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dit à l’Académie de Médecine : « Je ne me consolerais pas que la grande découverte de l’atténuation des virus-vaccins ne fût pas une découverte francaise. »
Enfin plus tard, en 1888, à l'inauguration de l’Institut Pasteur, il exprima sa pensée dans un raccourci saisissant de précision et de ‘netteté : « S1 la science n'a pas de patrie, l’homme de science doit en avoir une. »
De ce patriotisme supérieur qui veut la grandeur de la patrie dans la supériorité des œuvres bienfaisantes de l'esprit, Pasteur a été la plus haute personnification. Il est resté et il sera éternellement une des gloires les plus pures de la France par les vertus morales de son génie, par sa bonté agissante, par son désintéressement et son dévouement fécond au bien public, — enfin
par toutes les vertus morales d'une œuvre immortelle.
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Son œuvre, œuvre de paix, d'amour
et d'humanité
Est-il bien utile maintenant de parler longuement des vertus morales de l’œuvre de Pasteur ? Cette œuvre ne se présente-t-elle pas déjà, d’ellemême, à vos yeux comme une œuvre de paix, d'amour, d'humanité ?
Demandons à Paul Bert, qui fit, en 1883, un second rapport à la Chambre des’ Députés pour faire augmenter, sur l'initiative du Gouvernement de la République, la récompense nationäle offerte au grand Pasteur, demandons à cet éminent physiologiste de nous résumer l'œuvre de Pasteur et ses Incalculables conséquences : il la ramène à trois grandes découvertes :
1° Chaque fermentation est le produit du développement d’un microbe spécial.
2° Chaque maladie infectieuse est produite par le développement dans l'organisme d’un microbe spécial. |
3° Le microbe d'une maladie infectieuse, cultivé dans certaines conditions déterminées, est
pos
atténué dans son activité nocive ; de virus il est devenu vaccin.
Quelles sont les conséquences de chacune de ses découvertes, les conséquences connues et contrôlées jusqu’à ce jour ? |
Comme conséquences pratiques de la première découverte, Pasteur a donné les règles de la fabrication du vinaigre et de la bière, et il a montré comment on peut préserver la bière et le vin contre les fermentations secondaires qui les amènent à l’aigre, à l’amer, et s'opposent à leur transport et même souvent à leur conservation sur place.
Comme conséquences pratiques de la seconde découverte, Pasteur a donné des règles à suivre pour mettre les troupeaux à l’abri des contaminations charbonneuses et les vers à soie à l'abri des maladies qui les détruisaient. Les chirurgiens, d'autre part, sont arrivés, en prenant cette découverte pour gu:de, à faire disparaître à peu près complètement les érysipèles et les infections : purulentes qui, jadis, amenaient la mort de tant d'opérés.
Comme conséquences pratiques de la troisième découverte, Pasteur a donné les règles à suivre pour préserver, et a effectivement préservé, les chevaux, les bœufs et les moutons de la maladie charbonneuse qui en tuait chaque année en France, avant sa découverte, pour une vingtaine de millions de francs ! Le rouget, le choléra des
poules, enfin la rage, la terrible rage, ont été définitivement vaincus.
Mais cette œuvre, pour si belle qu'elle soit, n'était encore qu’un commencement : après les inoculations préventives qui rendent l’homme et les animaux réfractaires à la maladie, allaient apparaître les sérums thérapeutiques qui guérissent ceux qui sont déjà atteints. Et ce sera la lutte contre la diphtérie, le croup sinistre et cruel, terreur des mères (1); contre la typhoïde ; et contre bien d’autres maladies qui ne tardèrent pas, elles aussi, à être vaincues. Car, on ne saurait trop le répéter, les découvertes et les méthodes pastoriennes enfantent chaque jour quelque nouveau progrès, et l'imagination la plus hardie ne saurait entrevoir une limite à cette prodigieuse et éternelle fécondité.
Comment ne pas souscrire aux paroles vraiment prophétiques d’un médecin qui, entouré de 32 de ses confrères, fêtait un jour, en 1883, Pasteur, ce savant qui, n'étant pas médecin, avait pourtant rendu à la médecine de si grands services ! Le D’ Fleys lui disait : « Les voies sont ouvertes désormais à vos contemporains et à vos successeurs. [ls n’ont plus qu'à suivre et peuvent marcher en toute sûreté... Ce que la mécanique céleste doit à Newton, ce que la chimie doit à
(1) Pasteur vécut assez longtémps pour connaître les recherches rigoureuses, les découvertes sûres et les méthodes adm'rables du D: Roux qui a su vaincre la terrible maladie /1<93).