‹ Les vieilleries lyonnaises de Nizier du Puitspelu [pseud.]Chapitre 21 sur 32 · L£S PROCESSIONS I · texte numérisé non relu

L£S PROCESSIONS I

dis qu'autrefois ce vulgum ptcus était proscrit comme encombrant et jetant peu d'éclat; oui, était proscrit! Les honmies suflBsaient. Mesurez la di£Férence, vous qui savez que partout^ au sermon conmie à la procession, un homme, selon la parole de la sainte Écriture (j'ai oublié le numéro du chapitre), vaut septante-sept fois sept femmes !

Ce grand nombre d'honmies vêtus de noir et portant des cierges, qui marchaient derrière le dais, donnaient à nos processions un caraaère grave qui était tout à Êdt dans nos traditions lyonnaises et gallicanes. Ceux-là ne seront pas étonnés du grand nombre, qui se rappelleront que les courriers de la confrérie du Saint-Sacrement de chaque paroisse avaient accoutumé de parcourir la plupart des maisons, une quinzaine de jours à l'avance, en offrant un flambeau à chacun, que bien peu refusaient. Cet usage s'est perdu, et ce sont les seuls confrères, un petit groupe, qui aàx)mpagnent le dais. La plupart des personnes riches, à ce moment de l'année, sont à la campagne, et la grande masse des artisans est, depuis bien des années déjà, malveillante pour le clergé, dans lequel elle voit, non peut-être sans quelque raison, héias! un ennemi des formes de gouvernement qui lui sont chères. Aussi ne peuton se dissimuler que les promissions sont bien déchues de leur ancienne solennité.

Depuis 1830, d'ailleurs, ces cérémonies ont perdu à Lyon le caractère officiel qu'elles ont conservé dans d'autres villes. Jusqu'à cette époque, la cour royale y figurait en robes rouges. Le premier dimanche de l'octave, le maire et ses adjoints assistaient à la procession de Saint-Pierre, parce que c'était la paroisse de l'Hôtel de Ville. Le second dimanche, ils assistaient

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à celle de Saint-Nizier, en souvenir, soit de ce que la première maison de ville avait été sur la paroisse, soit de ce qu'une petite chapelle, qui ezistsdt alors à côté de l'élise, la chapelle de Saint-Jacquème % avait servi de berceau à la municipalité lyonnaise, alors que nos pères, de leur cou robuste, secouèrent le joug des archevêques.

n est à craindre que nos processions ne recouvrent pas leur splendeur grave de jadis. Non seulement Lyon n'avait jamais donné dans ces divertissements proÊuies, ces mascarades qui, autrefois, notamment en Espagne et en Provence, souillaient les processions de la Fête-Dieu, mais encore l'ancienne liturgie lyonnaise, nos pompes et nos rites, avaient un caraaère grandiose et austère, particulier, qui tend de plus en plus à disparaître sous l'envahissement des pratiques d'outre-monts. D'une part, pour des raisons que l'on n'a pas à examiner id, le nombre des croyants a diminué; d'autre part, les croyants qui restent, outre mesure exaltés, vont à £dre une religion de parti, moins en esprit et en vérité, plus dans les ^sens et les apparences.

18 juin iSj$.

I. Jacfuàme est le nom prononcé à la moderne. On disait en réalité SmtU- Jacç'me.

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