‹ Les vertus religeusesChapitre 32 sur 50 · EXCELLENCE DE L'OBÉISSANCE KELTGIEUSI · texte numérisé non relu

EXCELLENCE DE L'OBÉISSANCE KELTGIEUSI

De quelque côté qu'on envisage cette vertu , il est aisé d'en découvrir le mérite et le prix.

Dans le don qu'elle fait à Dieu. Ce n'est plus la fortune terrestre, comme la pauvreté; ni les satisfactions corporelles, comme la chasteté : c'est la liberté même qu'elle consacre à Dieu, ce que l'homme a de plus noble, de plus précieux, de plus intime. Certes, il est plus aisé de se dépouiller de son trésor que de son cœur, d'enchaîner les sens grossiers que l'entendement, d'immoler un anjm^^ue Sa volonté !

Dans le trait de ressemblance qttelle donne avec Jésus-Christ. Comme ce parfait obéissant, le religieux peut dire : « Je ne cherche pas « ma volonté, mais la volonté de Celui qui m'a « envoyé. » ( Joan. v. ) « Je fais les choses <t comme mon Père me les a commandées. » (/</. xiv.) « J'ai une nourriture que vous ne « connaissez pas; ma nourriture est de faire « la volonté de Celui qui m'a envoyé, d'ac- « complir son œuvre. » (Id. iv.)

Dans la dignité et la perfection qu'elle communique à la volonté. La plus sainte et la plus snge tics volontés, n'est-ce pas celle de Dieu ? L'entendement qui l'emporte sur tous les autres en lumières et en rectitude, n'est-ce pas celui de Dieu? Or, par le vœu d'obéissance, le religieux unit son entendement et sa volonté ii l'entendement et à la volonté de Dieu ; il devient un même esprit avec Dieu et peut se ilaller avec raison de penser et de vouloir comme Dieu, de faire ce que Dieu veut, comme il le veut et parce qu'il le veut.

Dans V influence quelle exerce sur toutes les vertus. Au dire des saints, elle en est la source, la mère, la nourrice, la gardienne -, c'est elle qui les plante, les arrose, les fait fructifier 5

elle qui les conserve, les entretient, les résume et les supplée 5 elle qui leur donne la forme et le mérite, le prix et la vie. II y a même tel ordre religieux où l'on se contente de faire le vœu d'obéissance, comme pour dire : Obéissez, et il suffit.

Dans le gage de prédestination qu'on y trouve. Le péché n'étant autre chose qu'une désobéissance à la loi divine, celui qui consacre sa vie à l'obéissance se met dans une sorte d'impuissance de pécher -, et parce que l'unique obstacle au salut est dans le péché, il prend la voie du salut la plus sûre, la plus courte, la plus facile. Quelle abondance de grâces pendant la vie, de consolations à l'heure de la mort, de gloire et de félicité dans l'éternité, Dieu n'accorde-t -il pas au religieux qui, par amour pour lui, a tout sacrifié et s'est sacrifié luimême? «Oui, dit saint Jean Climaque, le vrai « obéissant verra venir la mort sans frayeur ; « il la recevra comme un sommeil, ou plutôt « comme la vie, assuré que ce n'est pas lui « mais son supérieur qui répondra au souve- « rain Juge. » 11 me semble le voir sur son lit de mort, son crucifix à une main et le livre des règles à l'auire : « Et moi aussi, Seigneur, j'ai

« été crucifié avec vous, comme vous, pour « vous. Mes pieds, mes mains, ma langue « chacun de mes sens, mon intelligence, ma « liberté, ma volonté, mon être tout entier a « ete attaché, a perdu sa liberté. L'obéissance « voilà mes clous et ma croix. Et maintenant' « puisque je vous ai suivi sur le Calvaire « commandez-moi d'entrer avec vous dans la « gloire. »

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