CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES l
insalubre par une odeur fécale que rien n’expliquait une chambre d’un logement et c’est seulement peu à peu, par la souillure et l’humidité du mur, par le soulèvement et la décoloration des papiers de tenture que la cause d’infection a été découverte (i).
Pour que semblable accident ne puisse plus se produire (le locataire ignorant souvent où passent les tuyaux de chute), il faut rendre apparente la colonnede chute, la laisser courir dans l’habitation sans aucun revêtement extérieur. C’est une nécessité, et nous regrettons d’être en désaccord sur ce point, avec le savant professeur d’hygiène de la Faculté de Bordeaux (2). C’est qu’il n’est pas rare, même dans les colonnes neuves, bien montées, à joints bien garnis, et exposées à la vue, de constater sur une partie quelconque de leur parcours, par suite du tassement de la
(1) M. Vallin en a rapporté un curieux exemple dans la Revue d’hygiène de i 883 , p. 63 i.
(2) M. le Professeur Layet à l’article fosses d’aisances, p. 690, t. III e , IV e série, du Dictionnaire Encyclopédique des sciences médicales prétend que les tuyaux en poterie doivent être remplacés par des tuyaux en fonte, émaillés à l’intérieur, de 25 centimètres au moins de diamètre, dont les joints seront bouchés avec du mastic. Il recommande d’enfermer la colonne de chute dans un coffre en plâtre, libre dans toute la hauteur du bâtiment, ouvert en bas et au-dessus du toit seulement, de manière à laisser entre sa face interne et les tuyaux une couche d’air pour entraîner les émanations.
i 58 LES VIDANGES ET LES EAUX MENAGERES
maison, d’oscillations du sol, de trépidations par des travaux de voisinage et d’autres causes encore, un léger déplacement d’un tuyau, une fêlure (i) etc., tous accidents donnant lieu à des fuites et exigeant une réparation immédiate, impossible sans grands dégâts, dans l'installation préconisée par M. Layet. Il faut d’ailleurs pouvoir la faire sans dommage d’aucune sorte pour l’habitant et ce n’est pas le cas quand la colonne traverse la maison ; de là, la nécessité — à moins de cas exceptionnels et heureusement fort rares dans la construction — de transporter la colonne des vidanges de l’intérieur de l’habitation sur le ravalement externe du bâtiment des cabinets. Ici un joint mal fait, mal garni, dans le raccord des poteries ou des tuyaux de fonte, une fuite quelconque n’aura plus d’inconvénient pour l’habitant et ne compromettra pas sa santé : elle n’aura de fâcheux résultats que pour les murailles à la souillure desquelles, soit dit en passant, nombre de propriétaires se montrent souvent plus intéressés qu’à la santé des locataires.
(i) M. Napias, au Congrès de Rouen, en i 883 , a fait connaître un moyen ingénieux usité en Amérique pour décéler les fissures dans la canalisation des maisons. On verse par le bout supérieur du tuyau de l’infusion ou de la teinture de valériane ; des chats lâchés dans la maison signalent les points par lesquels s’échappe l’odeur qui a le don de les exciter au plus haut degré.