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CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES g

Dans une maison également neuve, le docteur B... est appelé à donner fin juillet ses soins à M. M..., âgé de 55 ans, atteint de fièvre typhoïde grave. Le logement qu’il occupe, bien aéré et bien ventilé, donne sur deux cours d’une propreté absolue. Le cabinet d’aisances qui dessert son appartement situé dans la cage d’un escalier de service, muni d’un appareil Rogier- Mothes avec effet d’eau, fonctionne aussi bien que possible. Les selles non désinfectées de ce typhique

on piétine dans les excreta) le plancher des chambres, les escaliers s’imprègnent à la longue des immondices rapportées par les souliers des habitants, des liquides et des déchets de toutes sortes et de l’eau qu’on projette avant les balayages. Les alternatives d’humidité et de sécheresse disjoignent le plancher, le pourrissent ; il devient un réceptacle de détritus en fermentation qui ne doivent pas être sans importance au point de vue de l’endémie typhoïde dans certaines habitations. (L’endémie typhoïde des casernes de cavalerie St-Jean’ et des Prémontrés à Nancy ne devait pas reconnaître d’autres causes.) Tant que les spores typhiques sont déposées à l’abri de l’humidité elles ne prolifèrent pas, mais il suffit d’un coup de balai, de plumeau pour mettre en mouvement les poussières et les germes : ces derniers par suite de leur extrême légèreté peuvent rester plus ou moins longtemps suspendus dans l’atmosphère du logement à portée des voies respiratoires des habitants. Ainsi peuvent s’expliquer ces endémies d’appartement où les locataires d’un même logement sont infectés à tour de rôle après qu’un premier typhique soigné dans la chambre y a déposé le germe (faits d’Alison et d’autres observateurs).

•QÔ les vidanges et les eaux ménagères

y sont jetées et entraînées par l’eau dans le tuyau de chute commun à tous les étages.

A l’étage inférieur, habitent Mme V ve H... et son fils, étudiant, âgé de 18 ans. Ils n’ont aucune relation avec M. M... ni avec aucun fiévreux : il n’existe d’ailleurs pas de fièvre typhoïde dans le quartier et peu de cas dans la ville. L’eau consommée dans cette maison est l’eau de Moselle, la seule des habitants du quartier, et l’analyse bactériologique qu’on en a pratiqué a été négative au point de vue du bacille d’Eberth.

Au 21 e jour de la maladie de M. M..., H... fils, (19 juillet) qui accusait depuis plusieurs jours de la céphalalgie, des vertiges, des troubles gastro-intestinaux est pris de fièvre continue ; puis surviennent des épistaxis, de la diarrhée, des taches rosées lenticulaires, tous symptômes d’une fièvre typhoïde de moyenne intensité, pour laquelle je suis appelé à lui donner des soins.

Les selles préalablement désinfectées de mon malade sont vidées dans un cabinet à l’usage des domestiques, au rez-de-chaussée d’un deuxième corps de logis. Le drain de maison commun aux deux corps de bâtiment va se jeter dans un égout à grande section et en soulevant un tampon situé à un mètre environ en avant de la colonne de chute des vidanges on constate

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