‹ Les victimes du lait et du régime lactéChapitre 2 sur 10 · LES · texte numérisé non relu

LES

Victimes du Lait

ET

De l'Usage naturel du Lait.

SEUL l'en faut qui telle sait boire le lait! Cette vérité si simple, si banale même, échappe à bien des personnes, et surtout aux médecins depuis quelques années. Il semble, en effet, depuis quelque temps, vu l'enthousiasme du corps médical pour ce liquide, que les médecins ont découvert une panacée universelle, un remède à tous les maux : le lait.

LES VICTIMES DU I.AIT

Et cependant, nos vieux maîtres n'avaient-ils pas comme nous le lait, sous la main, pour le conseiller à leurs malades s'ils avaient cru devoir s'en servir?

S'ils n'en avaient pas en abondance comme aujourd'hui, la qualité du lait, à cette époque, remplaçait avantageusement la quantité. Le lait n'était peut-être pas aussi crémèux autrefois, mais il était plus sain, plus léger et par suite plus digestible pour l'estomac des bébés ou des malades.

Nos anciens n'oubliaient pas que le lait a été créé par la nature pour les enfants qui viennent de naître et qui ne savent que téter pour se nourrir.

Mais que dites-vous là , diront les critiques plus superficiels que profonds, plus poussés à l'ironie qu'à l'observation exacte de la nature? Quoi! l'enfant qui tette seul sait boire du lait ! Mais donnez-m'en un bol et vous verrez si je ne le bois pas. Certes oui, vous le boirez et vous ne serez pas longtemps, et c'est précisément le reproche que nous nous permettons de vous adresser. Vous le boirez , mais vous ne le téterez pas, et c'est dans cette diffé-

rence du mode d'absorption que réside toute l'importance de l'observation pour l'usage naturel du lait.

Quoi, dira-t-on aussi, vous vous plaignez de ce que le lait est plus crémeux que celui que l'on avait autrefois. Mais c'est une hérésie, quand tout le monde, avec les plus grands médecins, réclame des laits riches en beurre pour l'élevage des enfants et l'alimentation au lait.

Eh bien, oui! à notre avis le lait est trop crémeux pour les malades (enfants ou adultes) dont le tube digestif fonctionne mal pour une raison ou pour une autre.

Trop crémeux, parce que nous craignons que ce ne soit que par une alimentation surchargée et artificielle que vous pouvez dépasser le taux ordinaire de la proportion de beurre dans le lait naturel.

Trop crémeux parce que cet excédent de crème rend le lait lourd et indigeste en le condensant alors que les digestions sont déjà lentes et pénibles.

Trop crémeux enfin, parce que ce surcroit de crème n'est obtenu dans le lait du commerce qu'en

forçant l'alimentation des vaches, en mélangeant à leur nourriture des produits plus ou moins variés qui contiennent souvent des germes d'infection digestive.

Ces remarques restrictives étant posées, nous ne dirons pas admises, car nous sommes convaincus de soulever un ioïle général en faveur du lait riche pur crème, nous accepterons l'assertion des grands maîtres, comme le professeur Budin, qui réclament à juste raison des conseils d'hygiène et des autorités municipales du lait riche en beurre , mais sain et honnête, pour les enfants malingres et anémiques des grandes villes, tant que ces enfants ne sont que des malingres et des anémiques, étiolés par l'air insalubre des grandes agglomérations.

S'il survient un léger degré de fièvre ou un peu de dyspepsie gastro-intestinale, les conditions de réceptivité et de digestion changent aussitôt. Il appartiendra alors au médecin de guider les parents de ses conseils et de faire subir au lait les préparations qu'exigeront les circonstances.

ET DU RÉGIME LACTÉ ly

Tant que les bébés sont en état de digérer leur lait et surtout de profiter, par son assitnilation , des éléments nutritifs qu'il contient, nous conseillons toujours , comme d'ailleurs aux adultes anémiés ou malingres, de rechercher une nourriture substantielle pour lutter avec plus de résistance contre les maladies qui nous guettent.

Lorsque , au contraire , nous avons à traiter un malade, un fébricitant, nous conseillons, comme tous les praticiens, une aUmentation légère pendant le cours de la maladie aiguë, nous réservant de le suralimenter lorsque la convalescence arrive.

Si nous venions à donner à un malade qui n'a pas faim des aliments riches en corps gras et nécessitant, par là même, un travail pénible de digestion, nous ne ferions que compliquer l'embarras gastrointestinal qui souvent accompagne la maladie pour laquelle nous avons été consulté. C'est dans ce sens, à notre avis , afin de ne pas avoir de mécomptes, qu'il faut envisager la question.

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