‹ Les vertus religeusesChapitre 25 sur 50 · EVITER LES ENTRETIENS INUTILES AVEC LES PERSONNES D'UN SEXE DIFFÉRENT · texte numérisé non relu

EVITER LES ENTRETIENS INUTILES AVEC LES PERSONNES D'UN SEXE DIFFÉRENT

Tendre a rendre courts, rares et sérieux les entretiens nécessaires. Il suffît souvent d'une entrevue passagère, d'une rencontre fortuite, pour produire sur le cœur le plus solide une impression fâcheuse : que sera-ce lorsqu'il y aura jeunesse , légèreté , parure , voix insinuante, aménité de caractère, assiduité, etc. ?

Lés saints ont laissé sur ces entreliens des maximes qu'on ne saurait trop méditer, et qui , bien qu'en apparence exagérées, sont cependant, aux yeux de quiconque a quelque expérience, au-dessous de la réalité.

Il faut craindre ces entretiens comme on craint les épines, la peste et le feu. — Il en sort presque inévitablement, ou la flamme qui brûle, ou la fumée qui noircit. — Le tison est d'un côte, et l'étoupc de l'autre ; entre deux

est le démon qui opère le rapprochement et qui souffle. — Si le proverbe de Salomon : « Le k péché ne manquera pas de se trouver dans a le discours prolongé » a quelque part son application, assurément c'est ici. — Celui qui est attaché par un fil au sommet d'une tour, court moins de risques pour sa vie, que vous pour votre chasteté. — Une vipère affublée d'un habit, un écucil caché sous dei fleurs, une fournaise d'où s'échoppent des tourbillons de flammes, une lance polie et affilée dirigée au cœur, un venin d'aspic détrempé dans le miel, une blessure de scorpion, un filet inextricable, une source d'iniquités ou tout au moins de calomnies : voilà ce que vous êtes ou pouvez être l'un à l'autre. — Par son œil votre interlocuteur est un basilic, par sa voix une sirène ; par la parole il enchante, par le regard il fascine- par l'un et l'autre il enlève le cœur et la vie.

4* Qu'il veille sur ses mains*

Jamais de témoignages extérieurs d'attachement, ncu- seulement ceux qui fout pleurer

les anges et rire les démons, mais même tes plus innocents en apparence. « Les familiarités « et les jeux de mains, dit saint Jérôme, sont « les indices d'une virginité qui agonise et « d'une vertu qui meurt. » ( Vit, S. Hil. ) « Fuyez les moindres attouchements , je ne « dis pas des personnes éhontées, mais même « des pius honnêtes, écrivait Humbert, gé- « nérai de l'ordre de Saint -Dominique. La « terre est bonne, la pluie esc bonne, et cece pendant de leur mélange se forme la boue. « Ainsi la main de l'homme est bonne , la « main de la femme est bonne, et pourtant « de leur contact s'engendre la pensée ou « l'affection mauvaise. Touchez la poixa vos « doigts seront souillés. » (vTp. xxrx. )

Un atome blesse l'œil , un soufHe ternit une fleur , le moindre choc brise le cristal : que faudra-t-il pour blesser l'àme vierge, pour ternir le lis de la pureté, pour briser ce vase où saint Paul dit que nous portons notre trésor, et sur lequel il a écrit ea gros caractères : Fragile ?

Deux fois, pour les guérir, Jésus toucha des femmes de son doigt divin : l'une était la belle* mûre de saint Pierre, travaillée de la fièvre;

l'autre, la fille de Jaïre, ou plutôt son cadavre

C'est aux pieds de Jésus que Marie s'instruit a Béthanic, en présence de Lazare , des apôtres et d'un nombreux domestique. Ce sont ses pieds que la pécheresse, chez le Pharisien, avait baisés, arrosés de ses larmes, et essuyés avec ses cheveux, devant une foule de témoins caustiques et méchants : et la position qu'on prenait alors à table ne permettait pas d'échanger d'autres regards que ceux du cœur. Oh! combien les saintes femmes eussent désiré pouvoir embaumer son corps sacré, le porter de leurs mains , satisfaire à loisir leur piété ! Jésus ne le voulut pas : ce furent deux hommes qui le descendirent de la croix , l'enveloppèrent du linceul, le déposèrent dans le sépulcre.

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