‹ Les vertus religeusesChapitre 4 sur 50 · SON ABSOLUE NÉCESSITÉ BANS LES COMMUNAUTÉS · texte numérisé non relu

SON ABSOLUE NÉCESSITÉ BANS LES COMMUNAUTÉS

Dans une autre circonstance , Jésus-Christ semble vouloir établir, pour les communautés, l'absolue nécessité de la pauvreté religieuse. Après avoir dit que nul n'entreprend de bâtir une tour sans avoir supputé ses fonds, et qu'un prince, avant de marcher contre une armée ennemie , commence par faire le dénombrement de la sienne , il ajoute : « Quiconque « parmi vous ne renonce pas à tout ce qu'il « possède, ne peutêtre mon disciple. » (Luc,i\.) Comme s'il disait : Ce que l'argent est pour la construction d'une tour et le nombre des troupes dans les chances de la guerre , le dépouillement volontaire l'est pour l'édifice de la sain-

-fileté religieuse et dans les combats que les fondateurs d'ordre veulent livrer au démon. Que les particuliers et les puissants Etats posent pour fondement de leur prospérité la richesse : pour vous, ô religieux, le fondement nécessaire de votre perfection et la sauvegarde indispensable de votre ordre , c'est la pauvreté.

Ailleurs , dit le Vénérable Bède , il faut réaliser ses capitaux et faire un vaste amas de bois et de pierres 5 ici il faut perdre sa fortune et disperser les matériaux dont on pouvait disposer. (Lib, iv. in Luc.) Quand on a tout déblayé, tout jeté, c'est alors qu'on est à même de construire l'édifice de sa perfection ; son fondement se pose sur le vide absolu ; pour peu qu'il s'appuie sur quelque chose , l'édifice croule ou chancelle.

Aussi tous les fondateurs ont-ils appelé la pauvreté le mur, le rempart protecteur de l'ordre qu'ils constituaient , comme si l'esprit de Dieu et les biens de la grâce devaient en sortir en même temps que l'esprit de propriété et les biens de la terre y pénètrent.

Tant qu'un ordre porte sur le front le sceau de la pauvreté , il est reconnaissable , les peuples l'entourent de leur confiance » et Dieu est

glorifié. Ce sceau enlevé, on n'aperçoit plus qu'un simulacre d'ordre , les peuples se retirent et le nom de Dieu est blasphémé.

Il est deux batteries formidables qui, de deux points opposés , battent en brèche l'édifice religieux : leur nom est le mien, le tien.

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