CHAPITRE II
DEFINITION
Le mot Cachexie, du grec xxyeëtx de xuxos :mauvais et eËte , disposition, habitude du corps, désigne une altération profonde de la nutrition caractérisée par l’œdème, un sang trop séreux, état qu'on observe après de longues maladies ou à la fin de certaines affections parvenues à un stade avancé (affections cachectisantes), telles que la tuberculose, le cancer et les leucémies. Les affections parasitaires chroniques peuvent la produire: distomatose hépatique, strongylose pulmonaire en particulier, La cachexie est la consomption. Ajoutons qu'en pathologie vétérinaire, on désigne sous les noms de cacherie aqueuse des bêtes à laine, de foie pourri, la distomatose hépatique accompagnée d’anémie, amaigrissement accusé, œdèmes et parfois d’hydrothorax et d’ascite.
rare
Les viandes cachectiques sont des viandes d'une maigreur extrême (disparition complète du tissu adipeux), avec atrophie des muscles, avec ou sans œdèmes.
D'après Piettre, la cachexie sénile est caractérisée par l’atrophie plus ou moins accentuée des masses musculaires. La résorption des graisses accompagne cette atrophie, mais d’une manière variable suivant les cas. ;
Ce type de cachexie est fourni par les vieux reproducteurs (verrats, béliers, vaches laitières, les animaux de travail (bœufs et vaches), conservés trop longtemps.
La carcasse présente une atrophie musculaire, les hanches sont saïllantes, le collier est grêle. La minceur des muscles thoraciques les rend presque transparents, d'où l'expression de « lanterne », employée par les bouchers. La crête dorso-lombo-sacrée est saillante, les cotes se détachent bien.
Lorsqu'ils existent, les dépôts adipeux sont moins onctueux, moins tassés, moins serrés. Les muscles ont une couleur normale ou plus foncée. Il n’y a donc pas d’anémie nette.
Chez le porc, le lard, quand il persiste est devenu fibreux, d'aspect nacré (sclérodermie). Chez le bélier l’atrophie est facile à constater.
Piettre conseille la saisie dans les cas où l’atrophie musculaire a dépassé les limites physiologiques et est très accusée.
A. — Cachexie physiologique
Cachexie sénile
Les viandes atteintes de cachexie sénile proviennent de vieux reproducteurs (verrats, béliers, vaches laitières) d'animaux de travail ‘bœuf et vache), conservés longtemps.
Il s’agit d’une cachexie en quelque sorte physiologique, normale, œuvre des ans et d’un long travail.
La cachexie sénile est caractérisée par l’atrophie plus ou moins marquée des masses musculaires et la résorption du tissu adipeux. Parfois 1l reste encore du tissu adipeux à l'intérieur des carcasses.
Ce type de cachexie devient de plus en plus rare, car les animaux sont en général sacrifiés avant la fin de leur carrière.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
La carcasse cachectique attire l’attention par la diminution de volume des muscles d’où la petitesse des régions. La cuisse apparaît allongée, effilée, la hanche saillante, les parois thoraciques sont amincies, translucides. L'’atrophie musculaire fait ressortir le squelette. Mais parfois l’atrophie musculaire est peu sensible ou absente, cela dépend de l’âge des sujets.
SCLÉRODERMIE DU VERRAT
Le routé. — Lard routé. —— A la cachexie sénile, doit être attaché un état évolutif de la peau avec atro-
“ÿ in
phie du lard connu chez les vieux verrats sous le nom de routé, ou encore, mais à tort, sous celui plus récent de sclérodermie qui a été emprunté à la dermatologie humaine, bien que le routé n'ait rien de commun avec le sclérodermie de l’homme.
Dans un travail intilué : La prétendue sclérodermie du verrat n'est pas une maladie, J. Basset (1910), rappelle que le professeur Cadéac (Encyclopédie) 1905, Pathologie chirurgicale de la peau, définit cette prétendue maladie « une affection chronique de la peau caractérisée par l’atrophie du tissu adipeux, par la dureté, la ridigité et l’induration du tégument dans toute son étendue ou dans une région limitée. » J. Basset ajoute que d’après Villain et Bascou « Rare chez la femelle ou chez le jeune porcelet châtré dès l'enfance, on l’observe fréquemment, nous dirons presqu'’exclusivement, sur les verrats vieux, amaigris, épuisés par la monte et les privations. ( Manuel de l’Inspecteur des viandes. 1890).
Enfin il cite Lécuyer (Journal de Lyon 1882). Ce dernier auteur dit que cet aspect particulier de la peau que les bouchers nomment routé est bien connu des spécialistes. « L’altération occupe au début la ligne du dos. Limitée d’abord à cette région, on la voit progresser avec l’âge et envahir toute l’étendue du derme depuis les premières vertèbres cervicales jusqu'au sacrum. Parfois elle rayonne le long de la poitrine et jusque sous le ventre.
J. Basset fait remarquer que si le routé des charcutiers était resté le routé, nul doute qu'il ne fut depuis longtemps catalogué par les inspecteurs français