‹ Les victimes du lait et du régime lactéChapitre 6 sur 10 · I-ES VICTIMES DU LAIT · texte numérisé non relu

I-ES VICTIMES DU LAIT

et à ses fermentations infectes dans l'intestin qu'il est permis au microscope de découvrir toutes ces colonies de bacilles.

Aussitôt que la digestion est anormale ou que l'enfant a de l'embarras gastro-intestinal, supprimez immédiatement le lait et vous éviterez du même coup le fumier propre à l'éclosion des microbes.

L'enfant ne mourra pas, comme nous l'avons déjà dit, pour quelques heures d'abstinence de lait, soit que l'on considère les microbes existant dans l'atmosphère et véhiculés par le lait et non faisant partie de sa masse comme on l'espère après sa stériUsation, soit que les microbes préexistaient dans la circulation de l'intestin, attendant les conditions propices à leur puUulation.

Q.uant à la malheureuse mère qui pleure son enfant, elle aurait ardemment désiré savoir dès le début que le lait pouvait devenir un élément toxique pouvant engendrer ou au moins entretenir le mal. Elle l'eût supprimé avec enthousiasme dès la première alerte, si on lui avait appris à s'en méfier, elle qui

ne connaît le lait que comme la boisson et l'aliment indispensables de son bébé, puisqu'il ne lui vient jamais l'idée de donner à boire à son enfant autre chose dans son biberon. C'est un bon conseil qu'elle attend de son médecin et non pas une discussion scientifique ni un mauvais médicament à formule plus ou moins algébrique à laquelle elle ne comprend rien ; c'est le cas de dire qu'un bon conseil vaut mieux qu'une mauvaise bouteille.

Si c'est aux médicaments et non à l'hygiène que le médecin a recours, il est pharmacien avant d'être médecin, la mère acceptera avec le diagnostic l'ordonnance prescrite, mais doutera bientôt de l'art médical si, quelques heures après, le mal reprend le dessus.

Elle deviendra de plus en plus méfiante sur la valeur des médications que vous formulerez les uns après les autres, augmentant le bismuth ou l'additionnant de telle ou telle autre drogue dite astringente ou constipante. Il arrive alors, et trop tard malheureusement, que ce sera le bébé qui

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ai rivera à refuser le lait et tout autre liquide en les vomissant aussitôt ingurgités. La pauvre mère se verra bien obligée de supprimer le lait, finissant par là où elle aurait dù commencer. Ou bien il arrivera le fait suivant, dont nous avons été dernier témoin le 17 août 1897.

Nous fûmes appelé auprès de l'cnfltnt R. . ., âgé de neuf mois, qui, depuis cinq semaines, était atteint de diarrbée abondante. Le médecin avait donné du bismuth et avait supprimé tout aliment autre que le lait, à juste titre, car cet enfant mangeait comme ses parents et avait toujours son biberon. Après quinze ou seize jours de cet état de choses, l'enfant rendit, nous dit-on, un grand ver intestinal. Le médecin consulté à ce sujet, pour qu'il veuille bien administrer un vermifuge, s'y refuse catégoriquement, prétextant les trop grandes chaleurs et l'endémie diarrhéique pour pouvoir oser donner un purgatif contre les vers. Non contente de cette opinion, la mère alla consulter le pharmacien, qui s'empressa de lui donner un petit paquet

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souverain contre les vers. L'enfant fut purgé, on ne revit plus de vers, mais ce que l'enflmt avait lai'^sé aller (sic) était épouvantable comme odeur et aspect. Un mieux réel était survenu pendant quelque temps. Le pharmacien avait maintenant toute la confiance alors que les médecins n'y connaissaient rien! au dire de la grand'mère. — Une rechute survint, après une huitaine de jours d'amélioration. Ce fut pour cette rechute que nous fûmes consulté.

Nous eûmes recours à l'hygiène et à un régime sévère après avoir conseillé une seconde évacuation comme la première fois, et quelques jours après l'enfant était définitivement suéri

Quant à l'effet nuisible des microbes, il est indéniable, mais cependant, la façon dont l'enfant altéré avale son lait domine, à notre humble avis, toute l'étiologie de la diarrhée infantile.

On a conseillé le lait stérilisé comme le seul remède à employer contre les épidémies estivales de diarrhée, on l'emploie de plus en plus, on le

prescrit chaque jour dans les grandes villes et pourtant la mortalité par entérite diminue-t-elle? Au contraire, elle semble augmenter de jour en jour.

On a perfectionné les biberons en les réduisant à leur plus simple expression. Les uns préconisent les biberons obligeant l'enfant à téter, ce que nous approuvons; les autres, au contraire, préfèrent les biberons très doux comme fonctionnement, et n'exigeant aucun effort de la part du bébé. Malgré toutes ces inventions et préoccupations du monde médical, il semble que les microbes se jouent encore plus de nous.

Dans ces derniers temps, on a conseillé de faire bouillir le lait chaque fois que l'on donne un biberon et de ne pas se contenter de le faire bouillir une seule fois le matin pour toute la journée.

Nous accepterions volontiers cette méthode préconisée par M. Girard, directeur du Laboratoire municipal de Paris, si elle nous paraissait bien pratique au lit d'un bébé malade. Quand un bébé pleure et crie et que la mère pense que l'heure du

biberon est arrivée, peut-elle, si elle est seule auprès de son enfant, surtout la nuit, trois ou quatre fois au moins, se mettre à faire bouillir du lait même en petite quantité, puis attendre qu'il soit sulîisamment refroidi pour le mettre dans le flacon et le présenter à l'enfant à la température voulue. I! faudra huit ou dix minutes en tout, en admettant que l'ébullition ne dure qu'une minute et que le foyer sur lequel a lieu cette préparation soit à feu vif.

Pendant tout ce temps, l'enAint aura crié de toutes ses forces, demandant à boire ou à être levé. Quand le biberon arrivera, bien souvent le bébé se sera endormi, fatigué et épuisé. Si quelqu'un est là, nourrice ou bonne, pour le consoler, tout ira bien. Mais il faut prendre les cas fréquents où la mère est seule avec son enfant, le pére dormant à poings fermés par suite des fatigues de son travail quotidien.

A première vue, cette méthode nous avait souri parce que nous trouvions un bon moyen de rendre

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le lait plus digestif par suite de hi recuisson qui se fait et qui charge le lait de principes peptogènes plus riches qu'après une simple ébullition. Nous l'avons préconisé plusieurs fois et nous avons dû y renoncer par suite des dillicultés pratiques que nous rencontrions. Dans tous les cas, par ce procédé, on est en droh de se demander si c'est toujours bien la destruction des germes et microbes qui peut être en vue, car avec du lait bouilli, ou mieux stérilisé jusqu'à ixo°, on aflirme que les aermes sont détruits. Reste-t-il un doute sur la stérilisation vraie ? Quelques microbes à vitalité plus résistante auraient -ils survécu et auraient -ils besoin d'une nouvelle ébuhition? Si on accepte cctie idée, il n'y a plus de raison pour s'arrêter dans ces ébultitions successives. Le lait était stérilisé, ou bien il ne l'était pas. Dans le premier cas, inutile de le faire rebouillir; dans le second cas, à quoi a servi votre stérilisation première ? Mais, objectera-t-on, ce sont de nouveaux germes qui depuis le matin ont élu domicile dans le lait bouilli.

Cela est possible dans les hôpitaux d'enfants, si on laissait le lait à l'air libre toute une journée, prés des salles, mais dans un appartement non infecté, cela est douteux, car il fout bien noter que la diarrhée infmtile n'est pas encore déclarée et que le procédé a pour but de l'éviter.

A notre avis, si cette méthode peut donner de bons résultats auprès des jeunes mères qui ont de la patience et les facilités de pouvoir l'employer, cela ne peut être dû qu'à la peptonisation qui se fait dans le lait par cette recuisson. Pour nous médecin, huit à dix minutes pour cette préparation, ébullition et refroidissement, ne nous semblent pas un temps trop long, mais nous craignons que ce laps de temps paraisse un siècle au bébé qui pleure ou à la maman qui se hâte et s'impatiente.

La diarrhée infantile relève, à nos yeux, bien plus des méfaits ordinaires du lait que de ceux du biberon, quoi qu'on en dise. Le biberon sera mauvais et pernicieux, quel que soit son perfectionnement ou sa simpHcité, si l'on ne sait pas s'en servir. Au lieu

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d'accuser l'instrument, observez le lait et surtout la façon de le faire absorber rapidement et sans méthode. On se sert du biberon hiver comme été, et cependant il y a moins de diarrhée en hiver qu'en été. Si c'était le biberon seul qui fût cause de cette hécatombe de bébés par entérite, la mortalité par cette affection devrait être sensiblement la même en hiver qu'en été.

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Essais de traitement de la Diarrhée infantile. Élevage au biberon.

AVEC Cadet de Gassicouit tous les médecins sont d'accord sur ce fait, que jusqu'à un an les enfants devraient tous être élevés au sein. Cet élevage peut seul combattre efficacement ce fléau périodique, la gastro-entérite, qui tous les ans, pendant 2 ou 3 mois d'été, décime la population enfantine dans les grandes villes surtout.

Malheureusement, pour bien des raisons, avant que chaque enfimt ait le sein, nous craignons fort

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qu'il y ait encore de beaux jours pour les biberons et les nourrices sèches.

Dans les villes industrielles les trois quarts des ouvrières feraient de bien mauvaises nourrices, et bien peu d'entre elles peuvent donner une nourrice au sein, à leur bébé, pendant sa première année.

Quant à s'en séparer en le mettant à la campagne, où il pourrait avoir du bon lait, non frelaté et non surfait en vue du commerce, il ne faut pas y songer; elles préfèrent toutes garder leur bébé, et grâce aux bons soins d'une parente qui veillera sur l'enfant pendant leur absence, toutes les mamans préfèrent garder leur rejeton à la maison et l'élever tant bien que mal au biberon. Force nous est donc de nous incliner et de rechercher les meilleurs moyens d'éviter les accidents et les inconvénients qui peuvent survenir pendant cet élevage artificiel.

Pour l'enfant qui vient de naitre, le lait est aussi indispensable que l'air et la chaleur, et en allaitant son enfant, une mère ne fait que suivre les lois de la nature.

Quelque douleur névralgique dans Testoniac ou dans le dos, quelques faiblesses ou tiraillements d'estomac de temps en temps ne doivent pas toujours être des motifs suffisants d'abandonner un allaitement commencé. En se fortifiant et en évitant toute cause de fatigue, une jeune mére peut bien souvent être meilleure nourrice qu'elle ne le pensair, surtout dans les premiers mois, pendant lesquels l'enfant n'a besoin que de très peu de nourriture.

11 nous est arrivé souvent d'être consulté par des mamans qui depuis deux ou trois jours, avaient cessé de donner le sein à leurs bébés âgés de quelques semaines seulement, sous prétexte d'épuisement et de fiuigue. Toutes les fois que nous li'avons pas été arrêté par des considérations matérielles, telle que l'obligation de travailler en atelier ou à un bureau, nous avons fait reprendre l'allaitement et nous n'avons jamais eu à le regretter. Si l'enfant n'était pas encore trop habitué au gavage par la tétine du biberon, la mère, grâce à une alimentation

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appropriée à sa fonclion de nourrice, retrouvait facilement la santé pour pouvoir donner le sein au moins jusqu'aux premières dents.

Il nous a fallu quelquefois conseiller à la mère de s'aider et de se soulager avec le biberon donné de temps en temps pour parvenir à faire accepter notre décision, puis peu à peu le biberon était supprimé par l'enfant lui-même, qui préférait le sein, grâce aux différents moyens que nous employions pour le dégoûter du biberon.

La principale condition, à nos yeux, pour être bonne nourrice, c'est de bien manger, bien mastiquer et, par suite, bien digérer, grâce au fonctionnement non oublié et non négligé de la bouche.

Les nourrices de campagne ont sur celles des villes ce grand avantage, que nous considérons comme essentiel, de manger lentement, avec cette quasi-nonchalance qui fait la santé du paj'san autant, si ce n'est plus, que l'air qu'il respire. On se nourrit et on se fortifie avec ce que l'on mâche bien et non avec ce que l'on avale sans être mastiqué. Une

nourrice ne doit pas avaler ses repas avec la précipitation que, dans les villes, chacun de nous met d'ordinaire pour aller au plus vite à ses occupations.

C'est dans cette mastication parfiiite, dans cette quasi-rumination pour ainsi dire, que réside tout le secret d'une bonne sécrétion lactée. Cette lenteur dans la mastication est difficile à obtenir des jeunes mères qui, seules dans leur ménage, doivent vaquer à toutes les occupations que nécessite l'entretien de leur maison. Il est essentiel qu'elles le sachent, car beaucoup qui pourraient mettre leur temps pour manger ne le font pas, par habitude ou par ignorance de l'importance que cela présente pour la qualité et la quantité de leur lait.

Nous pourrions nous étendre plus longuement sur les conseils que nous ne manquons pas de donner toujours aux jeunes mères qui nous consultent, mais ces considérations nous entraîneraient en dehors des limites que nous nous sommes tracé au début de ce travail.

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De nombreux ouvrages, des plus autorisés, ont déjà depuis longtemps traité cette question de l'allaitement et des soins à donner à l'enfant au sein.

Nous nous bornerons donc à nous occuper de l'élevage artificiel, en admettant qu'il nous a été matériellement impossible d'obtenir l'élevage au sein pour le bébé dont la santé nous a été confiée.

La thérapeutique de la gastro-entérite infantile se divise nettement en deux parties : le traitement préventif et le traitement curatif. Pour ce qui est du premier, nous uous permettrons de regretter d'abord que les excellents conseils élémentaires rédigés et rappelés par la Commission de l'hygiène de l'Enfance, en novembre 1892, qui se trouvent mentionnés in cxlcnso sur les livrets des uourrices ou aardeuses d'enflmts, ne soient pas plus connus de toutes les mères de famille.

Ces conseils devraient être mis entre les mains de toutes les jeunes mères et pas seulement sur les livrets susdits, livrets que les nourrices qui les

conservent, ne lisent jamais ou au moins rarement, soit par ignorance, soit par insouciance.

Sur cent nourrices de cette catégorie, a3''ant chez elles des enfants à garder, comptez combien il s'en trouve qui suivent à la lettre ces conseils, vous en trouverez très peu. Par peur d'une contravention et aussi par ce que le médecin-inspecteur leur a dit, elles n'emploient pas le biberon à tube, ouvertement, mais la nuit, lorsqu'elles sont certaines de ne pas être surprises, beaucoup s'en servent encore comme elles s'en sont, vous disentelles, toujours servi. C'est tout ce que la plupart des gardeuses d'enfants au biberon retiennent du livret qui leur a été donné lorsqu'elles ont fait leur demande pour avoir un bébé en nourrice chez elles.

Pour que tous les bébés sans exception puissent profiter de cette instruction si claire, si pratique, il f.uidrait que par un moyen simple on puisse la fan-e remettre à chaque ménage ou encore à chaque personne venant à la mairie {ane une déclaration de naissance.

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Le résume de ces conseils pourrait faire l'objet de quelques feuillets additionnels au livret de famille au moment du mariage. Ces feuillets sur l'hygiène et l'élevage des bébés ne seraient certes pas plus déplacés dans le livret de famille que ces cases lugubres relatives à l'inscription des décès des bébés, qui se trouvent à côté des cases réservées aux naissances, et portent la mention : Décédé le, etc..

Il faut avouer que celui qui, le premier, a tracé pour l'imprimeur le modèle de ces livrets actuels, n'a pas fait grand effort d'imagination. Il aurait pu, avec un peu de tact, laisser cette case funèbre en blanc pour que l'employé de la mairie n'eût qu'à la remplir à la main le jour où l'enfant serait décédé.

Tels qu'ils ont été conçus et établis, ces livrets font peur aux jeunes mères qui, heureuses d'avoir eu un bébé, lisent à côté de la naissance une épitaphe en blanc. — On reconnaît, à la contexture de ces livrets de famille, l'œuvre d'un bureaucrate

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plus rond de cuir qu'intelligent qui, à côté des entrées, a voulu réserver une case pour les sorties.

Le jour où ces prescriptions hygiéniques relatives à l'élevage des enfants en bas âge seront à la portée des premières intéressées, les jeunes mères, qui mettent leurs enfants en nourrice ou celles qui les gardent chez elles, on pourra espérer avoir réellement fait œuvre utile. On pourra même compter effectivement sur la surveillance utile et active des parents lorsqu'ils iront voir leur enfant chez la gardeuse. Les jeunes mères deviendront des auxiliaires précieuses pour le médecin-inspecteur.

C'est à l'Académie de médecine et aux sociétés protectrices de l'enf^ince que revient le droit de demander à nos gouvernants cette propagation plus large de leur œuvre de protection des bébés, œuvre qui bien souvent reste lettre morte entre les mains de personnes illettrées ou insouciantes. Alors que l'on parle tant de dépopulation, il faudrait au moins songer par des moyens efficaces et simples à proléger ceux qui sont nés, robustes et bien constitués,

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contre les maladies qu'avec un peu d'hygiène on peut réellement éviter.

L'élevage artificiel aurait besoin d'être nettement formulé de façon que les mères les plus arriérées puissent comprendre les prescriptions utiles. Il ne faut pas se contenter de défendre l'usage du biberon à tube, il faut- si on démolit de vieux errements, au moins préconiser tel ou tel autre moyen pour l'élevage artificiel.

Dans les livrets de nourrice, il est écrit : que la nourrice s'engage sous peine de contravention, retrait de l'enfant, etc., etc., à ne jamais se servir de biberon à tube.

Partant de ce fait qui a été l'objet de la recommandation du médecin-inspecteur, la gardeuse achète chez le pharmacien un biberon sans tube et elle s'en sert comme d'un autre biberon. Il lui paraît plus commode à nettoyer, elle est contente de ce nouvel instrument. Mais au bout de peu de jours elle est impatiente d'être obligée de tenir ce biberon pendant le laps de temps que dure la tétée,

et alors elle revient d'elle-même à l'ancien S3^stéme avec tube, dont elle dispose la carafe auprès de l'oreiller de l'enfant pour qu'il puisse biberonner à son aise pendant qu'elle vaquera à ses occupations. Si donc l'on veut à tout prix faire disparaître les biberons à tube, il ne faut pas se contenter d'en proscrire l'usage, il faut encore expliquer cà la jeune mère comment elle doit se servir du biberon sans tube, qui d'ailleurs n'est pas un biberon. A telle preuve que si on vient à s'en servir comme ceux dans lesquels l'enfant est obligé par un effort d'aspiration de fliire monter le lait de la carafe à sa bouche, on obtiendra facilement de la distension de l'estomac et du ventre, car utilisé dans ces conditions le biberon sans tube devient un instrument de gavage.

Quand nous conseillons à une jeune mére le biberon sans tube, nous prenons la précaution de lui faire bien comprendre que ce n'est pas à un biberon qu'elle va avoir affaire malgré le nom qu'il porte.

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C'est plutôt une cuiller spéciale à laquelle on a adapté une tétine. C'est plutôt un petit pot, comme ces cuillers en porcelaine dont on se servait autrefois pour élever les enfants et que dans certains pays on appelle sabots.

En adaptant une tétine au bec de ces cuillers spéciales, on obtient un excellent instrument pour élever les enfants artificiellement, et dans notre clientèle nous avons souvent préconisé ce moyen. A cause de la large ouverture qui imite la concavité d'une cuiller aussitôt après le bec, on ne peut donner à boire que très lentement, par peur de faire tomber le lait sur la face du bébé. Au contraire, avec le biberon en verre sans tube, cet inconvénient n'est pas à craindre ; aussi la jeune mère, si elle n'est prévenue, présente à son enfant le biberon plein de lait et attend avec impatience qu'il ait fini de boire. Bien qu'il y ait une tétine, il flmt, comme avec un sabot, abaisser et relever alternativement la main pour que l'enflint ait quelques efforts à faire sur la tétine non gorgée de lait et aussi pour qu'il

puisse se reposer, pour ainsi dire, entre deux bouchées.

En résumé, le biberon sans tube est une grande cuiller d'un modèle particulier, munie d'une tétine et présentant de grands avantages au sujet du nettoyage.

Si on oublie ce détail, on risque d'avoir bien des mécomptes malgré l'antiseptie et la stérilisation du lait comme nous avons eu maintes occasions de l'observer.

Av ec ce mode d'élevage, nous réclamons de notre nourrice une grande dose de patience. En effet, beaucoup de jeunes mères perdent vite patience à attendre quinze ou vingt minutes chaque fois, surtout la nuit, trois ou quatre fois au moins, que leur bébé ait bu lentement son biberon suivant toutes les prescriptions voulues. D'autre part, l'enfant cloué sur son berceau par cette tétine qui ne lui donne aucune liberté dans les mouvements du cou ou de la tête, s'impatiente facilement en voyant que sa tétine ne lui obéit pas docilement dans les

petits déplacements qu'il veut faire. Par ses cris ou ses pleurs, il forcera sa mère à le prendre dans ses bras pour lui donner son biberon.

Dans ces conditions, nous connaissons grand nombre de mamans, bien dévouées cependant, qui regrettent, au moins pour la nuit, l'ancien biberon à tube qu'en principe tous les médecins proscrivent depuis quelques années.

Une mère qui donne le sein, dira-t-on, n'a-t-elle pas aussi les ennuis de prendre son bébé de son berceau pour lui donner à téter. Évidemment oui, mais elle n'a pas à préparer ou à faire chauffer le lait qui, lui, est toujours prêt.

Q.uel est le meilleur biberon, voilà une question qui chaque jour est posée au médecin dans sa clientèle et il est, à notre avis, difficile de se prononcer d'une façon catégorique. Si parfaits qu'ils puissent paraître théoriquement, ils présentent tous quelques inconvénients.

Questionné sur le choix d'un biberon, le médecin attendra-t-il la naissance du bébé pour savoir s il

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est robuste et capable de faire de bons efforts de succion ou bien s'il est délicat et n'a pas la fo)-ce d'aspirer. Dans cette hésitation, il risquera fort d'être devancé parla maman, qui achètera le biberon dont elle aura l'habitude ou celui que sa voisine lui aura préconisé, puisque le praticien n'aura pas su se prononcer.

Un biberon est un instrument spécial avec lequel le bébé boit ou mieux tette à son aise, à la façon dont il sait, le lait que l'on lui donne. Pour se rapprocher de la nature, il lui faudra faire un certain effort pour aspirer son lait.

Tout instrument, à tort appelé biberon, qui force l'enfant à avaler quand même le lait qui lui tombe dans la bouche par la simple pression des lèvres sur la tétine, n'est qu'un mauvais appareil, bon seulement pour le gavage et le développement de la gastro-entérite.

Prenons, au hasard, deux prospectus de biberons nouveau modèle; l'un porte cette mention que nous ne pouvons qu'approuver : L'orifice de la tétine et

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