CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES
botter pendant plusieurs heures de l’air des cabinets d’aisances des deux logements de nos malades, à travers de l’eau distillée contenue dans un tube à boules de Liebig, remplaçant l’aéroscope.
L’analyse bactériologique de cette eau, pratiquée d’après les données de MM. Chantemesse et Widal pour l'examen de l’eau de Pierrefonds (i), avait permis à M. le professeur Poincaré d’y reconnaître la présence du bacille typhique mélangé anx éléments figurés ordinaires de la putréfaction, mais les injections pratiquées et répétées avec cette eau dans le péritoine de plusieurs lapins n’ont donné aucun résultat, ni septicémie, ni élévation de température rectale, par conséquent pas même de mouvement fébrile, ce qui nous a d’autant moins surpris que nous savions déjà qu’au Laboratoire d’hygiène de la Faculté, M. Poincaré avait fréquemment pratiqué des injections d’eau chargée de matières fécales fraîches de typhiques, contenant le bacille d’Eberth, sans aucun résultat.
Que conclure de ces faits, peu nombreux jusqu’ici, par la raison bien simple qu’il n’est pas donné d’observer tous les jours, dans une ville où la fièvre typhoïde sévit à l’état endémique, des cas de fièvre
,(1) Voir in Revue d’hygiène et de police sanitaire , n° 2. 1887, p. 134.
typhoïde dans des logements neufs ou dans d’anciennes maisons jusqu’alors indemnes, conditions indispensables pour échapper aux critiques ?
Ou bien ils sembleraient confirmatifs de la doctrine pythogénique (de sruSwv, nvdoy.xt et '/ewaw, engendré par la pourriture) ou ils indiqueraient pour l’hygiène et la police sanitaire des villes drainées des aperçus qui auraient une grande importance au point de vue de l’épidémiologie et que nous devons nous borner à signaler.
S’ils ne confirment pas tous les reproches que nous adressions précédemment au système valve-closet à valve libre et à valve hydraulique, ils semblent au moins prouver que le bacille contenu dans les selles non désinfectées ou mal désinfectées d’un malade, jetées dans un tuyau de chute commun à plusieurs logements, peut non seulement y vivre (ce qui serait d’accord avec les travaux de tous les bactériologistes), mais pénétrer par des appareils mal installés, à fermeture insuffisante et défectueuse au point de vue prophylactique, montés sur de semblables tuyaux, jusque dans les appartements occupés par des personnes saines et les infecter à leur tour. Ces faits d 'étiologie par effraction , suffisants pour arguer de l’insuffisance du système valve-closet et terminer son procès, sont, peut-être, l’origine de