NEUTRE
Par le côté œdème, des viandes peuvent être rapprochées seulement des viandes hydroémiques, mais pas identifiées avec celles-ci.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les carcasses apparaissent rouges, en raison de la résorpüon du tissu adipeux de la couverture. La graisse interne a également disparu ou bien il en reste des traces autour des rognons mais elle est œdémateuse, tremblottante, molle et sans onctuosité.
Les muscles sont atrophiés, mieux séparés, mous, de couleur normale ou moins enfoncée. La rigidité cadavérique est absente. La surface des carcasses est brillante, humide. Les bouchers disent qu'il y a de la guiche, que la viande est guicheuse. Sur des sections par découpage, on constate l’œdème du tissu conjonctif intermusculaire, avec liquide incolore ou à peine teinté. Dans les endroits où le tissu conjonctif est abondant, on constate des infiltrations œdémateuses à liquide incolore, clair. Il en est ainsi aux flancs, en avant de l'épaule, à la face inférieure du cou, dans le bassin, autour des rognons.
Toute la carcasse est suintante, mouillée, et il n'y a aucune tendance à la dessication rapide.
Il s’agit de l'œdème des cachectiques. Lorsque la résorption de la graisse est complète. L'œdème est net. La main appliquée à la surface des carcasses perçoit une sensation de froid humide spéciale.
Les saillies osseuses sont accusées par suite de l'atrophie des masses musculaires.
Dans les sillons du cœur, ce qui reste du tissu adi-
peux est œdémateux, tremblotant, jaunâtre, translucide. gélatiniforme. Le sang est pâle, fluide, signe d’anémie. Enfin sur la section transversale des os langs, à la scie, la moelle apparaît comme une gelée sans consistance, gélatiniforme, jaune orangée, ambrée ou rougeâtre. Les bouchers disent que l’animal «n'a pas la moëlle » ou que la viande ne tient pas moëlle.
On sait que la résorption de la graisse se produit en dernier lieu dans la moëlle osseuse. Sur un sujet en bonne santé, la moëlle osseuse est jaunâtre et ferme après refroidissement. Chez les cachectiques, l’œdème remplace le tissu adipeux d’où les modifications macroscopiques que nous venons de décrire.
Malgré la banalité de la moëlle osseuse cachectique, nous n'avons pas trouvé de description histologique le celle-ci. Aussi avons-nous songé à combler cette lacune, et voi”: ies lésions que nous avons constatées.
La moëlle © seuse cachectique a perdu son tissu myéloïde d’une manière plus ou moins complète, suivant les cas. Les cellules adipeuses sont très rares ou complètement absentes. Le liquide albumineux de l’œdème infiltre les éléments restants, à savoir la charpente conjonctive de la moelle. Les jours de cette charpente primitivement occupés par des cellules graisseuses sont comblés, inondés par le liquide de l’œdème.
La surface des grandes séreuses est humide, décolorée, la couche sous-séreuse du péritoine est le siège d’une infiltration œdémateuse.
Les reins au lieu d’être soudés à la colonne vertébrale sont pendants, entourés de tissu conjonctif œdémateux au lieu de l'être par du tissu adipeux.
ÉrioLoGiE
La cachexie humide s’observe dans toutes les espèces de boucherie, mais plus spécialement chez les ruminants (bovidés, veau, mouton, chèvre). Elle est plus rare chez les solipèdes.
Chez les ruminants, en effet, il existe, avec une très grande fréquence, des maladies chroniques parasitaires qui sont très souvent la cause de la cachexie humide. D'autre part la tuberculose est également fréquente chez les bovidés en particulier et elle conduit également les malades à la cachexie humide, sans compter que souvent les deux sortes d’affections peuvent coexister chez le même sujet.
En dehors des maladies parasitaires chroniques (distomatose, hépatique, strongylose pulmonaire) qui sont cachectisantes, il y en a d’autres. Nous avons déjà cité la tuberculose, il faut y joindre le cancer, les lencémies, les diarrhées choniques, les cirrhoses. Toutes ces affections conduisent à la cachexie avec œdèmes cachectiques.
CONDUITE DE L'INSPECTEUR
La cachexie humide entraine la saisie totale. Le plus souvent il s’agit de viandes simplement impropres à la consommation, parce qu'insuffisantes ou répugnantes. Parfois elles sont toxiques (tuberculose).
Nous rappellerons que l'ordonnance de police du 9 juin 1866, art. 8, prescrit que les chevaux dans un état d'extrême amaigrissement (cachexie) seront exclus de l’alimentation.
Seront saisis : Les solipèdes dépourvus de graisse
Das
dans le bassin ou sous le péritoine et dont le tissu adipeux des sillons du cœur est tremblottant, œdémateux, gélatiniforme, ambré ou rougeâtre, avec muscles émaciés et œdémateux.
La même mesure s'impose pour les animaux atteints de maigreur accusée avec lésions viscérales ‘broncho-pneumonie, hépatite, néphrite chronique, affections parasitaires, mélanose, cancers, leucémies).
Seront autorisés à être livrés pour la fabrication du saucisson, après désossage dans l’abattoir, les animaux qui pauvres en tissu adipeux, n'auront pas les muscles pâles, atrophiés ni œdémateux, et dont les viscères seront sains.
20 Ancien style : Cachexie sèche (Graisse farineuse, graisse brûlée, des bouchers)
Nouveau style : Fett-nécrose
DÉFINITION
Cette expression de cachexie sèche que l’on doit aux bouchers et qui se retrouve dans les ouvrages d'inspection des viandes est mauvaise. En effet, jamais les viandes qui en sont atteintes ne sont cachectiques ; tout au plus peuvent-elles être atteintes d’un degré variable de maigreur (Prof. V. Ball).
Dans tous les cas de cachexie sèche, on trouve du tissu adipeux plus ou moins bien développé, soit à la surface des carcasses (couverture) soit à l’intérieur (graisse interne). à
Cette expression devrait être abandonnée, d’abord
parce que non scientifique, ensuite parce qu'elle est inexacte.
Depuis les recherches du Prof. V. Ball on sait en effet qu'il s’agit tout simplement de la Fett-nécrose ou Stéalonécrose et que, comme chez l’homme, la lésion est liée aux affections du pancréas ainsi que l’ont établi les travaux de cet auteur, de Bru, de F. Helfre (Thèse de doctorat vétérinaire, Lyon, 1925).
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
N'est-il pas paradoxal de constater, dit le Prof. V. Ball, que dans la cachexie sèche les viandes ne sont jamais cachectiques? Les lésions de nécrose du tissu adipeux qui caractérisent la cachexie sèche ne sauraient en effet exister en l’absence de ce tissu ainsi qu'on l’observe, par définition, dans les cachexies.
Nous répétons que la cachexie sèche ne s’observe que sur des bêtes non cachectiques et sur des sujets gras où présentant seulement un certain degré de maigreur, possédant encore une certaine quantité de tissu adipeux.
La cachexie sèche se rencontre surtout chez le mouton, mais aussi chez les bovidés et le veau.
Les carcasses des moutons atteints de cachexie sèche sont grasses ou plus ou moins maigres. Une distomatose hépatique coexistante peut avoir contribué à l’amaigrissement, pour une part.
Lorsqu'il existe un certain degré de maigreur, les. carcasses sont décolorées, pâles. Le tissu adipeux superficiel, les graisses en général, surtout celles situées autour des reins sont opaques, blanc de craie,
AE
mates, faciles à fragmenter, friables. Elles s écrasent entre les doigts avec facilité, comme un bloc d’amidon, et se réduisent en une poudre sèche, non onctueuse. Cet état pulvérulent leur a fait donner le nom de graisses farineuses par les bouchers. On les appelle encore graisses brûlées. Le sang des animaux atteints de cachexie sèche est plus ou moins pâle, signe d’anémie plus ou moins marquée suivant les cas, et sous ce rapport, il faut tenir compte d’une maladie parasitaire chronique (distomatose, strongylose) qui coexiste alors et qui en est une cause distincte. La moelle osseuse est normale ou rougeâtre ou ramollie, suivant l’état général et l’âge des sujets.
| Chez le bœuf hématurique, dans certains cas, on rencontre la cachexie sèche.
= Enfin chez le veau, les caractères sont les mêmes que chez le mouton.
ETioLociE
:. Pietre dit que le terme de cachexie sèche s'applique à une série de processus pathologiques de dénutrition, se traduisant particulièrement par une résorption plus ou moins rapide du tissu adipeux.
L'origine de la cachexie sèche est variable suivant les espèces.
Chez le mouton, animal le plus souvent atteint, on incrimine les infections parasitaires massives : la strongylose des voies digestives ou pulmonaires, la distomatose. Toutefois, il fait remarquer que la cachexie sèche peut manquer dans des cas où l'invasion parasitaire hépatique est intense. C’est à un point à
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retenir, d'après nous, comme argument contre l’étiologie parasitaire de la cachexie sèche. Piettre croit que l'alimentation influe, l’alimentalion pauvre ou insuffisante en particulier.
H. Carré et Bigoteau ont fait jouer un rôle capital au bacille Preiz-Nocard ainsi qu'à sa toxine, et pour ces auteurs, la cachexie du mouton se ramène à cette origine unique. La maladie aurait deux aspects : la forme aiguë (pourrilure aiguë, mal de Sologne, mal rouge) et la forme chronique dont la complication fréquente est la suppuration (adénite caséeuse, abcès sous-cutané, etc...)
D'après certains auteurs l’aspect de graisse brûlée,
de graisse farineuse, serait dû à l’absence d'’oléine ou à l'existence de savons alcalins ou calcaires. . Piettre dit que la deuxième hypothèse n’est pas exacte, car en calcinant une certaine quantité de graisse farineuse, on n'obtient pas de sels alcalinoterreux, mais la première lui semble plausible. Ensuite il affirme que l'étude histologique des graisses farineuses faite sur coupe au microtome à congélation lui a révélé la signification de cet aspect.
Cet auteur dit que dans les coupes suffisamment minces, les cellules adipeuses sont disposées côte à côte, plus ou moins serrées ; leur contenu à demi transparent est amorphe blanchâtre, sans structure particulière, irrégulièrement strié par le rasoir.
D'après lui, entre les graisses normales et les graisses farineuses la différence capitale résiderait dans la forme des cellules adipeuses et par suite, dans leurs rapports de contiguité.