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nous retiendrons que la vie du grand Franc-Comtois, la vie du grand Français, la vie d’un des plus illustres bienfaiteurs de l'Humanité, a dé. buté modestement, sur une plate-forme à votre hauteur, mes enfants, par une vie scolaire régulière, appliquée, et que le Recteur de Besancon le qualifiait, avec son Proviseur, « sous tous les rapports, un des sujets les plus distingués du Collège ». Ce n'est pas ainsi qu’un administrateur (et je crois m'y connaître) parle d’un élève simplement « moyen et régulier ».
Vous retiendrez donc ce premier fait, mes chers enfants, et vous constaterez que, pour se rendre utile à son pays et mériter la reconnaissance de ses concitoyens, il faut, avant tout, commencer par remplir ses premiers, ses petits et plus simples devoir d’écolier, de collégren ou de lycéen.
Dès cet âge-là, Pasteur vous donne un autre exemple : il a aimé ses parents! Aïmer ses parents ne consiste pas seulement dans les mille gentillesses qui donnent tant de charme à la vie familiale, aïmer ses parents c’est leur obéir, c'est travailler, c’est imiter leurs vertus. Pasteur eut, au plus haut point, ce soucr : — à la mort de son père survenue en 1865, il écrivait à ses enfants : « Je lui dois tout. Jeune il m'a éloigné des mau- « vaises fréquentations et m'a donné l'habitude « du travau et l'exemple de la vie la plus loyale « et la mieux remplie. » Onze ans plus tard, en 1876, il écrira à la première page d'un de ses ou-
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vrages : « À la mémoire de mon père, ancien militaire sous le premier Empire, chevalier de la Légion d'Honneur. Plus j'ai avancé en âge, mieux j'ai compris ton amitié et la supériorité de ta raison. Mes efforts sont le fruit de tes exemples et de tes conseils. »
Enfin le 14 juillet 1883, on apposa solennellement une plaque commémorative, à Dôle, rue des Tanneurs, sur la modeste maison natale de Pasteur, auprès de laquelle nous sommes tous allés, hier, en corps, accomplir un pieux pélerinage. Le jour de la cérémonie, Pasteur était présent. En proie à une émotion poignante, il murmura ces mots admirables qui figurent dans tous les recueils de nos écoles et que nos petits écoliers ont appris par cœur et qui le seront toujours tant qu'il y aura des écoles et des écoliers : « Oh ! mon père et ma mère ! Oh! mes chers disparus, qui avez si modestement vécu dans cette petite maison, C'est à vous que je dois tout! Tes enthousiasmes, ma vaillante mère, tu les as fait passer en moi. Si j'ai toujours associé la grandeur de la science à la grandeur de la patrie, c'est que j'étais imprégné des sentiments que tu m'avais inspirés. Et toi, mon cher père, dont la vie fut aussi rude que ton rude métier, tu m'as montré ce que peut faire la patience dans les longs efforts. C’est à toi que je dois la ténacité dans le travail quotidien. Non seulement tu avais les qualités persévérantes qui font les vies utiles, mais tu