CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES
la garde d’eau : l’eau fuit peu à peu et finalement la valve reste à sec, laissant refluer dans l’intérieur du cabinet d’abord, puis dans l’appartement ensuite, les gaz du tuyau de chute et de l’égout qui y sont appelés à certains moments, par .le tirage des poêles ou des cheminées.
Les appareils à valve hydraulique, encore en faveur aujourd’hui, dépensent donc beaucoup d’eau sans effet utile, c’est-à-dire sans balayer les colonnes de chute, sans assainir la maison : de plus, ils peuvent se transformer à certains moments, soit par l’usage, soit par des accidents passagers en de simples appareils à valve sans eau, ne protégeant plus la maison contre le retour des gaz et des miasmes. C’est là ce qui en fait le ,danger et çe qui doit les faire rejeter par tous les gens soucieux de leur santé et de leur existence.
2° Maisons de la classe ouvrière. — Cabinets à lisage commun.
Voilà le cabinet et son installation défectueuse — nous verrons plus loin, les conséquences de cette installation — dans les maisons de la classe aisée de nos grandes villes françaises.
Dans les maisons occupées par les petits employés.
par les ouvriers, le cabinet d’appartement n’existe jamais : il est remplacé soit par un closet commun unique, situé au rez-de-chaussée, soit par un cabinet à chaque étage, avec appareils à valve métallique, sans eau, « pour éviter tout gaspillage de la part des locataires » (1).
Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse d’un cabinet unique avec siège à la turque ou de cabinets d’étage à valve métallique, sans eau, les cabinets à usage commun, déjà généralement défectueux par leur situation et par leur installation, sont presque toujours d’une malpropreté repoussante. Selon l’énergique expression d’un de nos hygiénistes, les cabinets de nos habitations, ouvrières, constituent de « véritables sentines ». C’est qu’il est aussi difficile aux propriétaires d’imposer la propreté à des locataires qui affichent avec impudence le mépris de l’hygiène publique, le mépris de l’humanité, qu’à la Commission des logements insalubres d’imposer aux propriétaires des mesures efficaces. Aussi dans les maisons ouvrières, presque toujours
(1) Dans de nombreuses maisons ouvrières on trouve encore le cabinet unique du rez-de-chaussée avec trou à la turque. On doit le faire disparaître absolument et le remplacer par un siège à la turque à fermeture hermétique. Les commissions prescrivent toujours l’appareil dit de caserne qui ne vaut guère mieux que le simple trou à la turque.