‹ Les vidanges et les eaux ménagèresChapitre 58 sur 99 · CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES 15ç · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — VIDANGES 15ç

Il ne suffit pas qu’une colonne de chute soit bien verticale : il faut que les bouts de tuyaux soient bien assemblés, bien montés. Coulés dans le même moule pour se joindre bout pour bout et s’engrener mutuellement, on serait tenté de croire que l’assemblage doit se faire facilement : loin de là ; c’est un travail qui exige de l’ouvrier une grande attention puisque la moindre aspérité, le moindre étranglement dans deux tuyaux réciproques, peut devenir une cause d’arrêt et de séjour dans la colonne de chute. Quant au jointoyage qui peut avoir les mêmes conséquences et constitue aussi une question d’habileté, il varie selon la nature du tuyau employé. Avec les tuyaux en fonte, il faut des mastics spéciaux (i) qui durcissent au contact des liquides ; avec les tuyaux de grès on a recours soit à l’étoupe entourée d'argile plastique soit au ciment. Le bon ciment, bien fait, suffit amplement à la condition que l’ouvrier poseur n’oublie pas de mouiller préalablement chaque section de tuyau en poterie, avant d’y appliquer le ciment.

En tout cas, quelle que soit la nature du tuyau, il est indispensable qu’en garnissant les joints, l’ouvrier évite toute saillie du mastic ou du ciment à l’intérieur

(i) Les souris mangent le mastic des plombiers, in Art. The sanitary engineer, 1884, p. 456 .

des tuyaux, car cette saillie, en favorisant le séjour et l’arrêt des matières fécales et des papiers, entraînerait l’obstruction de la colonne de.chute, favoriserait les fermentations et les mauvaises odeurs : elle pourrait de plus, par la dureté et la résistance acquise au contact des liquides devenir par les amas eux-mêmes une cause de disjonction, de dislocation de la colonne, ou, dans les tentatives de désobstruction, sous le choc des instruments employés, une cause de fêlure pour le tuyau.

L’intérieur de la canalisation pour être lisse, uni, sans rétrécissement, « sans nœud » disent les gens du métier, exige donc de la part du monteur les plus grandes précautions : une inadvertance de sa part pourra plus tard se traduire par des dégâts matériels d’abord, mais aussi par des dommages pour la santé des habitants.

Direction de la colonne de chute. — La direction de la colonne de chute doit être verticale, nous l’avons déjà dit précédemment. En aucun cas elle ne doit s’infléchir aux étages à la hauteur des différents cabinets. Du closet de chaque logement doit partir un tuyau secondaire qui viendra s’embrancher sur le tuyau principal de chute. La direction de ce tuyau secondaire doit toujours être oblique par rapport à l’axe de la

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