JÉSUS TRÈS -OBÉISSANT
Tout était tombé par la désobéissance d'un homme, dit saint Paul, tout dut se relever par l'obéissance d'un Dieu. L'homme, reprend saint Augustin, avait été désobéissant jusqu'à la mort , aimant mieux mourir que d'obéir : le Fils de Dieu se fît obéissant jusqu'à la mort , préférant perdre la vie que l'obéissance.
Entends-tu celte leçon , cendre et poussière? Un Dieu obéit jusqu'à se faire chair, jusqu'à s'enfermer neuf mois dans le sein d'une Vierge,
jusqu'à naître dans une étable ! Un Dieu obéît jusqu'à dépendre en toutes choses de Joseph et de Marie, ses créatures : jusqu'à se soumettre à la loi de Moïse qu'il vient abolir, et à la loi de César dictée par l'orgueil et le caprice; jusqu'à ensevelir pendant trente ans son humanité et sa divinité dans un réduit ignoré du reste de l'univers ! Un Dieu obéit jusqu'à se laisser arrêter, accuser, condamner; jusqu'à monter sur un infâme gibet $ jusqu'à expirer au milieu des plus affreuses tortures •, jusqu'à descendre dans un tombeau ! Et comme si c'était peu encore, ce même Dieu, désormais impassible et immortel, obéit, dans l'Eucharistie, jusqu'à prendre et quitter, au gré de ses minis^ très, la vie sacramentelle ; jusqu'à s'emprisonner nuit et jour dans nos tabernacles; jusqu'à s'exposer aux plus horribles profanations : non une fois et en un seul lieu, mais partout et tous les jours, jusqu'à la fin des siècles !
Vous tous qui aspirez aux splendeurs de la gloire céleste et à la conquête des âmes, semble-t-il nous dire, sachez que le salut du monde et mon éternelle glorification sont la récompense de mon abnégation sans bornes : parce cjuc j e me suis humilié et anéanti , mon Père
©'a exalté et m'a donne un nom au-dessus de tout nom. Si vous voulez ravir le ciel et emporter avec vous une foule d'àmes. brisez les deux principales entraves à la perfection et au zèle : le jugement et la volonté propre-, pratiquez de toutes les vertus la plus essentielle au saint et à l'apôtre , l'obéissance. L'oracle a été prononcé : « Si quelqu'un veut venir après « moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il porte « sa croix , et qu'il me suive. » (Matth. xvi.)