‹ Les vidanges et les eaux ménagèresChapitre 22 sur 99 · CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES

l’aspect de taches grosses comme des têtes d’épingle (cinquième jour), minces, pelliculaires, nacrées et transparentes.

Le 2 juin, les nouvelles cultures sur pommes de terre, présentent l’aspect qu’avaient la veille les cultures I et II, avec cette différence pourtant que la coloration violette de la périphérie des stries humides, est bien plus manifeste. Quant aux taches humides des cultures I et II, l’humidité semble disparaître et la coloration violette n’est plus seulement périphérique, elle semble avoir pénétré la tache. En examinant les plaques A, B et D on constate l’agrandissement des colonies dont les taches ont atteint la grandeur d’une lentille. Leur contour est irrégulier, déchiqueté, muriforme, et avec une forte loupe on remarque des fêlures profondes sur leurs bords. La coloration nacrée et brillante et cet aspect anfractueux et mamelonné de la périphérie des colonies sont donnés par les bactériologistes comme caractères particuliers, spécifiques, des cultures du bacille typhique. Avec une aiguille stérilisée, nous prélevons des échantillons sur chacune des plaques et nous délayons chaque petite parcelle dans une goutte d’eau distillée additionnée d’acide acétique (1). L’examen

(i) Toutes les cultures sont délayées sur des plaques stérilisées et recouvertes de lamelles également stérilisées.

microscopique pratiqué dans de semblables conditions ne nous permet d’affirmer qu’une chose ; l’existence d’un monde vivant très nombreux, extrêmement varié, où il nous est impossible de déceler l’existence du bâtonnet que des bactériologistes compétents tels qu’Eberth, Gafi'ky, Artaud, Cornil et Babès ont décrit comme le microbe de la fièvre typhoïde.

Nous arrivons à un résultat identique en examinant dans les mêmes conditions, les cultures sur pommes de terre, avec cette différence toutefois que le monde vivant qu’on observe sous le champ du microscope est encore plus varié, composé d’espèces multiples, des bactéries banales ou des germes vulgaires que l'on rencontre quand on examine les produits de la putréfaction. On y voit de petits corps sphériques : les uns assez gros sont des megacocci, les autres plus petits sont des micrococci, d’autres affectent la forme et les dimensions des cocci lancéolés ; somme toute, c’est un mélange des microcoques variés, des bacilles et des vibrions qu’on rencontre habituellement dans les matériaux de la putréfaction.

Partant de ce fait, bien étudié par MM. Chantemesse et Widal et important à connaître : que pour arriver à des résultats précis, quand le bacille typhique est mélangé à d’autres organismes à naissance plus rapide

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