CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES
un engorgement du canal particulier mal surveillé, mal lavé et aux deux tiers rempli de matières fécales.
Les appartements occupés par les deux malades, absolument neufs, n’ont jamais été occupés par aucun typhique. Le closet de M. M... (closet d’étage) fonctionne bien et est situé dans la cage d’escalier ; celui de Mme H..., au contraire, est non seulement un closet d’appartement (Rogier-Mothesàvalve hydraulique), mais il est adossé contre la chambre à coucher de son fils ; de plus, il est mal tenu, mal soigné et mal aéré. On y laisse peu couler d’eau bien que l’eau soit à discrétion : enfin, derniers détails qui ont leur importance, le Rogier-Mothes fonctionne très mal « la valve ne ferme pas bien, il n’existe jamais de garde d’eau, dit Mme H..., souvent la soupape reste ouverte au moment de se relever, si bien qu'on doit presser avec le petit balai qui sert à brosser la cuvette, pour la faire remonter », de plus, la colonne de chute, que le propriétaire n’a pas cru devoir proloil^er par dessus la toiture, est commune aux deux logements et le reflux des gaz peut se faire dans les appartements par l’obturation imparfaite de l’appareil à valve métallique.
En possession de ces données, le 20 juillet, nous répétons avec l’aéroscope dans le cabinet d’appartement de Mme H... et dans le corridor conduisant à sa
chambre à coucher et à celle de son fils, les expériences déjà mentionnées ci-dessus. Nous recherchons ensuite, par les mêmes procédés de coloration et de culture la présence du bâtonnet décrit comme bacille spécial de la fièvre typhoïde et, pour n’avoir pas à répéter ce que nous avons dit précédemment, nous pouvons ajouter que nous sommes arrivés à des résultats identiques, c’est-à-dire que sur un certain nombre de préparations nous avons cru reconnaître (1), le bacille d’Eberth avec les caractères indiqués parles bactériologistes compétents: hâtons-nous d’ajouter que nos cultures sur des plaques ou dans des tubes de gélatinepeptone ne nous ont jamais donné, malgré des tentatives répétées, de cultures absolument pures puisqu’il y avait liquéfaction sur certains points ; mais ceci ne saurait surprendre personne eu égard à la délicatesse qu’il faut employer dans ces recherches pour arriver à obtenir un isolement parfait.
Dans le biît de pratiquer des injections dans le péritoine de lapins ou de cobayes, pour confirmer, si possible, les recherches précédentes, nous avions fait bar-
(1) MM. les professeurs Poincaré et Macé, M. Haushalter,. chef du Laboratoire des cliniques de la Faculté à son retour du laboratoire de M. Chantemesse, ont bien voulu examiner quelques-unes de ces préparations.