographe, plus précieuse en- « core aux hommes que le génie ; de ses lèvres « qui rencontraient, sans les chercher, la puis- « sance et la tendresse des mots, Pasteur savait « consoler ; il pouvait même, tant l'influence de « son affection était douce, soustraire l'esprit d’un « mourant à l’étreinte de la réalité. »
Etonnez-vous après cela de la correspondance extraordinaire de Pasteur avec toutes les nations du globe ! Comme il l'écrivait à son fils en septembre 1885 : « Les personnes les plus inconnues me consultent sur le virus, sur les vers à soie, sur les vaccins du charbon, du choléra humain, du choléra des poules, du rouget, sur la rage, et cela de divers pays d'Europe et d'Amérique. Mes matinées se passent à répondre à tous et à tout. »
Il était devenu comme le sauveur universel, l'homme représentatif par excellence du génie humain et compatissant de la douce France !
Ardeur au travail - Courage
Notion de l'idéal
L'espace mesuré dont je dispose dans cette rapide causerie ne me permet pas de m'arrêter, comme il conviendrait, sur d’autres traits de la physionomie morale de Pasteur. Je dois-du moins vous les signaler : ils auront pour vous une puissance d'éducation et d'imitation immédiates, car ils se ramènent à des conseils que Pasteur tout jeune donnait à ses sœurs, que Pasteur dans tout l'éclat de sa gloire donnera plus tard aux étudiants ; enfin ils rappellent des exemples et des actes qui jalonnent toute son existence : je veux parler de son ardeur au travail, de son courage et de la notion de l'infini et de l'idéal qu'il aimait à méditer et à rappeler.
Je ne m'attarderai pas à vous montrer l’ardeur de Pasteur au travail. Il faudrait citer tous les actes de sa vie. Je voudrais simplement vous citer quelques-uns des conseils qu'il donnait.
Voici d’abord un des premiers en date, alors qu'âgé de 18 ans il était surveillant d’internat au Collège royal de Besancon : « Mes chères sœurs,
écrivait-il le 26 janvier 1840, travaillez. Une fois que l’on est fait au travail, on ne peut plus vivre sans lui. D'aileurs c’est de là que dépend tout dans ce monde. » | |
Plus tard, à 51 ans, en 1873, il disait aux élèves d'Arbois que c'était par « un travail assidu, sans autre don particulier que celui de la persévérance dans l'effort, joint, peut-être, ajoutait-il, à l’attrait de tout ce qui «est grand et beau » qu'il avait trouvé le succès dans ses recherches.
Plus tard encore, à 60 ans, fin 1882, quand on lui reprochait de ne pas assez ménager ses forces, il répliquait par ces paroles que je voudrais fixer à jamais dans votre mémoire et dans votre volonté : « Il me semblerait que je commets un vol Si Je passa:s une journée sans travailler. »
Au 3° Centenaire de l'Université d'Edimbourg (avril 1884), reçu par les étudiants écossais, il leur dit: « Dü plus loin qu'il me souvienne de ma vie d'homme (il avait alors 62 ans), je ne crois pas avoir abordé jamais un étudiant sans lui dire : Travaille et persévère ; le travail amuse vraiment et seul il profite à l’homme, au cifoyen, à la patrie. » | |
Enfin, le 27 décembre 1892, lors de son jubilé, il avait 70 ans, et il y a juste 30 ans aujourd'hui, il dit aux étudiants français, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, au milieu d’une assistance d'élite, ces mots désormais célèbres et qui sont dans toutes les mémoires : « Dites-vous
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d’abord : « Q’ai-je fait pour mon instruction? » Puis à mesure que vous avancerez : « Qu’ai-je fait pour mon pays ? » Jusqu'au moment où vous aurez peut-être cet immense bonheur de penser que vous avez contribué en quelque chose au progrès et au bien de l'humanité. Mais, que les efforts soient plus ou moins favorisés par la vie, il faut, quand on approche du grand but, être en droit de se dire : « J'ai fait ce que j'ai pu. »
Dans cette ténacité, qui ne s’est jamais relâchée ni démentie, résident les éléments essentiels du courage : l’oubli de soi-même, la subordination à un but élevé et, quand 1l le faut, le mépris du danger.
Ce courage de tous les instants, votre compatriote l’a eu au plus haut degré. Je n’en citerai que deux traits assez peu connus : en septembre 1882, 1l était accouru à Pauillac près de Bordeaux pour étudier la fièvre jaune : il espérait trouver le microbe de cette maladie dans le sang des malades ou des morts et arriver à le cultiver, en vue de vaccinations ou inoculations préventives ou curatives. Quand on lui parla du danger de contagion, il répliqua vivement « Eh qu'importe ? La vie au milieu du danger, c'est la vraie vie, c’est la grande vie, c'est la vie du sacrifice, c’est la vie de l'exemple, celle qui féconde ! »
Je vous ai déjà dit qu'en mars 1885, n'ayant pas encore osé traiter des hommes par le virus de