‹ Les vertus religeusesChapitre 28 sur 50 · RÉSERVE ADMIRABLE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

RÉSERVE ADMIRABLE DE JÉSUS

On ne saurait trop étudier les exemples de réserve, de circonspection, de modestie ineffable que la vie de ^otre-Seigneur offre à noire imitation.

L'n jour il fut trouvé seul avec une femme , la Samaritaine : exception telle, que les Apôtres en furent dans la surprise. Encore l'entretien, d'ailleurs si grave, si sérieux, si édifiant , si instructif, et tenu aux portes d'une grande ville, aux bords d'une fontaine publique , aux yeux des passants , en plein midi , ne dura-t-il qu'un

instant et ne fut-il secret que parce qu'il renfermait une confession et une direction. « Ses « disciples arrivèrent aussitôt , et malgré leur « étonnement, nul ne lui dit : Que demandez- « vous, ou, d'où vient que vous parlez avec « elle? » (Joan. iv.)

Loin de caresser la vanité ou d'exciter la sensibilité des femmes , il leur parle quelquefois avec une sorte de rudesse : témoin la Cananéenne, la mère des fils de Zébédée, sa propre mère aux noces de Cana.

Quel laconisme dans les consolations qu'il adresse à la veuve de Naïm : a Ne pleurez pas; » et aux filles de Jérusalem épîorées : « Ne pleu- « rez pas sur moi , mais sur vous et sur vos « enfants ! » Jamais de dénominations tendres : « Femme » tout court ; c'est aux Apôtres seulement qu'il dit : « Mes petits enfants. »

Il ne permet point à celles qu'il guérit ou qu'il absout de se répandre en compliments et en actions de grâces ; d'un mot il les congédie , et ce mot invariablement adopté par le Sauveur résume tout son cérémonial avec le sexe, allez : la pécberesse , allez ; l'adultère , allez ; rhémorroïsse, allez. La femme, en effet, ne sait ni finir , ni se retirer $ il faut que le religieux

prenne sur lui de lever la séance et de dire, en

montrant la porte : Allez.

Nulle part on ne le voit mêlé aux saintes femmes qui, selon l'usage de ce temps, l'accompagnaient dans ses courses apostoliques ; elles précédaient ou suivaient. Sans doute « Jésus aimait Lazare , Marthe et Marie ; » mais si l'on veut juger de ses relations les plus intimes et du laisser-alier qu'il permettait à cette famille privilégiée, on n'a qu'à peser ces paroles à la fois si nobles et si franches, si exquises et si délectables de Marthe et de Marie : a Voilà que « celui que vous aimez est malade. — Sei- « gneur , si vous eussiez été ici , mon frère ne u serait pas mort. — Seigneur, vous ne faites « pas ù ton que ma sœur me laisse tout le « service? Dites-lui donc de m'aider. »

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