ÉCHELLE DE LA PERFECTION DANS LA PRATIQUE DE LA PAUVRETÉ
Convaincu que la vertu et la perfection ne sont pas une vaine théorie et un désir stérile , mais supposent et exigent la pratique et les actes les plus héroïques ; après s'être élevé au premier degré de la pauvreté en renonçant à la propriété et à la disposition de ses hiens , au second en se bornant au nécessaire sans même y attacher son cœur, que le religieux s'efforce de monter encore au troisième en choisissant ce qu'il y a de moindre et de plus incommode, en acceptant volontiers et demandant même les emplois les plus vils, ceux qui mettent en rapport avec les pauvres ou obligent à gagner laborieusement le pain de chaque jour comme les pauvres, et jusqu'au quatrième en se privant quelquefois du nécessaire , se réjouissant quand il vient à manquer, restreignant de plus en plus ses limites , et disposé au besoin à mendier de porte en porte : comme saint Paul qui se glorifiait de servir Jésus-Christ « dans la
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« faim et la soif , dans des privations de touj « genre, dans le froid et la nudité » (2" Cor., ii)j comme saint François d'Assise dont l'histoire a dit : «Jamais homme n'a été aussi désireux de « posséder de l'or que lui d'en être privé , ni « aussi jaloux de défendre son trésor que lui « de conserver la uerle de la pauvreté. »
Telle est l'échelle de la pauvreté religieuse. Le premier degré est la matière même du vœu, h second est la matière obligatoire de la vertu , le troisième commence la perfection, le quatrième la consomme.
Celui qui du second degré où il est déjà s'efforce d'atteindre aux deux autres, est le seul véritable religieux et deviendra seul un saint.